PREFACE.
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La science des propriétés, de l’emploi et durapport des trois armes, est d’une telle impor-tance pour le général destiné à commander destroupes, que l’expérience la plus longue et lamieux réfléchie, ne pourrait la remplacer avecsuccès. Je ne veux pas affirmer que la profondeconnaissance des trois armes renferme seule enelle le vrai talent de commander des armées,non; mais le général qui la possédera, et quisaura bien employer les différentes armes aumoment opportun, pourra souvent, pendant lescombats, subjuguer plus facilement les capri-ces de l’inconstante fortune, et rétablir l’équi-libre que quelques faux mouvements stratégi-ques antérieurs auraient pu nous faire perdre.
J’aieusoin deresserrer, dans un cadre étroit,les principaux linéaments de l’organisation etde l’éducation des trois armes, pour ne pasfatiguer le lecteur en lui retraçant des notionsque chaque militaire connaît ; mais je me suiscru cependant obligé d’en caractériser les prin-cipes , pour mieux baser ensuite mes argumentssur les propriétés des trois armes, dont je pro-pose de développer tous les ressorts.
J’ai cherché à saisir la théorie de la tactiquede chacune des trois armes, mais j’ai tâché, àchaque occasion, de me rattacher aussi à lascience pratique, qui a une influence si impor-tante sur leur action; et j’ai voulu rendre maproduction riche d’exemples, dont les annalesmilitaires m’ont livré une partie, tandis que
j’ai été témoin oculaire et attentif des autres.
Mon idée primitive ayant été de ne pas éten-dre l’emploi des armes au delà du domainedes batailles, j’ai évité de discuter sur l’actiondes trois armes, dans leurs rapports avec lessièges, où l’emploi de l’artillerie doit êtrecombinée avec les règles de la fortification. Jen’ai donc traité de leurs devoirs que dans leservice des patrouilles, des avant-gardes etdes batailles.
Le dénoûment des mouvements stratégiquesest toujours une action générale : une lutte àoutrance peut rétablir un équilibre perdu pardes mouvements antérieurs ; c’est ce que prouvela bataille d’Arcole; et l’heureuse issue d’unengagement général dépend tellement de l’ac-tion des trois armes, dans laquelle la connais-sance des propriétés inhérentes à leur natureest le point capital, qu’on peut, sans risquerde tomber dans le défaut de l’exagération,mettre toujours l’utilité des études de la tac-tique, à peu près au niveau de celles de lastratégie.
Aucune partie de l’art militaire n’est sujetteà autant de controverses que celle que je mepropose de traiter. Abstraction faite des nou-velles lumières que chaque jour fait éclore, del’anéantissement d’une infinité d’erreurs que letemps fait évanouir, les assertions sont etseront toujours partagées par des convictionsdifférentes, dont les unes sont fondées sur les