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PRÉFACE.
résultats souvent contraires que nous offrel’expérience, et dont les autres sont, basées surles différents points de vue sous lesquels onenvisage et on croit devoir employer les troisarmes. J’ai dit mon avis sur les propriétés etl’action des trois armes, en prenant, autantque possible, mes observations pour guide,sans vouloir cependant professer exclusivementce principe qui met souvent la théorie au-dessous de l’expérience, adage tout à fait faux,et qui ne peut être adopté que par les militai-res peu instruits, qui ne veulent pas sacrifierleur temps et leurs plaisirs au perfectionnementdes sciences militaires, assurant que les con-naissances théoriques peuvent s’acquérir dansle tumulte des batailles.
La pratique, sans contredit, rehausse l’effi-cacité des connaissances théoriques, éclaircitle jugement, ramifie et rend plus positif le choixdes moyens dont on doit se servir pour par-venir au but qu’on se propose d’atteindre; mais,d’un autre côté, celte pratique dénuée de théo-rie ne sera jamais qu’un guide insuffisant pournous conduire dans les divers sentiers qu’onest souvent obligé de parcourir, et nous offrirararement les moyens de marcher d’un pas fermedans le dédale des combinaisons que deman-dent les différentes modulations d’une bataille.La pratique aussi nous éloigne de la théorie;dans la première , on ne s’occupe souvent qued’un fait, et les dissertations ne possèdent plusqu’une réaction faible et de peu d’importancesur la science même. Un fait éclatant nous en-traîne quelquefois, nous égare, et on s’écarteinvolontairement des préceptes qui, peu nom-breux qu’ils soient, n’en doivent pas moinsformer la base de la science militaire.
Il est donc non-seulement nécessaire, mêmeindispensable, de se faire une idée claire despropriétés des trois armes, et d’approfondir les
vrais éléments de leur action; et, éclairé parles lumières de l’expérience, on se servira deses préceptes pour dégager ensuite la théoriede ces principes futiles dontune étude systéma-tique embarrasse si souvent l’esprit. C’est sousces deux points de vue que j’envisage la théorieet la pratique de la science militaire, et, à mouavis, si la seconde peut rendre des serviceséminents à la première, cette dernière, dénuéede secours, ne sera jamais qu’un guide impar- ;fait dont les ressources seront insuffisantes pour |donner un ensemble utile et efficace à ces com- |bats à outrance, auxquels le terrain, l’ennemi $et le courage versatile des troupes, peuvent îjdonner des tournures imprévues, défavorables :et même pernicieuses.
Le principal dans l’art militaire est donctoujours d’approfondir les principes théoriques,en cherchant ensuite à les épurer par les pré-ceptes de la pratique, et de n’envisager jamaisautrement la seconde que comme une lumièrequi nous éclaire et prévient les écarts dans les-quels une observation sévère de la théorie pour-rait nous entraîner. i
Une élude approfondie des propriétés et de Ël’action des trois armes est, sans contredit, Iindispensable au militaire qui veut faire laguerre avec succès et avantage. Ma production icontient mes avis sur la tactique théorique et |pratique des trois armes, et si, de temps à au- £Ire, j’ai combattu ceux de plusieurs militairesrenommés de l’Europe, la cause de cette con-viction peut facilement provenir, comme je l’aidit plus haut, des résultats souvent contrairesque nous offre l’expérience, et des points devue sous lesquels on envisage l’emploi des troisarmes. Au reste, dans les sciences qui n’appar- <tiennent pas au domaine des sciences exactes, |les opinions sont ordinairement partagées, et il *est permis à chacun d’énoncer la sienne. j
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