DES TROIS ARMES.
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cision, à déployer avec célérité, et à conserverle serrement des rangs, d’où provient la com-pacité des masses pendant les mouvements offen-sifs. Mais pour entretenir l’homme dans l’habi-tude de tous ces exercices, dont la nécessité estreconnue, il est indispensable, une fois que lestroupes sont rassemblées dans les camps d’in-struction, d’occuper les troupes, non-seulementavec les exercices de la guerre, mais de lesenvoyer aussi à une certaine distance de cesmêmes camps, ayant soin de charger le fantas-sin de tout ce qu’il doit porter sur lui en tempsde guerre; de le faire marcher, bivouaquer,et même de temps à autre lui faire ressentir lesprivations inséparables de la guerre. Le reposdes garnisons engourdit tellement le physiquedu soldat, qu’après en avoir joui sans inter-ruption, il perd toutes les facultés inséparablesdu bon fantassin, et devient lourd, roide etincapable de soutenir les marches (i), et vivantdans l’abondance, il finit par supporter diffi-cilement les privations.
Auguste et Adrien avaient établi une loi à■laquelle on avait donné la dénomination depromenade. Plusieurs fois par mois, les troupesdevaient marcher à dix heures de distance deleur camp, et revenir de même en serrantbien les rangs et les files, changeant souventla grandeur et la vitesse du pas, et même fai-sant une partie du chemin en courant. La ca-valerie était aussi assujettie à ces sortes d’exer-cices. Alors on exécutait plusieurs manœuvresmilitaires, et on choisissait toujours différentsterrains. Les troupes campaient la plus grandepartie de l’année, et le service des camps étaittout aussi exact et rigide, que si l’on se fût at-tendu à chaque moment à être surpris parl’ennemi.
Le cavalier, en premier lieu, doit être maîtreabsolu de son cheval, pour que dans le combatil puisse ne lui accorder qu’une attention se-condaire, qui pendant une bataille doit êtredirigée vers l’ordre qui doit régner parmi latroupe et l’exécution des volontés de son chef;
( 1 ) Les anciens, au contraire, ont poussé l'habitudede marcher jusqu’à un degré presque extraordinaire.Lorsque César se porta au secours du camp de Cicéron,dans le pays de liainaut, il fit faire à ses troupes à peuprès 50,000 pas, ou près de 17 lieues de France, ne leurayant donné que trois heures de repos. Selon Elien,
car un mauvais cavalier est un atome tout aussiinutile pour la cavalerie, qu’un mauvais tireurl’est pour l’infanterie. Il doit aussi excellerdans le maniement du sabre. Une fois que cesdeux qualités seront bien approfondies, on ap-prendra à chaque individu à conduire son che-val perpendiculairement à la ligne du front del’escadron, et à conserver aux chevaux toujoursla même vitesse dans les différentes allures.C’est le seul moyen de conserver l’alignementdes escadrons, et de rendre bonnes les chargesen muraille, charges d’où dépendent les succèset les grands résultats de l’action de cettearme.
Un autre point non moins essentiel de l’é-ducation de la cavalerie, est de lui apprendreà se rallier le plus vite possible après la charge ;car quel que soit l’heureux résultat d’un choc,il est impossible que la troupe qui l’a opérépuisse rester aussi réunie qu’elle l’a été avantl’attaque. D’après le principe si juste énoncépar le général Thiébault (î) , « comme celui qui» reste en ordre le plus longtemps et celui qui,i après la charge, se remet le premier en ordre,
» est sur de la victoire, » il est indispensableque les chefs qui sont à la tête de la cavalerie,pendant son choc, au lieu de s’amuser à pour-suivre leurs ennemis avec ces mêmes escadronsqui viennent de charger, s’occupent aussitôtd’un prompt ralliement, pour les remettre enétat d’entreprendre de nouveaux chocs.
L’artillerie n’ayant de propriété efficace quelorsqu’elle fait jouer ses batteries, et les bat-teries ne pouvant faire feu que tant que lespièces ne sont pas en mouvement, les manœu-vres compliquées pour le canonnier ne devraientêtre qu’une science secondaire ; mais ses exer-cices principaux doivent tendre à bien maniersa pièce et à bien viser, pour pouvoir bien tirer.Comme l’avantage de l’artillerie ne consisteque dans les effets que les projectiles produi-sent dans les lignes ennemies, en mettant leshommes hors de combat, ou en démontant lespièces, un artilleur qui ne saura pas viser avec
l’armée d’Alexandre marcha dans une occasion troisjours de suite, chaque jour 400 stades, qui revien-nent à 50,000 pas, ainsi à plus de 15 lieues de Francepar jour. En arrivant, et sans se reposer, elle attaquaencore l’ennemi, et remporta une victoire complète.
( 2 ) Manuel du service des élals-majors.