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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DES TROIS ARMES.

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CHAPITRE II.

DE L’INFANTERIE.

SECTION PREMIÈRE.

PRÉROGATIVES DE l’iNFANTERIE EN GÉNÉRAL.

Les Anciens avaient deux infanteries diffé-rentes : l’infanterie pesante, et l’infanterieannée à la légère. Le service de ces fantassinsétait assujetti à leurs armes, et réciproquementl’armure desdifférentes infanteries était adaptéeà leurs rôles. Les vélites, les hastaires, lesprinces et les triaires des Romains, les pel-tastes et les oplites des Grecs, ainsi que plustard les arquebusiers et les piquiers des Fran-çais, possédant des armes différentes, commel’épée à deux tranchants, la haste, le javelot,lepilum, la pique, les boucliers de différentesgrandeurs, l’arquebuse et la pique, formèrentdeux infanteries tout à fait différentes.

Chez les Modernes, au contraire, en égali-sant leurs armes, on finit par confondre lesdeux infanteries, et si l’habitude a consacréde nos jours une différence dans les dénomina-tions qu’on leur donne, je ne veux pas enconclure que maintenant aussi il existe deuxinfanteries. Non , mais d'un rôle que chacuned’elles était appelée à jouer autrefois, onen imposa deux aux fantassins d’aujourd’hui,et nous les vîmes, dans les guerres modernes,se battre indifféremment en ligne, en colonne,et en débandade. Des changements qui se sontopérés, nous pouvons donc conclure qu’iln’existe plus qu’une seule infanterie, mais

remplissant les deux services différents, et àlaquelle nous pouvons donner hardiment la dé-nomination d’infanterie mixte.

Lorsqu’on introduisit le fusil à baïonnette,qui fut généralement reçu et dont on arma tousles fantassins des temps modernes, on égalisaleurs armes et plus lard leur éducation, et cen’est que le terrain sur lequel notre infanteriese bat et les cas différents où elle se trouve,d’ou provient, selon sa variété, cette différencequi avait paru s’évanouir par l’égalisation desdeux services aux mêmes hommes, en les assu-jettisant à savoir se battre en lignes, en colon-nes et à la débandade.

Il s’agit maintenant de décider si cette im-position de deux services différents aux mêmeshommes et l’organisation de deux infanteriestout à fait différentes par leur service et dontchacune ne sache remplir qu’un seul rôle, sontdes organisations bien imaginées, ou si elles nedevraient pas faire place à une autre plus avan-tageuse.

S’il était possible d’enseigner à toute la massedes soldats des nombreuses armées modernes,deux rôles à la fois, et que la complexité desétudes qui alors leur deviennent nécessaires,ne portât aucune atteinte à leur perfection ,l’avantage de posséder une infanterie aussi bienaguerrie pour le service de ligne, que pour ladébandade, deviendrait incontestable , maisimposer à toutes les recrues qui remplissentle vide de l’infanterie, et dont une grande par.