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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DES TROIS ARMES.

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coup moins dangereux, et quelquefois les pa-ralysent tout à fait.

Je vais citer quelques exemples qui servi-ront, je l’espère, de preuve évidente, qm’u.neinfanterie bien organisée, bi en instruite, et sur-tout bien dirigée, ne doit jamais succomberdevant la cavalerie ; et les combats que j e mepropose de retracer n’ayant pas été, commebeaucoup d’autres, le résultat de quelque heu-reuse circonstance que le hasard produit sou-vent, mais la conséquence immédiate de l’avan-tage incontestable qu’une infanterie, telle queje viens de la supposer, possède sur la cavale-rie , il n’y a pas de raison pour que celte arme neconserve à chaque occasion la prépondérancesur sa rivale. Je commencerai par la batailled’AuersIacdl, livrée le 2 — I 4 octobre 1806.

Au commencement de la bataille d’Auers-taedt, lorsque la division Schmellau venaitd’engager un feu très-vif, dont le but avait étéla possession du village de Hassenhausen, legénéral Blücher, à la tète de 25 escadrons,qui devaient former le flanc gauche de l’or-i dre de bataille des Prussiens, s’était, mis enî mouvement, vers Spiesbcrg. Un épais brouil-: lard avait pendant toute la marche couvert le: champ de bataille, et ôté aux troupes des deux, partis les moyens de s’entrevoir. La cavalerieprussienne s’était déjà avancée vers Punsche-rau, sans apercevoir l’ennemi. Mais le brouil-lard s’étant dissipé, le général Blücher remar-qua bientôt qu’il se trouvait, avec une masse' imposante do cavalerie, dans le flanc et à dosde l’infanterie française. N<e voulant pas per-dre un moment aussi opporltun, il ordonne lacharge. De son côté, le mar échal Davoust, re-connaissant la cavalerie ennemie dans une po-sition aussi avantageuse, ordonne à l’infanteriede la division Gudin de se former en carrés.L’attaque s’exécute ; mais les carrés français,formés en échiquier, reçoivent à bout portantcette nombreuse cavalerie, dont les attaquesréitérées furent toutes infructueuses. En vainle général Blücher ramène à la charge les csca-| drons repoussés; ses efforts et le courage de sacavalerie restent sans effet, et l’infanterie fran-çaise prouva dans cette occasion, comme uneinfanterie bien organisée et bien conduite lefera dans tous les cas, que sa prépondérancesur la cavalerie est incontestable.

f.e second exemple, que je me propose d’of-

frir au lecteur, est bien plus convainquant en-core, eu égard à la disproportion des forcesqui prirent part à l’action. C’est le combat deKrasnoï, livré au mois d’août 1812, par la di-vision d’infanterie du général Nevéroffskoï,contre les corps de cavalerie des générauxGroucliy, Nansouty et la cavalerie légère dugénéral Bordesoult.

Pendant la marche de l’armée russe, versRoudnia, et son mouvement de flanc vers Po-reezié, le général Nevéroffskoï avait été laisséà Krasnoï pour éclairer la communication d’Or-clia à Smolensk. Le 2 — 14 août, il fut attaquépar les troupes du corps du maréchal Ney, et,après un combat très-opiniâtre, déposté de laville par la division Ledru.

.Voulant éviter un combat trop inégal, le gé-néral Nevéroffskoï continue sa retraite surSmolensk, et il est poursuivi par les corps decavalerie des généraux Grouchy, Nansouty, etpar la brigade légère du général Bordesoult.Parvenu dans les vastes plaines , entre Krasnoïet Korylnia, il fut de nouveau attaqué par cettemasse, qui montait environ à 18,000 che-vaux. Les dragons de Charkof, qui faisaientl’arrière-garde de la colonne du général Nevé-roilskoï, furent bientôt culbutés par la cavale-rie légère des ennemis, et se placèrent sous laprotection des colonnes d’infanterie, qui ve-naient d’être réunies en carrés pleins.

G’csl dans cet ordre que le général Nevé-roffskoï continua sa marche vers Smolensk. Desfeux bien nourris et bien dirigés suppléèrentau désavantage des forces physiques, et l’in-fanterie russe parvint à repousser les chargessouvent réitérées des ennemis, qui firent devains efforts pour la rompre, et elle attei-gnit, non sans quelque perte, le village deKorylnia, où elle passa la nuit.

Mais pour se convaincre de la prépondéranceque, par ses feux et ses formations, l’infanteriepossède sur la cavalerie, il ne faut pas ou-blier, que la division russe n’était composéeque de 12 bataillons, qui pouvaient tout auplus compter 6,600 hommes sous les armeset un régiment de cavalerie, et que malgré ledésavantage de ses forces physiques, elle par-vint à résister, même sur un terrain qui favo-risait les mouvements offensifs de la cavalerie,à des forces triples.

Un troisième exemple, non moins convain-