EXAMEN RAISONNÉ
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assaillants avec un feu bien nourri et bien di-rigé, les obligent, à cause des perles considé-rablesqu'ils faisaient, d’arrêter leur mouvement,et de se replier sur les bataillons de la secondeligne.
Plus tard, au moment où un régiment dehulans polonais, commandé par le colonelKonopka, et 2 régiments de dragons fran-çais, à h tête desquels se trouvait le colonelVinot, parvinrent par des charges heureusesdirigées contre la brigade anglaise deColborne,qu’ils désorganisèrent tout à fait, à rétablir l’é-quilibre que les troupes françaises venaient deperdre; le général Girard, qui avait conservéaux bata.lions de son corps la même formation,résolut de renouveler une attaque dont le pre-mier résultat n’avait pas été des plus satis-faisants.
Précédé par un essaim de tirailleurs auxquelson mêla des flanqueurs polonais, l’infanteriedu général Girard se porta au-devant des enne-mis. Ceux-ci, déployés en bataille, la reçoiventde nouveau avec un feu de file meurtrier, dontle ravage fut d’autant plus grand, que les co-lonnes ittaquantes n’en avaient d’autre à yopposer que celui de leurs tirailleurs. Les pertesque les assaillants faisaient à chaque pas lesdécouragèrent tellement, que ni l’exhortation,ni l’exemple de leurs chefs, ne purent releverleur cou’age.
La brigade anglaise du général Houglon ar-riva biertôt encore pour soutenir et remplacerles bataillons affaiblis des Espagnols, tandis quele généi'il Àbercromby déploya la sienne surle flanc gauche de celle-ci, et s’apprêta à di-riger ses feux contre le flanc droit des colonnesd’attaque des Français. Le général Girard crutpouvoir remédier à ce moment critique, enordonnant à ses troupes de se déployer en ba-taille; mais cette manœuvre, dont l’exécutionavait commencé sous le feu meurtrier des en-nemis, ne fit qu’augmenter le désordre etl’abattement. Enfin , après une résistance aussifaible que de courte durée, les colonnes assail-lantes à demi-déployées furent contraintes decéder le champ de bataille, repassèrent le ruis-seau de la Chicapierna ; et leurs chefs parvinrent
(i) C’est justement ce qui arriva au régiment duprince Guillaume de Prusse. Les chefs du régiment, desdeux bataillons, 26 officiers et à peu près 480 hommes
seulement à les rassembler et réorganiser surce terrain que le cinquième corps avait occupéau point du jour.
L’état des lignes déployées étant un état dé-fensif, c’est donc dans le choc des colonnes,comme étant les vraies masses d’où dépendentles effets qu’on se propose de recueillir de cegenre de combat, que nous devons puiser lesvraies causes de la différence des résultats dontje viens d’exposer le parallèle.
Si l’attaque du régiment du prince Guillaumea complètement réussi à la bataille de Polotsk,ce régiment le doit à la rapidité avec laquellece mouvement a été exécuté et à sa valeureuserésignation. L’honneur doit toujours en êtredéféré, pour une grande partie, aux chefs durégiment et des bataillons, aux officiers com-mandant les premiers pelotons, enfin aux sol-dats qui composent les têtes des colonnesd’attaque, qui rarement reviennent sains etsaufs d’une lutte pareille (î). J’avouerai plutôtque le feu de l’artillerie dont l’effet devientdéjà meurtrier même à de grandes distances,si les projectiles atteignent bien les colonnes,peut plus aisément arrêter le mouvement of-fensif des troupes, tandis que la fusillade nesera jamais, pour une colone qui marche avecdécision et fermeté, un écueil devant lequeltous les efforts des assaillants doivent se briser.Pendant que les hommes des rangs avancés durégiment du prince Guillaume, tués ou blessés,vidaient les rangs, les colonnes marchaient, etune fois que l’arme blanche put être mise enaction, il ne resta plus aucun doute pour laréussite de l’attaque ; car la ligne n’a pas la pro-fondeur nécessaire pour soutenir le choc. Lesbataillons du corps de Girard, au contraire, aulieu de chercher à franchir avec rapidité leterrain qui les séparait de l’ennemi, commen-cèrent à faire un déploiement pour lequel illeur manquait deux choses principales : letemps et un point qui fût hors de la sphère ac-tive des feux des ennemis, et, par conséquent,ils perdirent dans l’exécution le vrai principede la réussite d’un choc en colonne contre unennemi déployé en ligne. Ils s’engagèrent en-suite dans une fusillade toujours dangereuse
furent mis hors de combat. C’est une perte énorme, ilest vrai, mais le but a été rempli.