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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DES TROIS ARMES.

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prenne une de vingt-cinq pas, le premier et lehuitième pelotons seront à une distance desoixante-quinze pas de ceux de la tète de lacolonne. Je suppose qu’une infanterie ennemieentreprenne une attaque, et que les assaillantssoient à quatre cents pas des lignes de bat ailledéfensives (1). Les bataillons défensifs com-menceront leur déploiement au moment où lescolonnes offensives se mettront en mouve-ment. Que les colonnes défensives serrent lescolonnes avant le déploiement, ou qu’elles dé-ploient d’emblée, elles n’auront que cent cin-quante pas à faire pour qu’il soit effectué. Lesbataillons offensifs auront donc encore deuxcent cinquante pas à faire pour atteindre leursadversaires, juste distance à laquelle il estpermis aux fantassins de faire usage de leursfeux, car, à une plus grande, les coups sont troppeu sûrs. Dans ce cas, les colonnes ouvertesconservent donc tous leurs avantages. Passonsmaintenant au second cas.

Faut-il s’opposer au choc de la cavalerie, lacolonne à distance ne nous ravit non plus aucundes avantages qui puissent assurer un heureuxrésultat; car , pour le réprimer, je forme uncarré plein, et il ne me faut que quarante-cinqsecondes pour l’achever, en serrant les pelo-tons. En le formant delà colonne d’attaque, onréparera même en quelque sorte le défaut queles militaires imputent aux carrés pleins, celuide manquer de place pour recevoir dans leurmilieu les chefs qui doivent se mettre sous saprotection au moment où il est attaqué par lacavalerie. Le dessin qui suit le démontre avecplus d’évidence (2).

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()) Ce qui certes n’est pas une distance hors de me-sure. Je puis la supposer plus grande et conserver plusde chances encore en ma faveur.

Cette formation possède encore unie préro-gative qui n’est pas sans influence. Supposonsque le bataillon ait débandé son troisième rangen tirailleurs, qu’il soit attaqué par la cava-lerie, et que la chaîne de tirailleurs, disperséepar les flanqueurs ennemis, n’ait pas eu letemps ni les moyens de se rassembler sous laprotection de son bataillon. Si le chef se pro-pose de s’opposer au choc de la cavalerie enformant un carré vide, privé de son troisièmerang, le carré n’en aura que deux de profon-deur, et ne possédera presque pas de moyensde résistance. Les vices du carré vide se trou-vant justement dans le manque de profondeurdes faces et dans la difficulté de remplir lesbrèches que les projectilesennemisy occasion-nent, dans le cas présent le vice s’augmentera,les moyens de le repousser deviendront plusdifficiles encore, et la formation, en dernierrésultat, ne présentera que des dangers et au-cune chance de succès. Le carré plein, commeje le propose au lecteur, obvie à tous ces in-convénients; et si même le troisième rang, dé-bandé en tirailleurs, par quelque circonstancemalencontreuse, ne parvient pas à rejoindreson bataillon, le carré plein ne possédera pas,il est vrai, toute la profondeur que je lui aisupposée, mais en aura encore assez pour pos-séder toutes les vertus défensives, celles enfinqui sont indispensables pour pouvoir s’opposeravecavantage auchoc impétueux de la cavalerie.

Le chef qui commande la ligne de bataille,au lieu de former une colonne contre la cava-lerie, préférera-t-il un carré vide? Il faudrafaire faire aux deuxième, troisième, sixièmeet septième pelotons des mouvements de con-versions d’un quart de cercle à droite et à gau-che , et faire avancer le premier et le huitièmepelotons, auxquels ensuite on fera faire volte-face.

Il ne reste encore à celte colonne qu’unetroisième vertu à posséder pour que son utilitésoit tout à fait évidente ; c’est celle de souffrirmoins des coups de l’artillerie. Il n’y a pas dedoute que plus les colonnes sont serrées, plusles boulets, et surtout les obus leur font demal. Qu’un coup bien ajusté fasse tomber un

(2) Les grands cercles marquent les places des offi-ciers commandant les pelotons, les points celles dessous-officiers, les petits cercles celles des tambours et