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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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EXAMEN RAISONNÉ

obus dans une colonne serrée et qu’il y crève,la perte serait immense; et comme les pertesinutiles d'hommes sont préjudiciables, il fautaviser, autant que possible, aux moyens d’yobvier.

La force de percussion des projectiles dimi-nuant en raison de l’espace qu’ils ont à par-courir, il n’y a pas de doute qu’une colonneouverte à pleines distances, qu’elle soit ex-posée à des coups de but en blanc ou de pleinfouet, olTrira toujours beaucoup moins de priseque la colonne serrée; que ce soit même unobus, s'il tombe entre deux pelotons, scs éclatsoccasionneront certainement aussimoinsde mal.

Maintenant, ayant résolu les trois proposi-tions en faveur de la colonne formée sur lequatrième et le cinquième pelotons et à distan-ces, nous pouvons poser en dernier résultat,que lorsque les bataillons forment les lignes debataille, ou seront destinés à couvrir l’artil-lerie, on formera l’infanterie en colonnes d’at-taque et à distances, que j’appelle colonnesdéfensives.

Pour ce qui regarde celles formées sur unpeloton et ouvertes, comme chaque combat nepeut être composé que de mouvements offen-sifs et défensifs, si même les circonstances oule terrain ne permettent d’employer que dej’infanterie formée dans l’ordre profond, passantde celui-ci à l’ordre mince, dans ces deux cas,on pourra employer avec efficacité les colonnesdont je viens de discuter les propriétés, et quej’ai désignées par colonnes offensives et défen-sives. J'envisage donc les colonnes formées surun peloton et ouvertes comme inutiles, et dontil n’est pas même nécessaire de faire mention.

La rapidité de mouvements et la possibilitéde porter vers un point, de la possession du-quel dépend souvent le gain d’une bataille,une masse respectable de troupes étant, sanscontredit, une des grandes causes du gain desbatailles, sous le rapport de la formation encolonnes, l'infanterie possédera aussi cette pré-rogative sur les autres armes; car elle est aussicelle qui se meut avec le plus de facilité, de pré-cision et de rapidité. Abstraction faite des

des musiciens, et le vide sera dans un des bataillonspour les chefs du régiment et du bataillon, et l’aidede camp, et dans les autres, pour les deux derniers.Le porte-enseigne, avec le drapeau, se placera, d’après

grands taillis, des rivières, et en général desendroits ou les eaux empêchent à l’homme dese frayer un chemin, il n’y a pas d’obstaclesnaturels que l’infanterie, formée en colonnes,ne puisse franchir. Les ravins, les bas-fonds,les défilés, pourvu que leurs débouchés aientla largeur d’un peloton , ou les broussailles,ne sauraient arrêter son mouvement.

Cette facilité avec laquelle une colonne peutse mouvoir dans tous les sens, est encore unede ces vertus qui souvent peut la soustrairemême aux boulets de ses ennemis, car ceux-cin’ayant pas, comme les cartouches à balles, lavertu de pouvoir raser en largeur une vasteétendue de terrain, l'essentiel sera d’échapperà leur direction. Que des colonnes soient expo-sées aux boulets des ennemis, le devoir du chefsera de bien examiner la position de l’artilleriedes adversaires, en jugteant par la directiondes projectiles, et alors rien ne lui sera plusfacile que de soustraire' ses colonnes, sinontout à fait, dm moins en grande partie, auxfeux de scs ennemis, lfîur faisant pour celachanger de position, et. les avançant ou lesfaisant rétrograder de quelques pas, ou bienen les portant plus à droite ou plus à gauche.

Après avoir énuméré tous les avantages descolonnes, je ne veux pas passer sous silence lesdéfauts que celle formation possède, énumé-ration d’autant plus nécessaire à faire que,sans elle, le lecteur pourrait m’accuser, et avecjustice, d’avoir accordé à la formation de lacolonne un caractère général de perfectionqu’elle ne possède pas.

Plus on peut mettre de bras en action, etplus on peut en attendre de résultats satisfai-sants. En paralyser une partie et l’offrir dansun état passif, comme proie aux projectiles desennemis, c’esl risquer, sinon de mettre endoute le gain d’une bataille, du moins de par-venir à la victoire au prix de plus grands sacri-fices: La formation de la colonne, en présentantune masse compacte, dans laquelle la plusgrande partie des éléments qui la composentne peuvent pas faire usage de leurs armes,ravit à l’infanterie sa plus grande force, celle

le dessin (E), en arrière des sous-officiers. J’avertis aussile lecteur que j’ai pris pour type l’organisation du ba-taillon dans l’armée russe.