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EXAMEN RAISONNÉ
résolut de se retirer et forma ses troupes endeux carrés vides. Les Français avancent quel-ques pièces d’artillerie, et plusieurs obus tou-chent un des carrés qui cherche, par un mou-vement latéral, à se soustraire à la directiondes projectiles des adversaires. Ce mouvement,en peu d’instants, désorganisa tellement lecarré, qu’il se replia en masse informe, entraînale second dans sa fuite, et parvenu jusqu’à lapapeterie située sur l’Ochsenberg, tout le ré-giment y fut en partie jeté dans la Saale, et enpartie fait prisonnier.
Le manque de profondeur des carrés vides,et l’idée de réparer ce défautpar une formationplus profonde, a sans doute été la première in-dication pour celle des carrés sur six rangs.Mais comme devant un ennemi attentif et hardi,les manœuvres des différentes armes, si l’on enattend des résultats avantageux, doivent porterl’empreinte de la simplicité et s’opérer sansperle de temps, ces carrés sur six rangs, où onest obligé de doubler les pelotons et faire desmouvements assez compliqués avant d’en ache-ver la formation (1), ne répondant pas à la vi-vacité nécessaire des mouvements, on cherchaun troisième moyen. La colonne serrée parais-sant contenir en elle les deux propriétés, ons’en servit comme formation défensive contrela cavalerie. Le premier essai en fut fait dansles plaines d’Aspern, et les résultats en furentéclatants. Mais malgré les brillants succès qu’onen recueillit, peu d’armées consentirent à imi-ter les Impériaux dans cette opiniâtreté desuivre une voie déjà frayée, peut bien avoirpris naissance dans la jalousie du métier. Enparcourant la série des luttes sanglantes qui,après la bataille d’Aspern, ensanglantèrent lecontinent, et où l’infanterie s’opposa au chocde la cavalerie, nous parvenons jusqu'au com-bat de Krasnoï, que j’ai cité plus haut, sansvoir revivre cette formation, et dans cette der-nière affaire, comme nous l’avons déjà vu, ellemaintint encore une fois la grande réputationde son invincibilité.
C’est au héros, dont la gloire rejaillit d’unéclat si brillant après les batailles d’Amberg,de Wurzbouvg et d’Aspern, que nous devons
( 1 ) Le lecteur peut trouver des détails sur cette forma-tion, sur différentes profondeurs de rangs, dans leJournal militaire de Berlin, années 1817 et 1822,
I cette idée. L’expérience, comme je l’ai dit plushaut, qui arrête le choix et fixe l’emploi desprincipes dont l’utilité devient incontestable,ne laissa aucun doute sur les beaux résultatsque cette formation, envisagée comme moyendéfensif contre la cavalerie, pouvait produire.
Les avis sur cette formation sont trop par-tagés, pour que je prenne la liberté de décidercette discussion scientifique; mais qu’il me soitdu moins permis d’y ajouter mon avis.
La cavalerie ne peut vaincre un carré qu’eny faisant une brèche par laquelle elle puisses’introduire, rompre la contiguïté des faces etprendre les fantassins à dos. Le choc du cavalierayant été trouvé souvent trop impuissant pouropérer ce résultat, on se servit d’un autremoyen pluseflicace pour le produire, et ce futl’artillerie.
Une dixaine de boulets, dont les coups bienajustés devancent l’attaque et frappent dans uncarré de trois hommes de profondeur, suffisentquelquefois pour y préparer une brèche où lacavalerie peut facilement s’introduire. D'uncôté, la possibilité de battre les carrés enbrèche, et de l’autre la difficulté d’en remplirles débouchés, me paraissent être déjà des in-convénients assez graves, pour pouvoir envi-sager cette formation comme moyen imperfec-tible. La colonne,au contraire, présentant unemasse compacte, possède tous les éléments né-cessaires, non-seulement pour réparer les mauxque l’artillerie occasionne dans un carré vide,mais en conserver encore assez pour s’opposerà l’impétuosilédelacavalerie. La colonne souffreordinairement beaucoup plus du feu de l’artil-lerie qu’un carré vide, j’y consens; mais leremède suivra de près le mal. Premièrement,nous venons de voir que la grande mobilitéd’une colonne la soustrait facilement aux effetsdes projectiles, et pour cela, elle n’a qu’à faireusage des mouvements latéraux à la directiondes trajectoires; secondement, dans un cas pa-reil à celui que nous considérons, ce n’est pasaux perles auxquelles on est en butte qu’il fauttoujours songer, mais aux moyens de se sou-tenir jusqu’au moment où le secours ait eu letemps d’arriver, et certainement le carré plein
n°" 43 , 46 et 198, et dans l’ouvrage du major Bieber-stein, intitulé : die Taklik hergeleilet aus der Kreigs-kombinazionslehre , page 59.