EXAMEN RAISONNÉ
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de deux pelotons de profondeur, en ordonnantà ceux de la queue de faire volte-face.
La cavalerie ennemie se précipile sur cesfractions de colonnes , et, malgré les effortsqu’elle fit pour les désorganiser, elle ne par-vint pas à en entamer une seule, et après uncombat assez opiniâtre, s’enfuit en désordre,en laissant sur le champ de bataille beaucoupde morts et de blessés.
En élevant la colonne comme moyen défensifcontre la cavalerie à un degré de perfectibilitéplus élevé que le carré vide, le lecteur ne doitpas en conclure que je déprise tout à fait cettedernière formation, au point de l’envisagercomme inutile; non. Mais en supposant quel’ennemi qui se propose d’attaquer de l’infan-terie avec de la cavalerie, emploiera sans douteles moyens les plus efficaces pour parvenir àdésorganiser cette infanterie qui, de son côté,cherchera ceux qui la mettront plutôt à mêmed’y résister, j’affirme qu’il devra se formerplutôt en colonnes qu’en carrés (1) ; car la so-lidité et la sûreté qu’offre chaque formation ,sont les vertus primitives que nous devonsnous elforcer d’atteindre.
L’expérience, qui accorde toujours à chaquechose sa vraie valeur, et dont nous pouvonsaisément décider d’après les résultats qui s’ensont suivis, a parlé avec plus de décision enfaveur des colonnes que des carrés ; car quoiquenotre mémoire soit riche en exemples de carrésqui ont résisté au choc de la cavalerie, nouson trouverions un plus grand nombre encoreoù la cavalerie a écrasé l’infanterie qui s’étaitassujettie à cette formation ; tandis que tous lescas où, pour résister au choc de la cavalerie,l’infanterie s’est formée en carrés pleins, ontété couronnés d’un succès complet. Les annalesdes temps modernes nous en offrent même unà la bataille de Waterloo, où une infanteriejeune encore , et loin d’avoir atteint un hautdegré de perfection et de solidité, résista avecsuccès à la cavalerie anglaise. En oppositionà cet exemple, j’en citerai un autre qui mériteaussi d’être arraché à l’oubli, où une cavalerienouvellement formée, dont l’éducation n’avait
0) D'après les principes et le dessin que j’ai déjà of-ferts au lecteur.
( 2 ) J’ai vu revenir ce régiment après sa charge,menant son butin qui était composé de 4 à 500
pas même eu le temps d’être perfectionnée, etdont les effets par conséquent étaient loin depouvoir être efficaces, écrasa cependant uncarré wurtembergeois. J’en atteste le résultatbrillant, car j’en ai été le témoin oculaire.
A la bataille de Dennewitz, au moment oùle corps du général Bulow fut en mesure deprendre part au combat, le général comte deTauentzien remarquant un certain relâchementdans les mouvements offensifs de l’ennemi,qui trahissait un moment de la faiblesse, crutdevoir profiter d’un instant aussi opportunpour le faire charger par sa cavalerie. Le majorBarneckow, à la tête de deux escadrons du3 e régiment de la landvvehr de la Pomé-ranie, se précipile sur un carré xvurtember-geois, l’enfonce malgré le feu meurtrier aveclequel cette infanterie le reçut, et le cerne sibien que la moitié de la masse fut faiteprisonnière (2).
Quoique les colonnes aient été rarement em-ployées comme moyen défensif contre la cava-lerie, cependant puisqu’un succès complet s’enest suivi toutes les fois que celle formation aété employée, cette réussite constante prouveque son efficacité n’est soumise à aucun doute,tandis que l’histoire des guerres modernesnous offre une très-grande série de tentativesinfructueuses faites par l’infanterie pour s’op-poser à la cavalerie, en se formant en carrésvides. Rendant à ceux-ci la justice qu’ils méri-tent, mais comptant toutes les exceptions oùcelte formation a succombé aux charges de la ca-valerie, etles mettant en parallèle avec les réus-sites constantes des colonnes, ne serons-nouspas consciencieusement forcés de préférer lesdernières aux premiers?
Ayant maintenant achevé mes considérationssur l’ordre profond, je pose en dernier résumé,que les colonnes doivent se partager en offen-sives et défensives. Les premières formées surun peloton et serrées, serviront pour lesattaques à la haïonnelte, et les autres forméessur les deux pelotons du milieu, et qui sontde deux genres, c’est-à-dire, serrées et à dis-tances , seront destinées , les premières, pour
prisonniers et d’une aigle. I.a mort ravit au majorBarneckow la douce satisfaction de jouir de son hautfait; frappé de deux halles, il tomba mort aux pieds deses ennemis.