DES TROIS ARMES.
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s’opposer au choc de la cavalerie, et les secon-des, pour la formation des lignes de bataille.
SECTION III.
PROPRIÉTÉS DE l’iNFANTERIE LÉGÈRE.
Ayant, dans le commencement de l’articleprécédent, posé eu principe que plus une armeétait susceptible de formations utiles pro-duisant de bons effets, plus son efficacité étaitgrande ; n’envisageant l’infanterie légère quesous le rapport de ses engagements en déban-dade, la seule enfin qui lui conserve le droitd’être désignée alors par le titre d’infanterielégère (1), nous nous convaincrons facilementque ses propriétés sont infiniment moinsgrandesque celles de l’infanterie de ligne. D’ailleurs,les formations de ralliement d’une troupe dé-bandée ne présentent ordinairement que desforces tellement insuffisantes, qu’elles ne peu-vent même s’opposer qu’à un très-petit nombrede flanqueurs. Mais le service de ce qu’onnomme infanterie légère, possède d’autres pré-rogatives dont je vais faire l’énumération.
Les mouvements d'un homme isolé étanttoujours moins gênés que ceux d’une masse,la facilité avec laquelle les tirailleurs parvien-nent aux points qu’on leur désigne d’enleverou d’occuper, quelles que soient les coupuresdu terrain qui y conduisent; cette facilité, di-sons-nous, lorsqu’il s’agira de combattre surun terrain montagneux, boisé et déchiré par desaccidents difficiles à surmonter, assignera tou-jours à l’infanterie légère un rôle très-impor-tant à jouer.
La force de l’infanterie, en général, étant leproduit de ses feux et du choc, celle de l’infan-
(i) Car, en l’engageant en masse, on la met dans la ca-tégorie de l’infanterie de ligne.
(î) Ayant égard à un service aussi compliqué, qui de-mande de très-grands efforts et un emploi constant deforces physiques, il est non-seulement nécessaire, maismême indispensable, de jeterun regard attentif sur l’ha-billement du tirailleur, qui doit être aussi léger quecommode. Si pour l’infanterie de ligne il est permis enquelque sorte de sacrifier l’utile à l’agréable, un habil-lement lourd et incommode, pour le tirailleur, serait undéfaut imminent, car celte sorte d’infanterie manque-rait de forces physiques pour remplir le service non in-terrompu qui lui est imposé. Forcés souvent de chargerleurs armes dans des positions de gêne, il faut bien
terie légère, envisagée sous le rapport du servicede la débandade, perdra beaucoup de son effi-cacité en comparaison de celle de l’infanteriede ligne; car des deux vertus principales quecelle-ci possède, la première n’en a qu’uneseule, l’effet de ses feux, qui étant aussi moinscollectifs, produisent de même des résultatsmoins grands. Cependant, si ses effets ne sontpas tels qu’on puisse l’envisager comme armeindépendante, du moins comme arme prépara-toire et de sûreté, elle possède de grandes pré-rogatives. C’est elle qui couvre les retraites,éclaire les mouvements des armées, commenceles combats, reconnaît le terrain, assure lerepos des autres troupes en patrouillant au-tour d’elles, et fait le service de flanqueurs,des avant-postes, des postes de replis, desgrand’gardes, des patrouilles et des partis.En un mot, l’infanterie légère est de servicetous les jours, et fait le service pendant toutela journée (2).
La formation ordinaire, celle de la déban-dade, ayant ravi à l’infanterie légère les avan-tages du choc, avantages sur lesquels reposentsi souvent les succès des combats, il n’est quetrop juste d’attacher une attention particulièreaux vertus qui lui sont dévolues en partage, etqui sont la justesse de ses feux, la légèretéde ses mouvements, ainsi que le développe-ment de la conception des individus qui lacomposent.
Le moyen, pour un homme isolé, de s’appro-cher sans être découvert, sous la protectiond’un arbre, d’un buisson, d’une haie, d’unemaison, d’un ravin, d’une lisière , et ainsiabrité de pouvoir, sans courir aucun danger,conserver son coup de fusil jusqu'au momentopportun, et assaillir son ennemi à l’impro-
prendre garde de l’augmenter par l’habillement et le ba-gage qui leur est indispensable d’avoir toujours aveceux. Le tirailleur est si souvent dans le cas de s’asseoir,de se coucher, de se mettre à genoux, de grimper et desauter, que ce serait lui ravir tous les moyens de l’at-taque et de la défense que de paralyser ses mouve-ments en l’assujettissant à un habillement qui ne soitpas conforme à toutes ces positions. Le fantassinléger, abandonné, comme je l’ai dit plus haut, desheures entières à son propre courage, à sa science età la combinaison de ses idées, perdrait facilementbeaucoup de cette confiance que l’homme possèdetoujours, lorsqu’il peut faire aisément usage, de sesarmes.
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