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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DES TROIS ARMES.

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D’après les raisons qui doivent présider auchoix de l’une des trois positions ci-dessus men-tionnées , il est facile de se convaincre quecelui des premières étant décidé par un nombreprépondérant de forces physiques, dont l’équi-libre marqué décide toujours en faveur desopérations, le choix du terrain pourra n’ètrequ’une considération secondaire; car, lorsqueje puis opposer dix hommes contre un, il n’ya pas de doute que l’avantage sera toujours demon côté. Il ne faudra que savoir les utiliser;et pour pouvoir le faire sans difficulté, les po-sitions qu’on choisit dans ce cas pour champde bataille, ne doivent posséder qu’une seulevertu, celle de ne pas embarrasser les mouve-ments des troupes,et, par conséquent,leur siten’exige à peu près aucune des conditions desdeux dernières. N’ayant égard, dans leur choix ,qu’à la libre circulation des troupes, on lestrouve donc sur des terrains ouverts et plats,plutôt qu’accidentés.

Les positions purement défensives qui pré-supposent un manque total de forces physiquespour pouvoir se soutenir avec avantage, etdont on doit compenser la pénurie par les pré-rogatives que nous offre l’art ou la nature,doivent être choisies sur des terrains dont lefront et les flancs soient défendus, ou par desobstacles naturels insurmontables, ou par deslignes de fortifications dont l’attaque obligeles ennemis à mettre en action le surplus desforces qu’ils possèdent par rapport à leurs ad-versaires. Ces positions se trouvent ordinaire-ment derrière des fleuves d’un passage difficile,des défilés faciles à défendre, des marais, desforêts qu’on ne peut pas tourner, ou que l’onne tourne que par des mouvements de conver-sion soumis à de grands dangers, et sur unterrain élevé dont le talus escarpé en rend lesapproches très-difficiles. Pour ce qui regardela position de la troisième catégorie, au con-traire, les troupes qui les occupent ne doiventpas se borner à une défense exclusive du pointqu’elles sont chargées d’occuper; mais chaquearme doit chercher plutô l à passer de la défensiveà l’offensive, et, dans ce cas, il faut nécessaire-ment avancer pour déposter son ennemi. Maisles mouvements de l’infanterie étant très-lents,et demandant par conséquent un long espacede temps pour franchir le terrain que l’occu-pation des différents points l’oblige à parcourir,

et pendant lequel on doit la soustraire auxattaques de ses ennemis, il faut placer l’infan-terie sur un terrain derrière des accidents quicachent toutes ses manœuvres, ou sur des sitesdont la déclivité, sans lui ravir l’aisance desmouvements, multiplie pour l’ennemi les dif-ficultés de leur abord.

Cependant ces accidents, que j’admets commeavantageux pour les positions mixtes, ne doi-vent pas être trop multipliés; car, dans un pa-reil cas, celte multiplication finirait par trans-former les approches de ces positions en défilésqui s’opposeraient à la contiguïté des lignesde bataille, pendant leurs mouvements offen-sifs ou rétrogrades, et, en les rompant, leurravirait leur première vertu.

Comme les positions des deux dernières ca-tégories exigent des combinaisons multipliées,'et par conséquent un examen plus approfondi,ces considérations m’obligent de consacrer àchacune d’elles un article séparé.

Des positions purement défensives.

Si un manque de forces physiques nous forceà prendre une position purement défensive, ilest tout naturel que nous cherchions à com-penser la faiblesse de nos forces par le choixd’un terrain dont les accidents, en protégeantnotre front et nos flancs, soient tels, que leurattaque demande des forces quintuples et mêmeplus grandes encore qu’il n’en faut pour leurdéfense, et qui mettent les flancs à l’abri d’unmouvement de conversion. Ces positions doi-vent donc être choisies sur un terrain élevé etdominant toute la plaine occupée par l’ennemi,de manière à ce que notre artillerie puisse enrendre de tous les côtés les approches difficiles,et, s’il est possible, inabordables.

Mais, tout en présentant aux ennemis degrandes difficultés à surmonter, elles doiventoffrir aux troupes défensives la facilité de semouvoir dans tous les sens, pour s’opposeraux attaques des assaillants, et, par conséquent,posséder dans leur circonférence tous les avan-tages de tactique qu’un champ de bataillepeut nous offrir. Telle était la position que leduc de Brunswick avait occupée, le 27 no-vembre 1795, à Kaiserslautern. Le plateau duKaiserberg, dont le front était défendu par laLauter et la ville de Kaiserslautern, que des