190
EXAMEN RAISONNÉ
fortifications avaient mises hors d’alteinte,formait le centre de la position. Une forte re-doute servait de réduit aux troupes du flancdroit ; des parapets y avaient été élevés pourcouvrir l'artillerie, et des épaulements pourl’infanterie.On prépara, au-dessus de la ville,une inondation de la Lauter. Ce plateau, dansson centre comme sur ses deux flancs, étaitentouré de bas-fonds qui gênaient les mouve-ments offensifs des troupes ennemies, et quiavaient rendu la position purement défensive.Cependant, pour procurer à ses troupes lesmoyens de faire aussi des mouvements offen-sifs, le duc se prépara sur la rive droite de laLauter un champ de bataille dont le flanc droit,appuyé au village de Moorlautern, était aussidéfendu par une redoute placée sur le Rohrs-walderberg. Sur le flanc gauche, il fit con-struire sur le Galgenberg une autre redoutequi servait de point d’appui aux troupes del’aile gauche, et facilitait un mouvement of-fensif sur la roule de Homburg. Toute la posi-tion , depuis Moorlautern jusqu’au Galgenberg,n’avait à peu près que quatre kilomètres d’é-tendue , et favorisait tous les mouvements desréserves placées sur le Kaiserberg vers les deuxflancs. Celte position avait encore l’avantagede posséder deux lignes de retraite, par Olter-
( 1 ) Voyez-en la description dans Vnisloire des der-nières Campagnes de Gustave-Adolphe en Allemagne,par Francheville, page 59 t.
( 2 ) Le lecteur peut en voir une description détailléedans les Mémoires militaires du général Tempel-hof.
( 3 ) Ce camp possédait trois lignes de fortifications quicontenaient 108 redoutes et 583 bouches à feu. Lesfeux étaient flanquants, tous les débouchés des défilésétaient occupés.
La première ligne, avec ses oscillations, s’étendaitdepuis Léguas, traversait les hauteurs d’Arruda etMonle-Gracia, et s’appuyait vers la droite près d’Al-handra au Tage, à gauche à l’embouchure du Sizondroà Ponte-de-llol, entre ïorrès-VVedras et Mafra. Ellecontenait 32 redoutes toutes palissadées et entouréesde ravins, et armées de 140 bouches à feu.
La seconde ligne avait Go redoutes armées de ISOpièces de canon , s’appuyait à droite à Alverca au Tage,et s’étendait au delà des défilés de Rucellas, Cabeça,de Montachique et Mafra.
La troisième ligne avait 11 redoutes, armées de93 canons, et s’appuyait par sa droite au Tage, près deItellern ; par sa gauche, près de Carcaesà la mer, etdans le cas de l’abandon du pays par l’armée alliée, de-
berg sur Mayence , et par Turcklieim sur Mau-heim. G’est justement à la circonscription de lacirconférence du champ de bataille, qui, enprésentant aux ennemis de très-grandes diffi-cultés à vaincre, offrait au duc les moyens depousser ses réserves vers les points attaqués,ce qu’il fit justement sur son flanc droit contreles troupes que Hoche dirigea contre Moorlau-tern et la redoute du Rohrswalderberg, et plustard contre la division Taponier, à laquelle legénéral Hoche enjoignit de s’emparer de laredoute du Galgenberg et de tourner le flancgauche des ennemis, que le duc fut redevablede la victoire qu’il y remporta.
Les positions défensives se trouvent aussisur des terrains circonscrits dans une chaînecontiguë de fortifica lions de campagne, hérisséesde bouches à feu et qui les rend inexpugnables,comme les exemples que nous offrent le campde Gustave-Adolphe à Nurnberg (i), celui deFrédéric le Grand à Bunzelwitz ( 2 ), du duc deWellington derrière les lignes de Lisbonne ( 3 ),des Turcs, en 1810, près de Battin ( 4 ), celuide Drissa, en 1812, etc., etc.
On prend aussi ces sortes de positions sousles murs d’une forteresse, comme celle dugénéral Kray sous les murs d’Ulm, celle deNapoléon sous Manloue et sous Dresde, et des
vait couvrir l’embarquement qui devait s’effectuer prèsdu fort Juliao.
Pour augmenter les difficultés de l’assaut, les alliésavaient fait des profils très-forts, préparé des inonda-tions et coupé les roules. Les redoutes qui couvraientle chemin de Lisbonne étaient assez éparses, ce quiavait formé des débouchés par où les troupes pouvaientdéfiler pour se préparer au combat.
(-i)D’un côté, il ne fallait pas moins que la ferme dé-cision du général en chef, comte de Kamensky, et dontil a donné dans cette occasion une preuve bien évidente,ainsi que le courage exemplaire des troupes qui compo-saient son armée; et de l’autre, l’ignorance assez pro-noncée du séraskier Koschanz-Ali, et des pachas Ach-met et Muktar (ce dernier fils du fameux Ali, pachade Janina), pour procurer aux Russes la possession destrois camps au prix de si peu de sang. Le général enchef, comte de Kamensky , ayant reconnu que les for-tifications n’étaient pas fermées, ordonna de les atta-quer par les gorges, tandis que les troupes qu’il com-mandait en personne, et celles du général comte deKamensky l’aîné, furent dirigées vers le front des fortifi-cations.— Pressé sur plusieurs points, Muktar-Pacha pritle premier la fuite,tandis que le reste des troupes ottoma -nés, commandées par Achmet-Pacha, mit bas les armes.