DES TROIS ARMES.
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cites par lesquels on peut pénétrer en massescompactes. Si, au contraire, le village ne pos-sède pas de ces réduits avantageux pour l’em-placement de la réserve, il faudra en mettreune dans la proximité du poste, qui, en chan-geant déplacé, ne devra pas cependant changerde rôle.
Le reste de l’infanterie sera désigné poursecourir les troupes employées pour défendreles villages qui forment le front des positions,et sera postée dans un certain éloignement. Maiscomme tous les mouvements précurseurs desattaques de cette infanterie ne doivent se faireque dans la proximité de son ennemi, il estutile de placer l’infanterie assez près de cesaccidents, afin qu’un mouvement un peu longpour atteindre son ennemi, ne lui ravisse pasle moment opportun, et ne la trahisse pasaux yeux de celui-ci, en éveillant par là saprévoyance.
A la bataille de Ligny, les Prussiens, enoccupant les villages de Saint-Amand et de Li-gny, dont la possession couvrait le front deleurs lignes de bataille, firent les dispositionssuivantes : Le 1 er corps, commandé par le gé-néral Ziethen, occupa le village de Saint-Amandavec 5 bataillons et 2 compagnies de voltigeursde la 3 e brigade. La l rc brigade fut placée enréserve derrière le village. La 4 e brigade oc-cupa le village de Ligny avec 3 bataillons,tandis que G bataillon s furent placés en réserve.La 2 e brigade, et le reste de la 3 e brigade, cequi formait un total de 13 bataillons, se dé-ployèrent en deux lignes derrière et en Ire les vil-lages de Brie et de Ligny. Le 3 e corps, com-mandé par le général Thielemann, formant leflanc gauche et la première ligne de l’ordre debataille, appuyait son flanc droit au village deSombreff, que le général fit occuper par unbataillon de voltigeurs. Les troupes de son flancgauche ayant occupé fortement les villages deTongrines et Tongrenelle, qui se trouvaientdevant son front, ainsi que toutes les métairiesqui étaient le long du ruisseau de Ligny, s’ap-puyaient à Botey.
(î) La bataille de Ilochstetl restera toujours un exem-ple frappant et terrible du danger d’encombrer les vil-lages de troupes, qui ne peuvent plus ni se mouvoir, niattaquer, ni même se défendre. Le village de lîlindheimsera toujours un monument de l’ignorance du maréchalTallard et de l’insouciance des généraux qui comman-
Pourvu qu’un village possède dans son es-pace assez de bras pour le défendre contrel’impulsion d’une première attaque, le reste del’infanterie désignée pour défendre tou te l’é-tendue du terrain qui l’environne, étant postéederrière le village, pourra même et avec plusde facilité, en marchant par les deux flancs duposte, assaillir l’ennemi qui entreprendrait uneattaque sur un des deux flancs. En un mot, ilne faut faire entrer dans un village que le nom-bre de troupes nécessaire pour le défendre avecopiniâtreté et avantage,celui pour le moins quisera suffisant pour ne pas céder de prime-abordcette conquête à son ennemi (î).
A cette même bataille de Ligny, que je viensde citer, les Français s'étant rendus maîtres deSaint-Amand, cherchèrent à prolonger leurflanc gauche en occupant toutes les allées, leshaies et les bas-fonds qui se trouvent du côtéde Brie et de la grande route. Ce mouvementayant donné de l’inquiétude pour le flanc droitdes Prussiens, et pour leur liaison avec lestroupes hollandaises, le maréchal Blucher en-joignit au général Steinmetz, auquel il donna6 bataillons, de reprendre Saint-Amand. LesPrussiens abordent le poste avec leur bravoureaccoutumée, et parviennent à s’emparer d’unepartie du village jusqu’au cimetière, où lesFrançais avaient placé la réserve, qui parvintà arrêter le mouvement offensif des Prussiens.Un combat sanglant s’y engagea, pendant le-quel le général Vandamme, qui avait placé lamasse primitive de son infanterie derrière levillage, arriva au secours des troupes attaquées.Il ordonna au général Girard de tourner le vil-lage par la gauche du côté de Wagnele, et unassaut, dirigé de trois côtés, força les Prussiensà l’évacuer tout à fait.
Il est incontestable que, pour ce genre decombat, les Français ont une grande supérioritésur plusieurs armées européennes, et le talentqu’ils ont toujours déployé, ainsi que les règlesdont ils se sont servis pour la défense des vil-lages peuvent, sans contredit, servir d’exempleset de préceptes. Presqu e tousles militaires expé-
daient à l’aile droite. Enfermer 27 bataillons et 12 es-cadrons de dragons dans un village, tombe déjà dans leridicule, et nous fait mêmie douter de la bonne foi aveclaquelle le maréchal Tallaird aurait dû servir la causede son maître.
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