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EXAMEN RAISONNÉ
mais si nous examinons bien ces différents ac-cidents, nous nous convaincrons facilement quela nature, souvent capricieuse dans sa création,ne nous présente pas très-fréquemment de cesobstacles insurmontables qui s’opposent tout àfait à la marche d’une masse d’infanterie. Cer-tainement, c’est d’après la multiplicité des ac-cidents et la difficulté de les franchir, qu’ondoit calculer la force de la masse qu'on veutmettre en action; mais il faut, je crois, rece-voir pour axiome irréfragable, de ne jamaisabandonner les tirailleurs à leur unique impul-sion, car leurs combats, si on ne les soutientpas par des masses imposantes d’infanterie deligne, ne peuvent être envisagés que commedemi-mesure. Mais aussi quel taillis qui, parmiles différents accidents qu’on peut franchir,quoiqu’avec difficulté, est l’accident le plusdifficile à surmonter pour l’infanterie, queltaillis ne possède pas de voies propres au pas-sage des colonnes? Ces chemins suffiront pourla marche de quelques colonnes, et, dans ce casaussi, nous pourrons rester d’accord avec leprincipe établi.
L’action de l’infanterie de ligne peut se par-tager en deux genres différents, qui sont:l’offensif, ou en avançant contre son ennnemi ;et le défensif, qui se subdivise en deux cas :d° en attendant de pied ferme l’attaque de sonadversaire; 2° en rétrogradant pour occuperen arrière une nouvelle position.
Qu’on se propose d’avancer pour attaquerson adversaire, ou de rétrograder pour occuperune nouvelle position, l’infanterie qui, dansles deux cas, aura à se mouvoir, doit toujoursêtre formée en colonnes. Mais la formation deslignes de bataille doit nécessairement être dif-férente. Dans le premier cas, le mouvementoffensif n’étant que le préliminaire du choc,il faut que les masses soient assez rassembléespour pouvoir se soutenir réciproquement', et,par conséquent, les bataillons rapprochés. Dansle second, comme il s’agit d’une défense, etque, tout en se défendant, on puisse gagner duterrain en arrière, il faut former les lignes enéchiquier, pour qu’en rétrogradant l’une à tra-vers de l’autre, tandis que la seconde présenteaux ennemis des masses capables de soutenirleur impulsion, la première se replie pour ga-gner du terrain en arrière.
C’est par des mouvements pareils qu’à la
bataille de Fèrc-Champenoise, les divisions 1Paclhod et Amey cherchèrent à se soustraire Jaux attaques souvent répétées des alliés. Ayant 'à combattre de la cavalerie, elles se formèrenten carrés, parcoururent tout l’espace de plu- 'sieurs kilomètres de distance, depuis Xillese-neux jusque près des marais de Saint-Gond, *et seraient même peut-être parvenues à gagner :le bourg de Fère-Champenoise, sous la protec- ;tion duquel il leur aurait été si facile de se re-former, et d’échapper au triste sort qui les at-tendait, si le général comte de Pahlen, à la tête *de 2 régiments de cavalerie, ne fût venu fs’établir sur leurs derrières, et ne leur eût fcoupé cette retraite. f
Ce mouvement rétrograde ne doit cependant ïêtre employé que lorsqu’on est tout à fait dé- icidé à abandonner le champ de bataille à son s’ennemi, et qu’on est, par conséquent, intéressé :à gagner en arrière autant de terrain que pos- ;sible. On cherchera alors à diriger les troupes.vers des points d’une défense facile, pour leurdonner le temps de reprendre haleine, et leur •accorder les moyens de se reformer; car lesmouvements rétrogrades ne manquent jamaisde porter atteinte à cet ordre, sans lequel au-cune troupe ne saurait prolonger sa défense.
Si, au contraire, on était encore cm état debalancer les succès de la journée, et qu’onn’entreprît le mouvement rétrograde que pourrallierses troupes, pour ne perdre que le moin-idre terrain possible, ce mouvement devra s’exé-»cuter par échelons en pivotant sur un des flancs ,\et en commençant par le flanc opposé à celui jsur lequel on voudra pivoter. Tel a été le mou-ivement rétrograde de l’armée française à la,bataille de Marengo. Cette manière de rétro-grader a le double avantage de pouvoir refor-;mer très-vite l’ordre de bataille, qui en de-jviendra un oblique, de pouvoir reprendre)facilement l’offensive, en portant vers le flanc(avancé la majeure partie des réserves, et deidéborder le flanc ennemi, ou, pour le moins, dejle rejeter momentanément sur la défensive, enlui donnant de l’inquiétude pour l’aile menacéeqPour ce qui regarde le cas où l’on veut at-jtendre de pied ferme son ennemi, tout reposejsur les différentes formations que l’on accordeaux bataillons qui forment les lignes de ba-taille, et qui doivent être modifiées d’aprèsl’arme à laquelle on se propose de résister. Les