DES TROIS ARMES.
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clic, et la dirigea contre le flanc droit des en-nemis. La cavalerie prit position derrière lesmasses de l’aile droite.
Les deux brigades désignées pour soutenirl’avant-garde se déployèrent chacune en deuxlignes, etles bataillons formés en colonnes pré-sentaient ainsi une masse de quatre lignes deprofondeur. C’est dans cet ordre que les Prus-siens s’avancèrent vers leurs ennemis, dont lanombreuse artillerie semait la mort dans leursrangs, sans cependant interrompre leur mar-che. Pour couvrir efficacement les pièces con-tre un ennemi aussi hardi, le général françaisfit avancer plusieurs bataillons déployés en ba-taille, dont le feu de fde, joint à celui de l’ar-tillerie, parvint à désorganiser la premièreligne des bataillons assaillants, et les rejetasur la seconde. Les troupes battues s’écoulentà travers les bataillons qui s’avancent pour lessoutenir, sans en rompre un seul. La secondeligne des Prussiens parvient à rejeter les en-nemis , qui, à leur tour, se soutiennent par uneseconde ligne de troupes fraîches. Les Prus-siens font avancer leur troisième pour soutenirleur seconde, déjà vacillante, et les ennemisen font autant. Enfin le général Yorck engagela quatrième, et par conséquent sa dernièreréserve, et ordonne en même temps à la cava-lerie du flanc droit de soutenir cette quatrièmeligne. Ce mouvement fut des plus décisifs : lesennemis, ne pouvant résister à quatre chocsconsécutifs, évacuent le champ de bataille, etlaissent au pouvoir de leurs adversaires 40pièces de canon, et une prompte retraite putseule les soustraire au malheur d’être entière-ment écrasés et forcés de se rendre.
Un autre exemple, quoique bien antérieur àcelui que je viens de citer, mais qui a été faitaussi dans les principes de la même tactique,est celui que nous offre la fameuse bataille desPyramides. C’est aussi üne attaque en massedes divisions Bon et Menou qui décida la vic-toire en faveur des Français. Rapportons àcette occasion le récit du général Berthier lui-même ( 1 ). f Pendant que les divisions Desaix» et Régnier, dit-il, repoussaient avec suc-« cès la cavalerie des mamelouks, les divisions
(1) Relation des Campagnes du général BonaparteI en ÉgypU et en Syrie.
I (2) Une assertion pareille paraîtra certainement un
» Bon et Menou, soutenues par la division» Kléber, commandée par le général Dugua,
» marchaient au pas de charge sur le village» retranché d’Embabeh. Deux bataillons des» divisions Bon et Menou, commandés par les» généraux Rampon etMarmont sont détachés,
» avec ordre de tourner le village, et deprofî-» ter d’un fossé profond pour se mettre à cou-» vert de la cavalerie de l’ennemi, et. lui déro-» ber leurs mouvements jusqu’au Nil.
» Les divisions, précédées par leurs flan-» queurs, continuent de s’avancer au pas de» charge. Les mamelouks attaquent sans succès» les pelotons de flanqueurs ; ils font jouer et» démasquent 40 mauvaises pièces d’arti lerie.
» Les divisions se précipitent alors avec plus» d’impétuosité, et ne laissent pas à l’ememi» le temps de recharger les canons (a). Les re-» tranchemenls sont enlevés à la baïonnette ; le» champetle villaged’Embabehsontaupouvoir» des Français. Quinze cents mamelouks i che-» val, et autant de fellahs, auxquels les généraux» Marmont et Rampon ont coupé toute retraite» en tournant Embabeh, et prenant une posi-» lion retranchée derrière un fossé qui joignait» le Nil, font en vain des prodiges de valeur;
» aucun d’eux n’échappe à la fureur du sddat;
» ils sont tous passés au fil de l’épée ou noyés» dans leNil. Quaran te pièces de canon, 40( cha-» meaux, les bagages et les vivres de l'ennemi» tombent entre les mains des vainqueurs. »
Qu’à ces résultats brillants on ajoute d’uncôté les pertes souvent insignifiantes qui ei sontla suite, et qu’on récapitule de l’autre ces com-bats meurtriers où, par l’emploi de fausses me-sures , le dénoûment n'offre que des pertes in-calculables d’hommes et peu d’avantages, et oùles assaillants passent souvent des journées en-tières à combattre sans parvenir au but qu’ilsse proposent d’atteindre, et on ne sera pas peuétonné que les chefs, à la volonté desquels sontsubordonnés toutes les dispositions, choisissentbien souvent, pour parvenir à leur but, lesmoyens les plus destructeurs et les moins dé-cisifs.
Il est vrai qu’il est indispensable que le ter-rain favorise ces sortes d’attaques en masse ;
peu exagérée; au reste, elle ne diminue en aucunemanière l’effet de la disposition dont je veux prouverl’efficacité par ce fait.