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EXAMEN RAISONNÉ
premier souffle d’exislenee; et si, par insou-ciance ou un manque de savoir-faire, l’infan-terie de ligne ne surveillait pas leurs travauxavec l’attention requise, et dans un éloigne-ment que la circonstance, le terrain et le tempsnécessaire pour franchir l’espace nécessiteront,elle se ravirait volontairement les moyens queles tirailleurs peuvent lui olfrir pour parveniravec facilité au résultat désiré.
L’ordonnance reçue dans l’armée russe, oùla tactique des différentes armes a été portéeà un très-haut degré de perfectionnement, quin’a cherché, pendant les temps pacifiques,qu’à réaliser toutes les idées que les tacticiensles plus fameux ont pu concevoir, et qui auraitmême désespéré facilement le génie créateurde Frédéric le Grand, accorde encore à seschaînes de tirailleurs des postes de replis indé-pendants des réserves primitives, dont les pla-ces se trouvent entre la chaîne et sa granderéserve. Composé d’un demi-peloton, chacunde ces postes de replis est justement tout cequ’il faut pour soutenir ou rallier les chaînesauxquelles il appartient, et pour soustraire lesréserves primitives, qui forment déjà des mas-ses assez respectables, à l’inconvénient d’êtreexposées au feu meurtrier des ennemis : carles postes de replis étant là pour soutenir les ti-railleurs, ces réserves peuvent être mises sousla protection de quelque abri où elles ne peu-vent être ni vues ni atteintes, sans qu’une dis-position pareille soit au détriment des troupesqu’elles sont désignées à soutenir (i).
La chaîne de tirailleurs destinée pour couvrirun bataillon, doit se déployer de deux cents àdeux cent cinquante pas, et se trouver ordinai-rement dans cet éloignement de la ligne debataille. A cent pas derrière celte chaîne,on placera deux postes de replis de 12 hom-mes chacun, désignés pour la soutenir, la ral-lier en cas de nécessité. Leur position seraderrière les deux flancs de la chaîne. A deuxcents pas derrière cette chaîne, on placera laréserve primitive, qui est composée de deux pe-lotons aussi, forts chacun de 48 hommes ( 2 ). La
( 1 ) Si le terrain le permet, il s’entend de soi-mêmeque le commandant des tirailleurs désignera pour lespostes de replis aussi, les endroits les plus favorables,pour les cacher aux coups des ennemis.
( 2 ) J’avertis le lecteur que c’est l’ordre de batailleprimitif des tirailleurs dans l’armée russe, et qu’on le
distance entre les paires sera de six, liuil, dixou douze pas, selon, que les circonstances l’exi-geront. C’est dans cet ordre de bataille normalque nos tirailleurs avanceront vers l’ennemi,sauf à le varier selon les circonstances et le ter-rain qu ’011 parcourra. L’officier commandant lachaîne la resserrera, l’élargira et prendra l’or- ;dre oblique. Se trouve-t-il pressé par un ennemiplus puissant, il la renforcera par les postesde replis, formera des globes pour s’opposer àl’attaque des flanqueurs ennemis, et reprendral’ordre primitif au moment où la cavalerieennemie sera repoussée.
Si les circonstances nous ont obligés de ren-forcer la chaîne des tirailleurs par les postesde replis, la réserve primitive devra détachertout de suite 24 hommes, qu’on formeraien deux demi-pelotons, qui iront remplacer,les deux postes de replis. La réserve primitivene conservera plus que 24 hommes, dont onse servira ou pour former encore une fois despostes de replis, ou pour renforcer la chaîneprincipale, si la nécessité l’exige. Mais comme,dans aucun des cas, les tirailleurs 11 e doiventrester sans réserve, pour pouvoir redresser ledéfaut de celui-ci, on fera avancer le peloton Jde voltigeurs que nous avons vu dans le pre-fmier article, dans presque toutes les armées,faire partie de l’organisation des bataillons.Mais ce sera aussi le dernier secours que lecorps de bataille accordera à ses tirailleurs, car run trop grand morcellement de celui-ci est tou-ljours dangereux. I
Tous les mouvements des tirailleurs deman-fdant un pas plus accéléré que le pas ordinaire |des manœuvres , dont le nombre, comme nous ,l’avons vu plus haut, monte à cent quarante jpas par minute, cette vicacité de mouvements 1ne manquera pas à la longue d’exténuer lesforces de ceux dispersés dans la chaîne ( 3 ). Ce-pendant, pour tirer quelque avantage des pro-priétés d’une arme quelconque, il faut bien segarder de paralyser les vertus qui en formentles éléments. Dans le service que les tirailleurspeuvent rendre , leurs forces physiques et la
soumet à différentes modifications , d’après les modula-tions du terrain qu’on parcourt etl’ennemi qu’on combat. <:
(s) Pour ce qui regarde les mouvements des postes dereplis et des réserves, tant qu’ils ne sont pas obligés dese débander, ils conserveront le pas ordinaire, qui estenviron de 100 à 110 pas par minute.