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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DES TROIS ARMES.

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justesse de leur tir y jouent un assez grandrôle, et la seconde vertu étant dépendante dela première (t), il est indispensable de ména-ger les premières pour ne pas lui ravir lesfacultés de la seconde. Il n’y a pas de do utequ’un combat longtemps prolongé, exténueles forces physiques, et que trente à quarantecoups tirés de la même arme, l’encrassent tel-lement, qu’elle finit par ne produire que descoups très-rares. Gardons-nous donc de laisserles tirailleurs trop longtemps engagés avecl’ennemi; et les relevant dans un certain espacede temps, accordons-leur celui de rétablir leursforces épuisées, et mettre en ordre leurs armesdérangées.

Le chef aura soin, après un certain espacede temps, de relever la chaîne fatiguée par uneautre plus fraîche, et notre ordre de bataillenormal s’y prête avec beaucoup de facilité. Lesdeux postes de replis placés à cent pas derrièrela chaîne primitive seront débandés par unsignal du cornet, et notre ordre de batailleprésentera deux lignes de tirailleurs et la ré-serve primitive. La seconde ligne, qui sera dé-signée pour relever la première, avancera aupas de charge; et au moment où elle aura de-vancé la première, celle-ci rétrogradera pourformer les deux pelotons de replis, pourlesquels on devra la désigner (2). La mêmeopération sera exécutée pour les retraites,

, et les deux pelotons de replis devront êtrej débandés au moment où la chaîne princi-i pale commencera son mouvement rétrograde,i pour pouvoir présenter toujours à l’ennemi-,au moment où la première ligne rétrogradeà travers la seconde, des troupes fraîchescapables de rejeter l’ennemi, ou soutenir sesattaques.

Mais dans leurs mouvements en avant, commedans ceux en retraite, le premier soin des ti-railleurs sera de profiler de tous les avantages

(1) Car, comme nous l’avons déjà vu, les coups d'unhomme fatigué ne peuvent jamais être bien justes.

( 2 ) Il s’entend de soi-même que les tirailleurs de lapremière ligne ne cesseront leurs feux qu’au moment

. où la seconde les aura dépassés, et celle-ci devra com-mencer tout de suite les siens, pour ne pas laisserd’intervalle.

( 3 ) Tant il est vrai que le moral exerce souventun pouvoir impérieux; car pourquoi ne pourrait-on

que le terrain présentera de franchir avec ra-pidité, mais sans course, les espaces qui leur of-friraient trop de désavanlâges enles découvrantà l’ennemi, et de diriger leur attention, plutôtsur des coups bien ajustés que précipités. Enun mot, les tirailleurs, adroits lorsqu’il faudratirer sur leurs ennemis, agiles lorsqu’il s’agirade franchir un espace, et circonspects lorsqu’ilsfouilleront le terrain, ne manqueront pas dedevenir le fléau de leurs adversaires, et rem-pliront, de cette manière, la tâche qui leur estréservée dans les combats, celle de nettoyerle terrain pour les masses qui les suivent, etqui sont destinées pour porter les grands coups,ou de tromper les ennemis sur les vraies inten-tions de leurs adversaires.

S’agit-il de nettoyer un taillis d’une grandedimension, où le courage personnel et le nom-bre nous mènent le plus facilement au but, lepremier devoir des chefs et des officiers dé-bandés dans les chaînes, devra tendre à con-server une sorte d’union entre les paires. Riende plus facile dans ces sortes de combats, oùles tirailleurs ne peuvent s’apercevoir qu’à decourtes distances, que les chaînes se désunis-sent, et que les lacunes deviennent tellementgrandes, que, dans un mouvement offensif, l’en-nemi dépasse nos chaînes. L’effet moral que laseule nouvelle d’1111 ennemi qui se trouve àdos, produit sur les soldats, suffit quelquefoispour mener à un résultat fatal (3). A la bataillede Kliastilzy, en 1812 , me trouvant avec lerégiment qui avait été envoyé pour nettoyerle bois en face de notre droite, et, parvenudans l’épaisseur du taillis, j’aperçus plusieurstirailleurs français qui, s’étant égarés et déso-rientés, vinrent sur nos derrières, croyantsuivre toujours la chaîne à laquelle ils appar-tenaient , et marchaient l’arme au bras. J’en-voyai un sous-olficier et plusieurs de mes genspour les saisir, et ils ne purent revenir de leur

pas se battre tout aussi bien contre un ennemi quinous attaque à dos, en faisant volte-face? Qu’il n’yait en général qu’une réflexion défavorable pour lesdéfenseurs et non un désavantage marqué, qui pro-duise souvent des résultats falals, et qu’une attaqueà dos est souvent au détriment des assaillants, tecombat de Dannigkow, en 1815, et la bataille deDcnnevitz, nous l’ont démontrés avec assez d’évi-dence.