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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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EXAMEN RAISONNÉ

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étonnement en tombant entre les mains deleurs ennemis (t).

Dans tous les cas, dans l’attaque comme dansla défense d’un bois, la lisière est la chose quidoit principalement attirer notre attention.Sommes-nous sur la défensive, c’est celle dubois que nous voulons défendre; avons-nous,au contraire, échangé la défensive contre l’of-fensive, ce sera alors celle du hois qui est audelà de la plaine où nous sommes intentionnésde déployer (2). Ce 11’est qu’en abandonnant àl’ennemi la possession de la lisière qu’on dé-fend, que les chances de succès pour les défen-seurs comme pour les assaillants, deviennentégales; mais tant que ces derniers sont encoreen rase campagne, ceux qui gardent la lisièreet se trouvent cachés sous sa protection, con-servent une grande prépondérance, pouvantenlever leurs adversaires, et ne pouvant ce-pendant pas être vus, et rarement atteints.

Les Français, qui sont si experts dans lescombats de tirailleurs, et qui savent si biendéfendre un village, ne le sont pas autant, àmon avis, lorsqu’il s’agit de garder un bois ouun défilé. A celte même bataille de Kliaslitzy,que je viens de citer, au moment où nous fûmesenvoyés pour nettoyer le bois où s’appuyaitleur gauche, et dont la possession était poureux d’une importance majeure, puisqu’il con-duisaitjustemenl vers leur ligne de retraite, etaboutissait à la grande route derrière la fermede Kliastitzy, où nous pouvions les prévenir etgêner le mouvement rétrograde de leur armée,au lieu d’en occuper la lisière, nous ne ren-contrâmes l’ennemi que dans l’épaisseur dutaillis. Celle négligence nous offrit les moyensde porter jusque dans le fond du bois, sans yavoir perdu un seul homme, une force capablede conlre-balancer celle qui le défendait.

Le lendemain de cette bataille, au momentoù la division du général Sazonof reçut unéchec momentané, le comte de Wittgensteinétant venu avec le reste de son corps poursoutenir les troupes rétrogradantes et rega-

( 1 ) 11 s’était formé apparemment un intervalle entrele régiment du prince Guillaume de Prusse et le 24 e dechasseurs, que le comte de ‘Wittgenstein avait aussidirigé vers le même bois, et il faut croire que les pri-sonniers que nous fîmes s’étant désunis dans la cliainequ’ils formaient, se glissèrent dans la lacune qui étaitentre les deux régiments.

gner le terrain que son avant-garde venait deperdre, rangea ses troupes eu bataille à l’en-trée d’un grand bois. Au moment où notreavant-garde entière eut abandonné le taillis,le chef du corps fit jouer ses batteries,et ordonna au général Kasatsclikolfsky, quicommandait la gauche, de prononcer sonmouvement offensif. L’ennemi, qui était enpossession de la lisière d’où il pouvait toujoursnous faire beaucoup de mal, qui était assez enforce pour pouvoir défendre le défilé, et quise défendit même très-vaillamment dans l’é-paisseur du bois, ne riposta à nos troupes àla lisière que tout au plus un quart d’heure.Le bois cependant était coupé en différentssens par une grande quantité de sentiers et dechemins qui favorisaient le mouvement desréserves, et nous en trouvâmes même de très-fortes, composées de trois armes, que nousexpulsâmes des éclaireurs. Jamais l’entrée d’undéfilé pareil ne fut vendu aussi bon marché.

La tâche la plus difficile pour les tirailleursest toujours l’attaque des villages, où ils pré-cèdent ordinairement les masses de l’infanterie,qui portent les coups décisifs. Ces habitationsne présentent ordinairement autour d’elles,dans un certain espace, que des champs la-bourés, qui n’offrent, en général, aucune pro-tection aux assaillants, tandis que les défen-seurs, cachés derrière les coins et dans lesmaisons même, ainsi que derrière les clayon-nages les plus avancés, possèdent non-seule-ment l’avantage de pouvoir se couvrir par cesabris, mais aussi celui de pouvoir y appuyer |leurs armes, et de tirer par conséquent des icoups mieux ajustés. La promptitude, et unesorte de décision dans les mouvements, sontdonc le seul remède à ce mal ; car, en parcou-rant la plaine avec célérité, on s’expose à unmoindre nombre de coups que si on avançaitlentement. Si la position du village permetaux chaînes de le tourner par un des flancs, etsi l’ennemi a été assez imprudent pour dégar-nir justement le côté faible de son poste, il n’y

( 2 ) Si toutefois il s’en trouve une. Dans le cas con-traire, les tirailleurs tâcheront de gagner quelquesaccidents du terrain, qui, en les cachant aux yeux deleurs adversaires, leur offrent aussi les moyens de sesoutenir avec avantage, pour procurer aux troupes quidéboucheront des taillis le temps nécessaire pour sedéployer.