DES TROIS ARMES.
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CHAPITRE III.
1)E LA CAVALERIE.
SECTION PREMIÈRE.
CARACTÉRISTIQUE DE LA CAVALERIE.
Dans la haute antiquité, et en général avantl’invention de la poudre et des armes à feu,la cavalerie a toujours été l’arme des victoires.Son influence sur l’issue des combats était alorssi grande, qu’on briguait même l’alliance dupeuple qui en possédait une bonne. C’est ainsique nous vîmes tous les petits états grecs re-courir à celle des Thessaliens, qui possédaientla meilleure cavalerie de la Grèce.
Sa proportion à l’égard de l’infanterie a été,à différentes époques, soumise a de très-grandesmodifications. Les Parthes, les Mèdes et lesScythes avaient dans leurs armées plus de ca-valerie que d’infanterie : à la bataille du Gra-nique, les Perses avaient autant de cavalerieque d’infanterie ; mais plus nous avançons dansles temps postérieurs, plus nous remarquonsune diminution très-sensible dans cette propor-tion, comme, par exemple, chez les Spartiateset les Athéniens, dans les armées desquels laproportion de la cavalerie à l’infanterie étaitd’un à dix. Plus tard, dans les armées d’A-lexandre, elle fut d’un à sept. Chez les Romains,elle fut tantôt d’un à dix, tantôt d’un à douze.Le consul Sempronius, dans la seconde guerre
punique, avait 24,000 fantassins et 2,000 ca-valiers.
Dans les temps modernes, la proportion quis’est conservée le plus longtemps a été d’un àsix; mais la plus forte transition qui s’est faitsentir dans l’augmentation et la diminuliondeces différentes proportions a été à l’époque del’invasion des Français en Russie, en 1812, etpendant la campagne qui l’a suivie. Napoléonentra sur notre territoire à la tête de 491,953fantassins et 96,579 cavaliers, ce qui faisaitune proportion d’un à cinq, et nous le voyonsreparaître dans les plaines de Lutzen à la tètede 110,000 hommes d’infanterie et de 7,500cavaliers, combattant par conséquent à la tèted’une armée où la proportion de la cavalerie àl’infanterie était d’un à quatorze. Son génie mi-litaire ne manqua cependant pas de ressource,et nous le voyons obvier à cette pénurie de ca-valerie par une masse imposante d’artillerie,et développer aux yeux de l’Europe étonnéetoutes les ressources de cette dernière arme,et accorder à ses effets une empreinte de déci-sion jusqu’alors encore douteuse.
Abstraction faite des différentes proportionsqui ont eu lieu dans les armées à l’égard de lacavale rie, elle n’en conserva pas moins le pre-mier irang jusqu’au moment de l’invention dela poudre et des armes à feu. Les victoires