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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DES TROIS ARMES.

aussi ne peuvent pas gâter la chose ( 1 ). Maispour que les escadrons conservent leur aligne-ment, d’où dépend la réussite du choc, qui nedoit être qu’une force collective, il faut queles chevaux conservent les mêmes allures, etque, par conséquent, les cavaliers soient ani-més du même esprit, qui se caractérise pourtous par l’oubli de soi-même.

« Le mouvement, dit le comte de Bismark» dans son Système de la Cavalerie (p. 221),

» est l’élément de la cavalerie; il recèle toute» sa force. Mais ce mouvement, qui nous mène» aux vrais exploits, ne peut être que celui» qui, dominé par une passion indomptable» de la gloire, soit en même temps dirigé par» une idée profonde, et procède au dénoù-» ment, soutenu par une confiance sans bornes» et un courage décidé. »

Si la troupe, animée d’un esprit pareil, estconduite par un chef intelligent qui sache dé-couvrir le point vulnérable de son ennemi, etprofiter du moment opportun , les propriétésde la cavalerie se développent alors sous lepoint de vue le plus favorable. Que cette cava-lerie paraisse sur les champs de bataille commearme dp secours ou comme arme indépendante,pourvu que son action corresponde au sens deses propriétés et de sa tactique, les résultatsde son action ne peuvent manquer d’étonnerles militaires observateurs.

Comme arme de secours, nous l’avons vueparaître avec éclat à la bataille de Peterwa-radin. L’infanterie du flanc droit des Impériauxayant été rompue par le corps des janissaires,abandonnait aux vainqueurs le terrain qu’elleavait déjà gagné, et les redoutes, sous la pro-tection desquelles elle venait de combalre avectant d’avantages. Le prince Eugène voit s’é-vanouir momentanément à ses yeux l’espérancede la victoire ; car malgré les exhortations desgénéraux Lanken, Bonneval et Wellenstein,qui s’efforçaient de s’opposer au désordre, lesbataillons désorganisés des Impériaux aban-donnaient avec précipitation le terrain qu’ils

(t) Les traditions anciennes nous rapportent qu’à labataille que Posthumius livra aux Latins , près du lacde Itcgilla, il poussa les combinaisons de l’augmenta-tion de la force du choc, jusqu’à ôter les brides à sacavalerie , pour ravir aux cavaliers tous tes moyens deparalyser la fougue impétueuse des animaux. C’était,il est vrai, le meilleur moyen aussi de ravir à la cava-

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devaient défendre. Riche en expédients, leprince Eugène ne se laissa pas décourager parun échec pareil. Ayant aperçu que, s’aban-donnant à une poursuite téméraire et désor-donnée, les janissaires prêtaient le flanc auxImpériaux, il ordonne au comte de Palfi dedétacher 2,000 chevaux de la gauche pourpasser à la droite, et charge en flanc les janis-saires, occupés déjà à forcer le second retran-chement, derrière lequel la moitié de l’infan-terie impériale, qui avait été rompue, s’étaitréfugiée, et où elle n’aurait pas pu opposerune longue résistance, vu le nombre des en-nemis qui l’attaquaient. Le choc s’exécute; les2,000 chevaux impériaux tombent à brideabattue sur les bataillons des janissaires, et endésorganisent plusieurs. Pendant cette mêlée,l’infanterie de la première et de la secondeligne des Impériaux se reforme, et se remetde nouveau en ligne. Le prince Eugène faitavancer la réserve. Les coups qu’on porte auxMusulmans sont réitérés; ils prennent la fuite,et les Impériaux finissent par remporter unevictoire complète.

Plus tard, à la bataille de Guastalla, nous lavoyons moissonner des lauriers non moinsgrands. A la suite des pertes nombreuses et sisouvent réitérées que les Impériaux avaientessuyées, ils venaient de suspendre leurs atta-ques et se préparaient à abandonner le champde bataille, lorsqu’un heureux hasard vint se-conder leurs efforts et parut leur promettreune victoire, en faveur de laquelle ils venaientde faire tant de sacrifices.

Deux escadrons impériaux, postés dans uneplaine entre deux chaussées, voulaient gagnerla prairie au delà de l’Arginello, et se joindreau corps principal de cavalerie. Ils parais-sent sur l’Arginello et aperçoivent les deuxbrigades de Leroi et de Souvré qui flanquaientun buisson. Ils tombent dessus et les mettenten déroute. Le général Souvré est blessé, etprivés de leur chef, ses régiments se déban-dent. La cavalerie impériale poursuit son mou-

lerietous les moyens de manœuvrer,et,par conséquent,la paralyser tout à fait, en donnant aux chevaux lesmoyens de pouvoir se diriger aussi dans un sens con-traire du point où on aurait voulu les mener. Au reste,toutes ces sortes de traditions paraissent posséder tantd'hypothèses fabuleuses, qu’il est souvent permis dene pas y ajouter foi.

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