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EXAMEN RAISONNÉ
vement et arrive sur la prairie; mais, aperce-vant toute la masse (le la cavalerie ennemie,elle se réfugie dans un bas-fond qui se pro-longe le long de l’Arginello vers Guastalla.L'infanterie des alliés ayant reconnu cettepoignée de cavaliers ennemis, suppose leurcavalerie en position près du Pô, battue etrejetée, et que celle des Impériaux les attaqueà dos. Une terreur panique s’en empare , et laplus grande partie des bataillons du flancgauche des alliés, se débande et fuit versGuastalla.
L’équilibre venait donc d’être rétabli, il nes'agissait plus que d’en profiter. Si, dans unmoment aussi opportun, le comte de Kcenig-seck avait soutenu ses escadrons, il n’y a pasde doute que la victoire n’aurait pas balancéun moment à se déclarer en faveur des Impé-riaux. Mais rien de tout ce que, dans des caspareils, les règles de la tactique prescrivent,ne fut exécuté, et ces escadrons isolés, privésde secours, en récompense d’un dévoùmcntaussi beau, finirent encore par être très-mal-trailés par les troupes alliées.
Comme arme indépendante, nous voyons lacavalerie, à la bataille de Friedberg, franchirles bornes de l’ordinaire et se rapprocher mêmedu merveilleux. Je crois ne pas pouvoir mieuxfaire que de rapporter à ce sujet la narrationde Frédéric le Grand lui-même ( 1 ).
« Dès que M. de Nassau eut formé son aile» (la gauche), dit-il, il donna sur ce qu’il y» avait encore de cavalerie ennemie devant lui» et la mit en déroule. Le général Polenlz» contribua beaucoup à ce succès ; il s’était» glissé avec son infanterie dans le village de» Fegebeulel, d’où il enfilait la cavalerie au-» trichicnne ; quelques décharges qu'elle reçut» en flanc, la mirent en confusion et préparè-» rent sa défaite. M. de Gesler, qui commandait» la seconde ligne, voyant qu’il n’y avait là» aucun laurier à cueillir, se tourna vers l’in-» fanterie prussienne, et trouvant les Autri-» chiens en confusion , il fit ouvrir l’infanterie» pour y passer, et se formant sur trois co-» lonnes, il fondit sur ces Autrichiens avec» une vivacité incroyable; les dragons (20 es-
(i) Histoire de mon temps, tom. i, pag. 550.
(a) Le Journal militaire prussien ( Mililair-Wochen-Mail) nous a transmis (année 1825, pag. 2550), la pa-
» cadrons des régiments de Bareuth, Kottcn-» burg et Bonin), en massacrèrent un grand» nombre; ils firent prisonniers 21 bataillons» des régiments de Marchai, Graun, Tungen,» Traun, Colowrad, Wurmband et d’un régi-» ment encore, dont le nom nous manque; il» y en eut beaucoup de tués; et cependant on fit» 4,000 prisonniers et on s’empara de 66 dra-» peaux ; un fai t aussi glorieux mérite d’être écrit» en lettres d’or dans les fastes prussiennes ( 2 ). »
Nous voyons, d’après cette description, quele général Gesler saisit en militaire savant,c’est-à-dire, dès qu’il aperçut de la confusiondans l’infanterie autrichienne, le moment d’en-gager sa cavalerie, et accorda par là, à ses pro-priétés, tous les avantages qu’elles possèdent.
Rapportons maintenant un exemple d’un ré-sultat diamétralement opposé à celui que jeviens de citer, et en développant les causesde la réussite de l’un et du revers si marquantde l’autre, tâchons de déduire un résumé dé-finitif des propriétés de la cavalerie de ligné.Prenons la bataille de Leipzig.
Les alliés venaient d’abandonner Wachau aupouvoir de leurs ennemis, qui poursuivaientleur succès avec énergie. Le prince de Wur-temberg qui s’était replié vers Gossa et quiétait beaucoup plus faible en infanterie cl enartillerie que ses adversaires, aperçu! bientôtune forte masse de cavalerie devant lui. Ellese dirige aussitôt vers Gossa, charge l’infan-terie des alliés qui s’était mise en mesure derecevoir le choc, et malgré l’impétuosité de lacavalerie ennemie, l’infanterie russe fait bonnecontenance et se maintient jdans sa position.Une partie de cette cavalerie parvient cepen-dant à franchir nos lignes et les charge à dos.La division légère de la cavalerie de la garderusse en souffrit, mais l’infanterie resta cepen-dant intacte.
Une masse assez respectable des ennemisconçut la témérité de se porter vers une élé-vation près de Gossa, où se trouvaient l’em-pereur de Russie et le roi de Prusse. L’empe-reur Alexandre ordonne aussitôt aux Cosaquesde la garde de charger, pour mettre fin à laconfusion que cette apparition spontanée de
tente que le roi accorda au régiment de dragons delîareulh. Comme elle est curieuse,sous beaucoup de rap-ports, je prends la liberté d’y fixer l’attention du lecteur.