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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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EXAMEN RAISONNÉ

ennemi triple en force. Enfin, vers ce temps,nous vîmes le corps du général Bulow débou-cher dubois et vers notre droite. Sa cavalerie,composée de 4 régiments ( 1 ), formée en co-lonne profonde par escadrons, marchait surson flanc gauche ( 2 ). C’est au moment où lecorps du général Bulow vint se ranger surnotre droite, et était déjà entré en ligue ( 3 ),que nous vîmes une masse assez imposante decavalerie se détacher de la ligne ennemie, sedébander sur un vaste front, et venir au pasvers notre première ligne , en se dirigeant surle flanc droit du corps du comte de Tauentzienet l’aile gauche de celui du général Bulow.

Le général Tauentzien envoie un escadrondu régiment des hussards noirs, qui formait latête de la colonne de cavalerie, pour recon-naître ce mouvement. Au moment où l’esca-dron prussien s’avance assez près pour pouvoirfaire une reconnaissance, le chef d’escadrondétache ses flanqueurs , qui s’avancent hardi-ment contre l’ennemi; mais à l’instant où ilsvoulaient en venir aux mains, la ligne déban-dée s’élance à bride abattue sur nos lignes debataille, se rassemble par masses informesdans les intervalles entre les bataillons, tra-verse nos deux lignes et revient nous attaquerà dos. Cette apparition subite d’une force decavaliers ennemis , assez téméraires pour fran-chir deux lignes d’infanterie, et la convictionde les avoir à dos ne manqua pas de produireune mauvaise sensation, car plusieurs batail-lons commencèrent déjà à se débander. Lecomte de Tauentzien, qui se trouvait près de

( 1 ) Les dragons de Brandembourg, ceux de la Heine,le lor régiment des hussards noirs et ies hulans de laPrusse orientale.

( 2 ) C’est à tort que l’auteur de la narration de cettebataille, que nous trouvons insérée dans un journalpériodique intitulé : Denkwiidigkclten für die Kricgs-kunst und Kriegsgeschichte, tom. vi, pag. 161, met lacavalerie du corps du général Bulow en position prèsde Woelmsdorff. Il n'y avait de ce côté que le régimentdes hussards de Poméranie, commandé par le colonelThumen, tandis que le réste de la cavalerie se trouvaitsur l’extrémité du flanc gauche, se joignant au 2“ ré-giment de réserve, commandé alors par le colonelCreilsheiin, et qui formait l’extrême droite du corpsdu général Tauentzien. Les notices que je couchaidans le temps sur le papier, en partie sur les champsde bataille et en partie tout de suite après les actions,m'offrent tous les moyens d’assurer le lecteur de la vê-

la colonne de cavalerie, employa aussilôttoutes les mesures nécessaires pour réparer lemal. Il détacha plusieurs escadrons des dragonsdu prince Guillaume et des hulans de la Prusseorientale, qui firent volte-face et entourèrentces ennemis isolés, dont nous finies prison-niers la plus grande partie.

Au moment où celte cavalerie était parvenueà percer à travers nos lignes, et y avait, il estvrai, produit momentanément une mêlée très-grande, car il était même difficile de recon-naître les amis d’avec les ennemis, si le ma-réchal Ney avait soutenu ce mouvement parun autre vigoureusement prononcé sur noslignes de bataille, il n’y a pas de doute qu’unepartie des corps du comte de Tauentzien et decelui de Bulow aurait fini par succomber à lacoïncidence de ces deux attaques, et la déban-dade qui avait commencé à se manifester dansplusieurs bataillons, aurait sans dotlle fini,pour ces mêmes bataillons, par une fuite dés-ordonnée. Ils venaient de perdre les vrais élé-ments de la résistance, l'ordre et la compacitédes masses. Mais le maréchal Ney se contentade nous canonncr un peu, et de loin, et donnaaux Prussiens le temps nécessaire de reprendrehaleine et de reformer leurs bataillons désor-ganisés, ainsi que leurs lignes de bataille.

Comme le mouvement de la cavalerie polo-naise n’a été qu’une opération partielle, onpeut le ranger dans la catégorie des mouve-ments faux ; mais s’il avait été soutenu commeil devait l’être, nous aurions pu nous convain-cre aisément que la célérité et la décision des

racité des faits que j’expose. Le lieutenant-colonelrlotho tombe dans la même erreur.

( 3 ) C’est aussi à tort que le même auteur fait précé-der l’arrivée et le déploiement du corps du généralBulow, par cette attaque de la cavalerie polonaise dontje veux parler. Elle n’a ni précédé, ni coïncidé, maiselle a eu lieu au moment où le corps du général Bulowfut déjà entré en ligne. Ce qui le prouve avec plus d’é-vidence encore, et comme le lecteur le verra par lasuite, c'est que la cavalerie ennemie fut vaincue pardes régiments qui appartenaient au corps du généralBulow. J’avais l’honneur de connaître plusieurs chefsde ces régiments de cavalerie, et je m'entretenais avecle comte Lottum, commandant alors les dragons duprince Guillaume, lorsque j’aperçus les hulans de I)om-browsky se détacher de la ligne ennemie. J’allai enavertir le comte de Tauentzien, que je trouvai près durégiment du colonel Creilsheim.