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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DES TROIS ARMES.

mouvements de la cavalerie légère peuventengendrer de grands résultats et servir ausside préliminaires à la victoire. 11 n’y avait paseu et il ne pouvait pas y avoir de choc collec-tif, car l’attaque a été faite en débandade ; maiscelte cavalerie légère, à l’instar des propriétésdes troupes légères, avait supérieurement Lienrempli son rôle : car celte manœuvre, quipouvait servir de rideau aux mouvements of-fensifs que les lignes de bataille des ennemisdevaient prononcer, facilitait,parle flottementque celte attaque avait déjà produit, le chocqui devait leur succéder. Il ne dépendait quedu maréchal Ney d’en profiter; il ne le fit pas, etne fut que trop cruellement puni pour cettenégligence. Il finit par perdre le moment op-portun qui pouvait décider de la victoire enfaveur des Français, ainsi que les 2 régimentspolonais qui s’étaient si généreusement sacri-fiés , dont une partie fut sabrée, et le reste faitprisonnier. Le nombre de ces derniers a étéde plus de 500 hommes montés.

Un exemple pareil nous démontre évidem-ment que, faisant abstraction des cas où lacavalerie légère combat en lignes et embrassepar conséquent le rôle de la cavalerie de ligne,sous le rapport du service des troupes légères,ses propriétés sont, dans beaucoup d’occasions,homogènes avec celles de l’infanterie légère,et que, dans une partie des occasions, on doitne l’envisager que comme arme de surveillanceet préparatoire.

La difficulté de son action est cependant su-bordonnée à beaucoup plus d’entraves quecelle de l’infanterie légère, à cause des grandesdifficultés que le terrain lui offre et que le ca-val ier ne peut pas toujours surmonter avec soncheval, et le peu de moyens qu’il possède depouvoir se couvrir à l’instar du tirailleur, parles avantages du terrain qu’il parcourt et d’entirer parti. Ces différents obstacles, qui entra-vent l’action préparatoire de la cavalerie lé-gère, doivent nous servir de raisons préremp-toires, pour ne nous porter que rarement, etdans des cas d’urgence seulement, à nous ser-vir de cette arme dans les batailles rangéesd’après les principes de l’action des tirailleurs,et si même l’occasion nous favorise, à entre-mêler de l’infanterie légère, pour accorder auxflanqueurs plus d’assurance et moins de dangerdans leurs mouvements offensifs.

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Mais, c’est surtout dans des expéditions loin-taines, dont les mouvements demandent de lacélérité, pour pouvoir tomber à l’improvistesur son ennemi, que la cavalerie légère dé-montre jusqu’à quel point cette arme est né-cessaire dans les armées. Une apparition subited’un détachement un peu nombreux, au mo-ment où l’ennemi n’a pas encore fait les dis-positions que les circonstances nécessitent etne se trouve pas en état de résister, a été plusd’une fois l’avant-coureur de la dissolution destroupes, comme de la paralysation des moyensde résistance.

A la bataille de Saint-Quentin, que le ducde Savoie gagna sur le connétable de Montmo-rency, ce dernier avait engagé son armée dansun défilé étroit, qu’il fallait traverser avant depouvoir mettre ses troupes en sûreté. Cetteimprudence n’échappa point à la connaissancedu duc de Savoie, qui assembla sur-le-champson conseil de guerre, pour déterminer le partiqu’il avait à prendre. Plusieurs officiers furentd’avis de laisser retirer le connétable; mais lecomte d’Egmont, général de la cavalerie, sou-tint qu’il était possible de l’entamer dans saretraite. Le duc de Savoie approuve le plandu comte d’Egmont et le charge de l'exécuter.D’Egmont s’avance à la tête de sa cavalerie; ilest suivi par le duc de Savoie qui conduit l’in-fanterie. Les Français n’étaient pas préparés àcette attaque, et furent mis aussitôt en dé-route. Le comte d’Egmont charge avec unetelle impétuosité, que le connétable ne put ja-mais parvenir à rétablir le combat. Il fut faitprisonnier avec ses deux fils. La perte desFrançais monta à 3,000 hommes tués et blessés,et à peu près 6,000 prisonniers.

A la bataille de Gembloux que don Juand’Autriche gagna sur les Flamands, ayant ap>-pris que ces derniers se repliaient sur Gem-bloux dans le dessein de s’y retrancher et seporter ensuite sur Bruxelles, il envoya Octavede Gonzague, commandant la cavalerie, avecordre de tomber sur l’arrière-garde des en-nemis. Gonzague se mit à la tête de la cava-lerie et atteignit les ennemis à Gembloux. Il yfut joint après par 1,300 hommes d’infanterieque le comte de Mansfeld envoya à son secours.

Les Flamands, rassemblés dans le villagede Saint-Martin, hâtaient alors les dispositions! de leur retraite. Ils marchèrent en trois divi-