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EXAMEN RAISONNÉ
aux différentes modulations do l’action de l’in-fanterie. Commence-t-elle à soutenir le combatavec moins de vigueur, c’est un relâchementdans sa contenance. Ses feux deviennent-ilsmoins nourris, l’ennemi prépare une partie descs troupes à la retraite, ou l’a même entre-prise. D’après des indices pareils, la cavalerieest à la veille du moment où son action devientindispensable : on doit donc la préparer enl’avançant d’après les principes que je viensd’énoncer, et rarement l’infanterie pourra, decette manière, échapper au sort cruel que, dansses moments de vacillation ou de rétrograda-tion, la cavalerie peut lui faire subir ;
4° D’avoir toujours pour la cavalerie des ré-serves qui, sous leur protection, puissent ourecevoir les troupes battues, ou achever ceque les premiers escadrons mis en action ontcommencé.
Rien de plus dangereux que d’engager lacavalerie sans lui accorder aucune réserve, etla bataille de Würzbourg nous en fournit unexemple. Rapportons à cette occasion la nar-ration de l'archiduc Charles lui-mème.
« La colonne des grenadiers, dit-il, arrivas enfin à trois heures après midi, et se mit en» bataille sur deux lignes à gauche de la cava-» lerie, et faisant face aux buissons de la ferme» de Retenhof, qui marquèrent le point d’at-» taque. La cavalerie s’ébranla pour chargerj dans le temps où les cuirassiers français» étaient encore occupés à former leurs rangs.» Le prince de Lichtenstein, à la tête de la» cavalerie légère, et soutenu par un régiment» de cuirassiers, tourna Euerfeld, et se porta» entre ce village et la ferme de Séligenstadt» dans le flanc gauche de l’ennemi. Cette ma-» nœuvre réussit ; la cavalerie française encore» immobile futculbutée; mais, ce qui ne manque» jamais d’arriver dans ces occasions, les vain-» queurs se trouvèrent aussi en désordre. Le» général Bonneau les fit charger à son tour» par une partie de sa grosse cavalerie à peine» développée, et les culbuta sur le régiment» de cuirassiers qui suivait en colonne, qui» céda de même au choc des Français, s
Mais ayant démontré, par l’exemple que je
( 1 ) « La fermeté, dit le comte de Bismark ( Système» des Tirailleurs de cavalerie, pag. 157), doit être» quelquefois prisée plus haut que le courage. La
viens d’offrir, tous les dangers imminents aux-quels on s’expose lorsque, dans les momentsoffensifs , on ne possède pas de réserve, en re-prenant la narration que je viens d’interrom-pre, démontrons jusqu’à l’évidence tous lesavantages qu’on retire d’une réserve qu’onemploie à propos.
« Un autre régiment détaché de la ligne au-» trichienne, ajoute-t-il, cherchait à gagner» la droite de la cavalerie française, pour se-» conder l’attaque de la gauche ; ce corps tomba> sous le feu de l’infanterie qui partait des» buissons, et quelques escadrons des cuiras-» siers ennemis, profilant d’un moment d’hé-» sitation, le ramenèrent promptement. Enfin,» toute la cavalerie française étant aux prises,j» le désordre de la mêlée ne tarda pas à s’y«répandre. Les Autrichiens, au contraire,» avaient encore en réserve douze escadrons de» cuirassiers qui, les rangs serrés, s’avançaient» au trot. Arrivés à la portée du pistolet, ils« se précipitèrent sur celle cavalerie, l’enfon-i cèrent et la mirent en fuite. Toutes les» peines que Bonneau et le général en chef se» donnèrent pour l’arrêter, furent inutiles;» elle ne se rallia que fort en arrière du champ» de bataille. »
Dans les combats de la cavalerie, commedans tous les engagements, nous pouvons doncdire que celui qui engage le dernier sa réserve,est aussi celui qui possède, le plus de probabi-lités pour la victoire.
Si la supériorité de la tactique repose sur lerassemblement d’une grande masse pour l’ac-tion, l’heureuse issue d’une bataille dépendaussi quelquefois de l’adresse avec laquelle onsaura porter vers le point décisif, une masseplus grande ou plus fraîche que l’ennemi nepeut en développer.
On peut poser en principe que la premièrecharge rapporte rarement un résultat décisif.Si le choc se fait, le même désordre se mani-feste dans les deux troupes assaillantes, et, parconséquent, le succès ne peut pas être tou-jours complet. On se sabre pendant un-certaintemps, et c’est au parti qui a le plus de persé-vérance qu’appartient souvent la victoire (t).
« persévérance rend souvent possible une chose qui» devait succomber sous la force momentanée des» armes. »