DES TROIS ARMES.
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Mais si dans cette mêlée il survient un parti decavalerie qui charge avec ordre et vigueur, ilconservera une supériorité marquée, et il luiappartiendra de décider de l’issue de l’enga-gement.
Après un choc, supposant même que le ras-semblement de la cavalerie se fasse avec lavitesse et la précision nécessaires, il vautmieux ne jamais employer les mêmes escadronsà une nouvelle charge, mais en assigner l’exé-cution aux réserves. Cependant, comme, il ar-rive des cas où il n’y a que des chocs répétésà plusieurs reprises, qui puissent ébranler l’en-nemi , il est indispensable de calculer, d’aprèsla force de l’ennemi, le degré de résistancequ’il pourra opposer, la disposition qu’on doitaccorder à la masse de cavalerie, et quelque-fois , à l’exception de la réserve sans laquelleelle ne doit jamais entreprendre de mouve-ments offensifs, lui accorder encore, si lesforces y suffisent, une seconde ligne dont lesoin sera :
1° De recevoir après le choc sous sa protec-tion les escadrons rétrogradants de la premièreligne, et pour que ce passage de la premièreligne à travers la seconde ne soit pas au détri-ment de cette dernière, lui accorder des inter-valles assez grands pour que l’écoulement destroupes se fasse avec aisance ;
2° De chercher à augmenter le flottementque la première ligne aura produit dans lesrangs ennemis, et apprêter par là à la réserve(si toutefois son choc devient encore néces-saire) une victoire facile et non douteuse;
5° De déborder les flancs des ennemis.
A la bataille de Kaiserslautern, que le ducde Brunswick gagna sur le général Hoche,le 50 novembre 1795, le général Kospoth, àla tète de 3 bataillons et 8 escadrons, s’étaitmis en marche de Schelodenbach par Schnec-kenhausen vers Sambach. Le bois qu’il avait àfranchir fut bientôt purgé par l’infanterieprussienne, elle colonel Blücher(i), à la têtede 7 escadrons, devançantla colonne principale,le franchit aussitôt. Il trouva en débouchant2 à 3 régiments de cavalerie française, aveclesquels il était indispensable de se mesurer.Blücher forma sa cavalerie en deux lignes,dont la première possédait 4 escadrons, et
0) Plus tard maréchal et prince de Wahlstadt.
la seconde 5. Ces derniers étaieut formésavec des intervalles assez larges, couvraientles deux flancs de la première ligne, et lui ser-vaient de replis. 11 attaque aussitôt, à la tètede la première ligne ; mais il est repoussé et sereplie derrière la seconde pour se reformer.Ayant réorganisé ses escadrons, il attaque uneseconde fois, en enjoignant aux escadrons dela seconde ligne de prendre l’ennemi dans lesdeux flancs, et parvient, par celte double atta-que, à le mettre totalement en déroute.
Au contraire, dans tous les cas où l’onattaque en plusieurs lignes, si le chef quicommande la cavalerie a l’imprudence de nepas accorder d’intervalles à la seconde pourl’écoulement de la première, une dispositionaussi vicieuse ne peut qu’entraîner dans desdéroules désastreuses. A la bataille de Seneff,au moment où le comte de Mortal s’empara duvillage de Seneff, le prince de Condé fit char-ger la cavalerie ennemie qui se trouvait vis-à-vis de lui; il se mit lui-même, accompagné deson fils, à la tête delà maison du roi. Le princed’Orange avait formé sa cavalerie sur troislignes et sans intervalles, pour l’écoulementdes vaincus. Le choc s’exécute; la premièreligne des confédérés est renversée sur la se-conde, les deux premières sur la dernière, etle tout ensemble poussé jusque près de Saint-Nicolas-au-Bois, laissant un grand nombre demorts et de blessés sur le champ de bataille,ainsi que beaucoup de prisonniers et de tro-phées entre les mains des Français.
Cependant, lorsque la cavalerie a essuyé unéchec, il est toujours moins sûr de la reformersous la protection de la même arme. Il vautmieux, si la chose est possible, la rallier der-rière l’infanterie qui possède toujours plus demoyens de résistance. Le principal, dans uncas pareil, est de retenir l’ennemi pendant queles escadrons battus se réorganisent. Si on aaffaire à un ennemi intelligent et impétueux,qui faitsuccéder ses attaques sans interruption,et*que, par quelque accident qu’il est souventdifficile de prévenir, les escadrons de la se-conde ligne, sous la protection desquels ceuxde la première doivent se reformer, se trouventrenversés aussi, alors la mêlée devient si grande,qu’il y a toujours une très-grande difficulté àmettre de l’ensemble dans l’action. S’il se trouvedonc de l’infanterie dans la proximité du champ
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