DES TROIS ARMES.
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et la victoire, longtemps disputée, resta ce-pendant aux Prussiens. Les dragons françaisrepoussés viennent se reformer sous la protec-tion de l’infanterie du général Marchand, quiparvint à arrêter la fougue impétueuse desvainqueurs.
Au combat de Fuenlèsde Honor aussi, pen-dant que le général Junot s’emparait du villagePoza-Velha , la cavalerie française attaquaitcelle des ennemis, et la chargea avec tantd’impétuosité qu’elle la mit tout à fait en dé-roule. Celle-ci se replie dans les intervallesderrière l’infanterie, qui dirige un feu biennourri contre les assaillants, et parvient à ar-rêter leur mouvement offensif.
Lorsque la cavalerie a reçu un échec, ouque même, après un choc heureux, elle setrouve forcée de se réorganiser, comme elle nepeut être employée qu’off'ensivement, et que ,pour pouvoir rentrer en lice , il faut que lesescadrons soient reformés, il est indispensableque l’infanterie, soutenue par l’artillerie, sousla protection de laquelle la cavalerie ira sereformer, retienne assez longtemps l’ennemipour accorder à cette arme le temps nécessairepour entrer en lice.
Ayant abondonné au chef de la cavalerie lesoin de réorganiser ses troupes, le général quicommande l’infanterie qui aura servi d’égide,devra porter un œil attentif sur son ennemi etcalculer, d’après ses actions, les mouvementsque les circonstances nécessiteront, en n’ou-bliant pas que la cavalerie ne gagne pas lesbatailles, mais ne fait que les compléter.
Si cette arme a été rejetée, cet échec prouveque l'ennemi est encore assez fort pour pou-voir résister, et que l’action antérieure desarmes n’a pas encore été assez décisive, c’estdonc à l’infanterie à reprendre et achever uneaction qui n’a été que suspendue.
Dans tous les cas, il faut défendre aux esca-drons qu’on aura employés pour le choc, des’abandonner à une poursuite désordonnée ;car quoiqu’un choc ait aussi bien réussi qu’ilsoit possible de le désirer, il est impossibleque l’ordre s’y maintienne. II suffit que le chocait eu lieu effectivement ( 1 ), pour que la dés-ir) « Depuis que Seydlitz est enterré, dit le comte de» Bismark ( Système de Cavalerie, pag. 255 ), le vrai» choc est devenu plus rare. On parle et on écrit beau-
organisation s’en suive. C’est donc à des esca-drons bien formés et non fatigués qu’on assi-gnera le soin de poursuivre un ennemi battu.Mais comme dans ces sortes de poursuites, onest souvent dans le cas de se battre alternati-vement en débandade et en ligne, action quitombe dans le domaine de la cavalerie légère,je m’abstiendrai de raisonnement à ce sujetjusqu’au moment où je serai parvenu à l’actionde la cavalerie légère.
Ayant maintenant énuméré les differentespropriétés de l’action de la cavalerie, je croispouvoir procéder à la discussion des differentschocs, ainsi que des occasions où ces chocspeuvent être avantageux.
D’après le comte de Bismark, le choc de lacavalerie peut s’exécuter de quatre manièresdifférentes, et qui sont :
1° La charge en ligne droite;
2° La charge en ligne oblique;
3° La charge en colonnes;
4° La charge en échelons.
Discutons chacun de ces quatre chocs sépa-rément, de leurs propriétés, ainsi que des casoù ils peuvent être employés avec avantage.
Le choc en ligne droite ou parallèle, et danslequel les escadrons qui la forment étant rangéssur la même hauteur, commencent leur mou-vement dans le même temps, avec les mêmesallures, et procèdent par conséquent au chocdans le même instant, doit nécessairement pos-séder une force collective beaucoup plus grandeque celle des lignes où les escadrons qui la for-ment ne s’engagent que successivement. Commela force du choc en est aussi une des vertus lesplus grandes, la charge en ligne droite devraitêtre aussi la plus avantageuse. Mais les cas oùon emploie la cavalerie étant différents et de-mandant des dispositions différentes aussi, cechoc, tout efficace qu’il peut être, ne, pourraitcependant pas être employé dans tous les casavec le même avantage.
Pour qu’une charge en ligne parallèle soitfaite avec quelque probabilité de succès, leprincipal est de conserver à la ligne son aligne-ment, et aux escadrons la contiguïté des rangs.Il faut donc l’employer dans les cas où l’en-
» coup du clioc ; ruais la plupart des charges de cava-» lerie sont si faiblement exécutées, que rarement elles» méritent la dénomination de choc. »