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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DES TROIS ARMES.

A mon avis, si ce genre de choc peut réus-sir, c’est plutôt contre la cavalerie que contrel’infanterie ( 1 ) ; car la première, comme je l’aidit plus haut, étant justement l’arme qui nepeut nuire que lorsqu’elle en vient au mains,si même le premier escadron a été repoussé,il faut seulement qu’il rompe à droite et àgauche, alin de démasquer le second; mais dumoins les escadrons qui suivent le premiern’ont pas l’inconvénient de trouver la plainequ’ils doivent parcourir encombrée d’hommeset de chevaux.

A la bataille de Mollvitz dont j’ai eu l’oc-casion de parler, le général Rœmer attaqua lesPrussiens en colonne par escadron, et si le lec-teur objecte, que ce n’est pas tant l’efficacitédu choc de la colonne contre la cavalerie, maisla position vicieuse des Prussiens, qui prê-taient le flanc gauche aux ennemis, qui a étéla cause de cette victoire, je veux bien le luiaccorder; mais je prendrai la liberté d’y ajou-ter que, si le général Rœmer avait aperçu queles troupes qui se rapprochaient du village deHermsdorf étaient de l’infanterie, pour êtretout à fait sur de sa victoire, il les aurait peut-être chargées en ligne parallèle et non encolonne.

Au combat de Fère-Champenoise, le généralLatour-Foissac nous offrit aussi le même exem-ple. Le comte de Pahlen venait d’enfoncer lecentre de la ligne de cavalerie ennemie, formépar les cuirassiers du général Bordesoult. Legénéral Belliard accourt de la gauche avec lesdragons du général Roussel, et essaie de pren-dre celle charge en flanc; mais se voyant sur lepoint d’être débordés, ceux-ci font volte-face,et ne se rallient que derrière la division dugénéral Merlin, qui fait exécuter par le géné-ral Latour-Foissac, à la tète du 8 e de chasseursà cheval, une charge en colonne par escadronqui arrêta momentanément l’impétuosité de lacavalerie des alliés.

Lorsqu’il s’agit d’attaquer de l’infanterie, jecrois que nous parviendrons toujours beaucoupplus facilement à notre but, si nous nous ser-vons du choc en échelons. Celte charge pré-sente le triple avantage :

l°Que les escadrons ne trouvent pas, comme

(i) Ou bien contre une infanterie qui, par quelqu’ac-eident, ne peut pas se servir de ses armes.

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dans la charge en colonne, le lorrain qu’ilsdoivent parcourir, encombré d’hommes el dechevaux ;

2° M'engageai! I ses escadrons que successi-vement, la cavalerie ne risque pas d’être bat-tue en masse ;

3° Les escadrons rangés à des distances peufortes, la charge des premiers escadrons irachoquer à peu près le même résultat que lacharge en colonne, sans courir cependant lesmêmes dangers.

Dans les momentsde rétrogradation surtout,la disposition en échelons de la cavalerie quisera désignée pour couvrir la retraite, peutrapporter de très-grands avantages, ce dontj’aurai l’occasion de parler plus bas.

De tous les chocs, le plus efficace est doncle choc en ligne droite ou parallèle, il rassem-ble en lui, la force, la vigueur, l'ensemble etla facilité des mouvements, quatre préroga-tives qui suffisent pour rendre une chargeparfaite.

Le choc en colonne est celui qui réussit lemieux contre la cavalerie.

La disposition de la cavalerie en échelonsrenferme deux vertus ; celle d’offrir des chargesavantageuses contre l’infanterie, et d’être unedisposition efficace pour couvrir un mouve-ment rétrograde. Dans le fond, cette chargeest la même qu’en ligne droite ou parallèle;mais les escadrons en ne s’engageant que con-sécutivement , la force totale du choc dans lemoment ne possède ni la même vigueur, nila même force, et par conséquent ne peut pas,dans les moments décisifs, produire d’aussigrands résultats. Mais si celte disposition nepossède pas pour le choc toutes les vertus deslignes parallèles, comme disposition stralagë-matique elle aura toujours de grandes préro-gatives.

Ayant énuméré les différentes propriétésdes chocs, les différentes manières de charger,les cas où ces charges peuvent être employéesavec avantage, ainsi que les meilleurs moyensd’ébranler l’infanterie avant qu’on ne dirigecontre elle l’attaque, procédons à l’action dela cavalerie, provenant des différents cas oùelle peut se trouver par rapport au genre decombat que l’arme à laquelle elle se trouveréunie est dans le cas de soutenir.

L’action de la cavalerie ne s’étend pas comme