DES TROIS ARMES.
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Dennevitz, la cavalerie légère des Prussiens fitun butin immense. Si après la bataille de Leip-zig, les alliés, qui avaient une nombreuse et sibelle cavalerie, eussent détaché 10,000 che-vaux pour poursuivre l’armée battue de Napo-léon, il est probable qu’elle n’aurait pu atteindreHanau qu’avec un noyau insignifiant, et que lemaréchal Wrède serait facilement venu à boutde dompter.
Le service de la cavalerie légère est telle-ment compliqué, que pour ne pas abimercettearme, il est indispensable que le chef qui lacommande prenne soin de faire souvent releverles escadrons actifs par d’autres tirés du corpsde bataille, qui possèdent le temps nécessairepour bien nourrir et soigner leurs chevaux;car nous fa voyons agir :
1° Aux avant-postes;
2° Aux piquets;
5° Aux grand’gardes ;
4° Dans les patrouilles;
5° Dans les reconnaissances;
6° Dans les escarmouches ;
7° A l’avant-garde ;
8° A l’arrière-garde ;
9° Dans les batailles.
Quoique dans les trois premiers services, lescavaliers soient quelquefois plus passifs qu’ac-tifs, les hommes et les chevaux, obligés d’êtretoujours habillés et sellés, ne s’en fatiguent pasmoins par l’état de gène dans laquelle ils setrouvent, et le manque de temps de se biennourrir et d’avoir soin des animaux.
Dans les six derniers cas, son activité doitêtre non interrompue, et sa persévérance,sonadresse, son attention ainsi que son courage,sont mis à une épreuve très-difficile. Furetantavec intelligence et patience, elle doit tout dé-couvrir d’avance et en instruire les troupes quimarchent sous sa protection. Voltigeant avecadresse, n’abandonnant sa proie qu’au momentoù elle l’aura fatiguée, elle facilitera les succèsde l’arme qui devra porter les coups décisifs.Elle doit être aussi la terreur du repos descamps, comme le fléau des troupes qu’elle sur-prendra en rase campagne.
Une description pareille lui accordant unesorte de prépondérance pour l’action prépara-toire , ne nous autorise cependant pas à aban-donner la cavalerie légère à sa propre forceimpulsive; mais pour alléger son service et le
rendre moins difficile, nous oblige au contraireà la soutenir et à la faire combattre aussi sousla protection des autres armes, et surtout del’infanterie. Le terrain offre souvent à son ac-tion tant d’entraves à subjuguer, et qu’elle n’estpas en état de surmonter à elle seule, qu’il nousmène involontairement au désir de la voir con-tinuellement dans son action, associée à de bonstirailleurs.
Comme le mouvement de marche de l’infan-terie; est trop lent pour suivre la cavalerie dansses rechercerches et ses différentes actions,pour obvier à cet inconvénient, on accédera àl’organisation des tirailleurs de cavalerie, dontle comte de Bismark nous a développé l’orga-nisation, les propriétés et l’action (i). Soutenuepar une institution pareille, une troupe de ca-valerie qui se trouverait séparée des autresarmes serait déjà en état de franchir plus d’unobstacle, qu’il lui serait cependant impossiblede surmonter si elle ne possédait pas quelquescavaliers qui puissent mettre pied à terre etfrayer le chemin d’un défilé, d’un pont, etc.
« Les tirailleurs, dit le comte de Bismark ( 2 ),» peuvent se battre sur tous les terrains et contren chaque arme ; et quoique les engagements à» pied soient devenus maintenant plus rares,» ils ne sont cependant pas tout à fait exclus,j> et les tirailleurs doivent absolument y être» exercés. »
D’après l’organisation et l’éducation que lecomte Bismark accorde à ses tirailleurs, nousreconnaissons le type d’après lequel ceux del’infanterie ont été institués, avec cette diffé-rence que ceux de la cavalerie conserveront laprérogative de la célérité sur ceux de l’infan-terie. Un cas épineux, où la vitesse pourraitavoir une grande influence , démontrerait toutde suite la prépondérance des premiers sur lesderniers. Puisse seulement la perfection qu’oncherchera à accorder à leur éducation égalerl’utilité de leur institution!
C’est surtout dans les mouvements rétro-grades de la cavalerie, mouvements si épineuxpour cette arme, que ses tirailleurs lui rendrontde très-grands services, en retenant l’ennemiet donnant aux troupes rétrogradantes le tempset les moyens de prendre une nouvelle posi-
(i)i SchiUzen-Syslem dcr«c«(creÿ,Stuttgardt,1824,
{ï} Idem .