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EXAMEN RAISONNÉ
tion en arrière, et d’y ordonner les escadrons.Que la cavalerie se retire en échelons ou enéchiquier, il est toujours indispensable de cou-vrir la rétrogradation, pour que l’ennemi nepuisse pas attaquer la partie rétrogradante dansun moment où son mouvement lui donne tantde désavantage.
Dans la retraite èn échiquier surtout, danslaquelle la ligne rétrogradante n’ose pas s’a-bandonner à un mouvement trop accéléré, pourne pas fatiguer les chevaux, les tirailleurset la cavalerie légère en général ( 1 ), doiventchercher, pendant tout le temps que la pre-mière ligne rétrograde à travers la seconde, ettourne par conséquent le dos à son ennemi, etque celle-ci emploie à se mettre en mesure decombattre son ennemi, en voltigeant sur sesflancs et l’agaçant en front, à le faire craindrepour ses derrières, et chercher à paralyser ladécision des mouvements des assaillants.
Une armée qui posséderait une cavalerie lé-gère habile à agacer et fatiguer son ennemi, età paraître avec la rapidité de l’éclair sur lesflancs et à dos de ses adversaires, pourrait,dans beaucoup d’occasions, désespérer facile-ment son ennemi. L’infanterie serait la seulearme qui conserverait sa prépondérance enconsèrvant sa formation des masses défensivescontre la cavalerie, tandis que l’artillerie per-drait beaucoup de son assurance, si une chargeque la cavalerie se proposerait de faire en frontétait précédée par un mouvement offensif d’unecavalerie légère bien aguerrie, possédant ausuprême degré le talent d’exécuter des mou-vements de conversion autour des ailes desbatteries.
L’apparition subite de flanqueurs, qui à unecertaine distance se détacheraient de la ligneattaquante, suffirait pour obliger une batterieà changer de position ; mais pour une bonnecavalerie qui s’avancera avec franchise, il nefaut quelquefois, pour s’emparer delà batterie,que le temps que les artilleurs emploierontpour mettre les pièces sur les avant-trains, etse retirer pour prendre une autre position.
La cavalerie légère, en couvrant la retraited’une armée battue , peut aussi, en donnant
(î) Le comte de Bismark exige entre les tirailleurs etla cavalerie à laquelle ils appartiennent, une proportionde un à cinq.
l’alarme par des attaques inopinées , tromperson ennemi, lui faire craindre quelques mou-vements, et en l’obligeant à se mettre en me-sure de recevoir et de s’opposer aux insultesdes adversaires, faire gagner à l’armée rétro-gradante assez de temps pour opérer la retraite.Pendant le mouvement rétrograde des Françaisdepuis le champ de bataille de La Rothière, oùils venaient de perdre une bataille rangée, etles défaites du corps du duc de Raguse à Ro-nay, et les combats livrés à Saint-Thiébault etau pont de Cderey, Napoléon, qui venait deprendre position à Troyes, pressé sur sa droitepar le corps du comte de Colloredo et la divi-sion légère du prince Maurice de Lichtenstein,et en front par la majeure partie de l’arméedes alliés, se vit obligé d’abandonner Troyespour se replier sur Nogent. Le 6 février, toutel’armée française commença son mouvementrétrograde, et il ne resta à Troyes, pour cou-vrir la retraite, que le duc de Trévise avec ladivision Michel, la garde de Paris, aux ordresdu général Gérard, et les dragons du généralBriche.
Le prince de Schwarzenberg, qui était dé-cidé à attaquer l’ennemi le 7, lit venir le corpsdu comte de Wiltgenstein à Piney. Le comtede Pahlen, après avoir laissé un détachementà Arcis, pour observer l’Aube, se dirigea parChaumont sur Méry, et le prince de Wurtem-berg s’avança jusqu’à Laubrcssel. Le duc deTrévise, qui était au moment d’être attaquépar des forces bien supérieures, auxquellesmême la masse primitive de l’armée françaiseaurait été obligée de céder, avait à cœur deprotéger la retraite des troupes rétrogradantes.Pour leur faire gagner quelques moments pré-cieux en faisant perdre du temps aux alliés, ilfait courir des patrouilles de cavalerie légèrevers Luzigny, et attaque leurs avant-postesavec les dragons du général Briche, sur laroute de Bar-sur-Seine, près de Courgerenne ;le stratagème réussit complètement, et le princede Schwarzenberg, s’attendant à être attaqué,perdit un temps précieux pour se mettre enmesure de s’opposer aux ennemis. Les Fran-çais en profitèrent pour atteindre Nogent.
L’action de la cavalerie légère, en se déban-dant , peut embrasser une si grande étendue deterrain, la vélocité de son mouvement lui of-frant les moyens d’échapper avec rapidité aux