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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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EXAMEN RAISONNÉ

CHAPITRE IV.

1)E L’AKTILLERIE.

SECTION PREMIÈRE.

CARACTÉRISTIQUE DE L’ARTILLERIE.

Depuis que le moine Roger Racon eut devinéla détonation du soufre, du nitre et du char-bon ; que Berthold Schwartz nous eut donnéles premiers développements de cette inven-tion; que, plus tard, on l’eut adaptée aux bou-ches à feu , et la science de l’artillerie au cal-cul mathématique, l’art militaire subit detrès-grands changements. Le jet des projectilesétant devenu susceptible de se régler à unetrès-grande étendue et à un calcul plutôtexact que variable, nous vîmes une grandepartie des probabilités sujettes à de grandsdoutes, se transformer en résultats moins hy-pothétiques. Les guerres reçurent un caractèreplus décisif, les résultats en devinrent plusprompts; mais en revanche elles furent aussiplus sanglantes.

La première idée de cette invention remonteau commencement du treizième siècle; mais,malgré toutes les recherches les plus scrupu-leuses, elles ne nous offrent, pour la décou-

( 1 ) Villaret, dans son Histoire de France depuisl’établissement de la monarchie jusqu’au règne deLouis XIV, nous rapporte qu’il existait à la chambredes comptes en France un registre de l’année 1538,par conséquent huit ans avant la bataille de Crécy,

verte de son principe , que des doutes qui seperdent dans les ténèbres de l’antiquité. LesFrançais, qui firent des progrès si rapidesdans toutes les parties des sciences exactes, nenégligèrent pas la chimie, et le comte de Ber-thollet, en augmentant la promptitude de l’in-flammation de la poudre et son degré de force,donna à son invention une teinte de perfectionqu’elle ne possédait pas encore.

L’art de se servir delà poudre pour le jet desprojectiles ne remonte cependant qu’au com-mencement du quatorzième siècle, et ce n’estqu’en 1330 qu’on se servit d’armes à feu dans lesguerresque VeniseetGènes ont soutenues. Mais,en nous rendant à l’assertion de l’auteur duGrand Théâtre historique, il faut faire remon-ter l’usage du canon à une époque plus anté-rieure encore. Il nous assure qu’en 1703, onvoyait à Amberg un canon qui avait été couléen 1303. Si, au contraire, le témoignage deVillani, que Mézeray nous a rapporté, est di-gne de foi, ce n’est qu’à la bataille de Crécy,qu’Édouard III gagna sur Philippe de Valois(année 1346), que les bouches à feu figurèrentpour la première fois (i).

dans lequel un certain Rarthélemy de Drach, tré-sorier des guerres, faisait état de l’argent donné àHenri de Famechon pour avoir poudre et autreschoses nécessaires aux canons qui étaient devantGuillaume.