DES TROIS ARMES.
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et suivi d’une mêlée dans laquelle l’artillerieà cheval peut être perdue, sans que sa présencepuisse être de quelque utilité (î), mais oùl’arme blanche doit décider du succès, l’artil-lerie à cheval a conquis, à force de travaux,de hardiesse, d’effets surprenants, et surtoutpar le caractère de décision qu’elle imprimaaux manœuvres de la cavalerie, le rang élevéqu’elle occupe maintenant dans la tactiquedes armes.
En accompagnant la cavalerie de réservedans les chocs vigoureux qui complètent lesvictoires, si l’artillerie à cheval remplit bienson devoir et augmentele flottement des lignesde bataille, ou les entame, elle doit, et avecjustice, recevoir le premier rang parmi lesarmes préparatoires; elle doit d’autant plusjouir de celte prérogative, que les dangers àla merci desquels elle se trouve en butte, ainsique la grande difficulté de bien remplir son de-voir, en précédant une arme dont les mouve-ments sont aussi impétueux que ceux de la ca-valerie, lui inflige une tâchedontles difficultéss’augmentent souvent par la position de l’en-nemi, la disposition de ses troupes, et lesressources qu’il peut puiser dans ses forcesphysiques.
Mais en préparant les moments opportunspour le choc de la cavalerie, et le facilitantaussi en produisant du flottement dans lesmasses que cette arme se propose de choquer,l’artillerie à chevaine borne pas là les servicesefficaces qu’elle est en état de lui rendre. Aumoment où la cavalerie s’est élancée pour fon-dre sur son ennemi, l’artillerie à cheval peut,en prenant une position avantageuse, proté-ger aussi son ralliement. Pourvu que la cava-lerie possède à un degré un peu élevé le talentde se rallier en s’écoulant derrière les bouchesà feu qui devront être préparées pour recevoirles vainqueurs avec des cartouches à balles,elle pourra avec facilité, par des coups biendirigés, arrêter l’impulsion des assaillants etles empêcher de poursuivre leurs succès. Laréserve de cavalerie cependant, sans trop sepresser dans ses mouvements offensifs , devrasonger avant tout à défendre les artilleurs,si, emportés par une fouge trop impétueuse,
(i) Ce qui prouve que les propriétés offensives de l’ar-tillerie à cheval ne sont que temporaires.
les vainqueurs se jetaient sur les servants despièces.
Quoique nous envisagions l’artillerie à che-val comme un accessoire qui rend les chocs dela cavalerie moins douteux, et qui peut aussilui servir d’égide protectrice dans des momentsd’échecs, il ne faut pas cependant étendre lacombinaison de ces deux armes à tous les casindistinctement. Ce serait, au contraire, ravirà la cavalerie celte assurance morale qui re-hausse toujours les verlus de chaque arme. Unabus pareil ferait tort aux deux armes, en ren-dant l’une craintive toutes les fois qu’elle se-rait abandonnée à son unique impulsion, et enfatiguant l’autre au point de la rendre incapa-pable d’être longtemps utile.
Plus une arme est utile et susceptible deproduire de grands effets, plus il faut la ména-ger, jusqu’au moment de la décision. Gardons-nous donc de faire reposer les succès de tousles engagements partiels que la cavalerie peutêtre dans le cas de soutenir dans le courantd’une bataille, sur l’artillerie à cheval ; ména-geons-la plutôt pour quelque grand coup, etallachons-en la majeure partie à la cavaleriede réserve, dont le rôle nous est déjà connu,et ne la faisons agir que lorsque sa coopérationdevient indispensable et peut produire ungrand effet.
La cavalerie cependant n’est pas la seulearme dont l’artillerie à cheval rende la forceplus positive et les effets plus efficaces, cettearme peut rendre les mêmes services à l'infan-terie , en la secondant dans ses chocs. Ces cassont plus rares, sans doute, mais ils ne sontpas sans exemple, et c’est en parvenant à l’ar-ticle de la combinaison de l’action des troisarmes que je me propose d’en parler.
D’après tout ce que je viens de dire sur lespropriétés de l’artillerie à cheval, il est aisé dese convaincre, qu’une de ses plus grandes ver-tus est celle de rehausser et rendre plus posi-tive la force des deux autres armes. Nous enconclurons donc, qu’une de ses grandes proprié-tés s’évanouirait si elle ne savait pas manœu-vrer au suprême degré avec l’infanterie et lacavalerie. L’artillerie ne pouv ant jamais gagnerde bataille, elle doit du moins par des manœu-vres bien exécutées, seconder efficacementl’arme qui remporte les victoires et celle quiles complète.