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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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EXAMEN RAISONNÉ

d’Àugereau essuya une vive résistance, et neput jamais déboucher. Les généraux qui setrouvaient avec cette division, pénétrés del’impcrtancedu passage, se portent eux-mêmesen avant, et plusieurs, comme Lannes, Verdier,Bon e. Verne, victimes de leur généreux dé-voilaient, sont aussitôt mis hors de combat,sans cependant pouvoir réussir dans leur pro-jet. Aigereau lui-même se précipite à la tètedu poat ; mais tous ses efforts sont vains, le feumeurtrier des ennemis accablait les pelotons dela tète de la colonne, toutes les fois qu’ils ve-naient à portée.

Unecliec pareil engagea Bonaparte à envoyerla brigade du général Guyeux vers Albaredo,avec lordre d’y passer l’Adige au bac, afin detourner Arcole, tandis que lui-même il essayaencore une fois un assaut sur le pont. L’ennemivenait de renforcer son artillerie et ses troupes,etoppisa une résistance plus opiniâtre encore,tandis que les Français se trouvaient dans l’im-possiblité de lui opposer des batteries équi-valentes, à cause du terrain marécageux de larive droite de l’Alpon, qui ne permettait pasl'emplacement des bouches à feu.

Dans ce nouvel assaut, le général Vignollesfut blessé, etMuiron, aide de camp du généralen chef, resta parmi les morts. Cet essai fut ledernier de la journée du 15, et il fallut se re-tirer, et attendre le résultat de l’attaque de labrigade Guyeux. Les Français revinrent surla rive droite de l’Adige, tandis que les 12 eet 75 e demi-brigades furent laissées en obser-vation sur la rive gauche.

Le 16 novembre, Bonaparte renouvelle lecomba. : il fait repasser l’Aelige aux divisions,qui reicontrenl l’armée autrichienne en mar-che dePoreil et d’Arcole, pour attaquer le pontde Roaco. La cavalerie autrichienne se portasur Are oie, tandis cju’une autre divison fut di-rigée vers Albaredo, pour y défendre le pas-sage de l’Adige. Masséna repousse encore unefois les ennemis vers Porcil, et Augereau lesrejette sur Arcole; mais la même scène recom-mence sur le pont, et les mêmes difficultés lesy altenlent. Ils font des pertes considérables,sans pouvoir parvenir à avancer.

Enfin, Bonaparte se résout à faire jeter unpont de fascines au delà de l’Alpon, vers sonembouchure. L’ennemi le prévint dans cet en-droit aissi, et un feu meurtrier d’artillerie dé-

concerta tous les projets. Pendant qu’on sedisputait le passage de l’Alpon à Arcole et versson embouchure, Alvinzi avait fait filer soncentre de Bonifacio par la rive droite de l’Al-pon vers Arcole ; mais heureusement pour lesFrançais, Bonaparte fut prévenu de ce mou-vement, et fit avancer 4 pièces d’artillerie lé-gère dont le feu arrêta l’ennemi.

La nuit survint, et on en était au même pointque la veille; Bonaparte relira ses troupes, etles plaça dans la même position sur les deuxrives de l’Adige. Cette nuit fut employée à faireles préparatifs nécessaires pour jeter un pontvers l’embouchure de l’Alpon.

Le 17, les Français reviennent pour la troi-sième fois à la charge; mais au moment où ilsvoulaient franchir le pont de l’Adige, un desbateaux s’enfonça. Les Autrichiens, en mêmetemps, s’avançaient pour attaquer la brigadechargée de la défense du pont, qui se trouvaitsur la rive gauche, lorsque l’artillerie française,placée sur la rive droite, fit un feu si meur-trier, en les prenant d’écharpe, qu'elle parvintà les arrêter.

Pendant ce temps, le pont fut réparé, et lestroupes françaises le franchirent. Cette fois-ci,Masséna ne se porta qu’avec une partie de sadivision vers Porcil, tandis que l’autre restaentre ce dernier endroit et Arcole.

La 32 e demi-brigade fut embusquée dans 1ebois, à droite de la digue. La 18 e légère futplacée en bataille près du pont de l’Adige ; legénéral Robert, avec la 73 e , prit position aucentre devant Arcole. La division Augereaufut désignée à franchir l’Alpon vers son em-bouchure.

Le général Robert, qui avait attaqué les Im-périaux près du pont d’Arcole, fut bientôt re-jeté - , et forcé de se réfugier derrière la divisionAugereau, tandis que quelques pelotons s’é-taient repliés surl’Adige. Les Autrichiens s’en-gagent alors dans une poursuite désordonnée ,et assaillis à leur tour par les troupes de Mas-séna, ils sont mis en déroute et rejetés dans lemarais. Ils perdirent, dans cette attaque, 2à 3,000 prisonniers.

Augereau, de son côté, était parvenu à je-ter un pont sur l’Àlpon, et en commença lepassage sous le feu des Impériaux. Pendant cetemps, par ordre du général en chef, le lieute-nant Hercule avait franchi l’Adige à la tête