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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DES TROIS ARMES.

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«le 25 guides, et fit sonner la charge par plu-sieurs trompettes. Ce stratagème réussit par-faitement, car il causa un peu d’hésitationdans les troupes autrichiennes, dont Augereauprofita pour les attaquer. Le choc fut sérieux,et eut un plein succès. La garnison de Porto-Legnano arriva sur ces entrefaites, et débou-chant sur San-Gregorio, menaça de prendreles Impériaux à revers, et décida ainsi leurretraite. Le général Masséna se porta de Porcilsur San-Bonifacio, et se lia ensuite, par sadroite, avec la division Augereau. Après le com-bat, l’armée française prit position sur la rivegauche de l’Alpon, la gauche près d’Arcole, ladroite à San-Gregorio.

Ce passage, tenté à triples reprises, sans ap-prêts antérieurs et par la seule force des armes,servira, sans contredit, d’exemple bien instruc-tif pour des cas pareils, et nous démontre jus-qu’à l’évidence, que le feu de l’artillerie estjustement le vrai moteur qui peut nous assurerla victoire, toutes les fois que le passage ayantété démasqué, on voudra l’exécuter à forcearmée. Les journées du 15 et du 16 ne furenttellement funestes pour les Français, que parceque, ne pouvant réduire l’artillerie ennemieau silence, ils furent obligés de forcer le pas-sage du pont avec des colonnes, qu'ils livraientimpunément au feu meurtrier des batteriesautrichiennes. L’issue même du combat du 17nous prouve que Bonaparte avait déjà déses-péré «le franchir le fleuve. Son mouvementayant été démasqué, et ne pouvant, à causedes localités, contrebalancer le feu des enne-mis, il fut même obligé d’abandonner le pas-sage vis-à-vis d’Arcole, et d’en établir un autrevers l’embouchure de l’Alpon, où les Im-périaux avaient négligé de prendre les mêmesprécautions pour la défense.

Par rapport à l’action de l’artillerie qu’onattache aux avant-gardes, cette action peut serattacher aux règles dont nous venons de fairemention en discutant sur l’action de l’artilleriedans les combats et batailles., Le service del’artillerie dans les avant-gardes est le mêmeque celui des autres engagements, et doit se sou-mettre aux mêmes principes, sauf à les modi-fier, comme on le fait dans tous les cas, et lesadapter au terrain où l’avant-garde s’engage.Comme cette portion de l’armée qu’on faitavancer vers l’ennemi est plutôt un détache-

ment de surveillance , qui doit écla irer tous lesmouvements de l’armée et prévenir toutes lessurprises, qu’une troupe à laquelle on imposela tâche de remporter des victoires, le rôle del’artillerie doit céder de son importance à ceuxde l’infanterie et de la cavalerie, qui sont lesdeux armes qui font ordinairement le servicedes avant-postes, des patrouilles et des recon-naissances.

Quoique l’artillerie partage ordinairementaussi les travaux des troupes employées auxavant-postes , aux patrouilles et aux reconnais-sances, ce n’est guère que dans le troisièmecas où son action devient importante, à causede la masse de troupes et de bouches à feuqu’on est dans le cas d’employer.

Dans le service des patrouilles, au contraire,il faut user de beaucoup de précautions; carmême les grandes patrouilles, n’étant ordinai-rement composées que de 200 à 250 hommes,les pièces qu’on leur confie sont souvent endanger d’être prises par l’ennemi.

L’artillerie qu’on place aux avant-postes pourdéfendre les approches qui mènent à la posi-tion de l’avant-garde, ne risque ordinairementpas autant, caries avant-postes étant toujoursdans la proximité de la masse principale destroupes, et étant soutenus par les grand’gardes,elle ne peut pas se trouver dans des cas aussiépineux que dans le service des patrouilles,qui sont obligées quelquefois de parcourir degrandes distances, et dans un certain éloigne-ment de l’avant-garde.

De tout ce que nous venons dire sur l’actionde l’artillerie, nous pouvons déduire, sans vou-loir cependant approfondir toutes les subdivi-sions qui peuvent en résulter, les conséquencesprincipales suivantes :

1 0 Comme la vraie force de l’artillerie consistedans ses feux, il faut lui accorder une positionavantageuse et adaptée aux circonstances ;

2° L’artillerje ne pouvant jamais se battreseule, puisqu’elle n’est pas en état de se dé-fendre elle-même, il faut absolument qu’ellesoit secondée par l’une des deux armes dansson action, et qu’elle sache bien manœuvreravec les deux ;

3° De ne jamais oublier que, dans l’ac-tion de l’artillerie, ce n’est pas le nombre decoups qui décide du succès, mais la justessedu tir.

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