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EXAMEN RAISONNÉ
CHAPITRE Y.
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DES TROIS ARMES.
SECTION PREMIÈRE.
DU RAPPORT ENTRE LES TROIS ARMES DIFFÉRENTES.
Après avoir posé les principes des proprié-tés, des positions et de l’action individuelle destrois armes , il nous reste à examiner la déri-vation de leurs rapports entre elles, et à con-sidérer leurs combinaisons, le soutien qu’ellesdoivent se porter réciproquement, et les résul-tats qui doivent en provenir.
Abstraction faite d’un équilibre prépondé-rant de forces physiques et d’où la victoirepeut dériver si facilement, le succès d’une ba-taille qui délie ordinairement le nœud que lesmouvements stratégiques enlacent, provienten grande partie du bon emploi, et surtout dusoutien réciproque que les trois armes s’accor-dent.
Dans tous les engagements qu’on est dans lecas de faire soutenir aux différentes armes,lorsqu’on veut parvenir à un résultat avanta-geux, le principal est toujours de s’identifieravec le caractère et les moyens de l’armequ’on emploie, et de celle qu’on se propose decombattre. C’est dans leurs propriétés qu’ondoit chercher les vrais moyens de se défendreet de vaincre. L’ignorance de l’emploi desarmes ne peut produire que des résultats fatalsqui, commençant par une perte d’hommes,finissent parla défaite delà troupe qui combat.
Que, sans avoir préparé son action, on en-joigne à la cavalerie d’attaquer de l’infanteriequi se soit apprêtée à recevoir le choc, ouqu’on abandonne l’artillerie à son unique dé-fense , en lui ravissant le secours des autresarmes, il n’y a pas de doute qu’on mèneraitl’une à un échec certain, et l’autre à une perteindubitable. Que l’infanterie , à son tour, soitabandonnée par l’artillerie, elle sera en butteà de grandes perles, mais elle est encore laseule qui puisse se soutenir avec un certainéquilibre contre la coalisation des trois armesensemble.
Nous pouvons en conclure que, pour se sou-tenir avec un avantage marquant, contre unennemi qui dispose des trois armes, il fautpouvoir lui opposer la même combinaison detroupes, en adaptant au terrain et à la cir-constance , l’amalgame le plus efficace et celuiqui nous conduit au résultat le plus avanta-geux et le plus réel. Ce n’est, en général,qu’en développant les rapports qui existententre les différentes armes, qu’on peut aussidésigner les vrais moyens de leur action, ainsique les circonstances dans lesquelles on peutles engager avec avantage et en retirer desrésultats efficaces.
Chaque bataille peut être envisagée commeun syllogisme de tactique, qui possède troismoments très-distincts : celui de l’engagement,