DES TROIS ARMES.
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11° On évitera d’engager les troupes sur unterrain désavantageux, où leur action peutêtre paralysée ou avoir des résultats fâcheux ;
12° On fera agir les différentes armes d’aprèsles vrais principes de leur action (î);
13° On combinera les trois armes pour leursmouvements olfensifs, d’après le terrain qu’ellesdoivent parcourir et l’ennemi qu’elles doiventcombattre ;
14° On attachera une attention particulièreau soutien réciproque que les trois armes doi-vent se porter;
15° On n’entreprendra pas de mouvementsdécousus ou partiels, mais on cherchera à lesfaire tendre tous vers le même but;
16° On profitera sans hésitation du momentopportun, qui peut décider du sort de la ba-taille;
17° On aura un réserve respectable, composéedes trois armes;
18° On n’emploiera jamais la réserve toutentière au commencement du combat, sur unseul point, pour ne pas s’en priver tout à fait;
19° On cherchera au contraire à ménager laréserve jusqu’au moment du dénoùment;
20° On dirigera cette réserve, sur la fin dela bataille, vers le point qui doit décider dusort de la journée ;
Et si la bataille prend une tournure désavan-tageuse et que la retraite devienne invitable ;
21 0 On ne précipitera pas le mouvement ré-trograde;
22° On se repliera sous la protection destroupes dont le terrain favorisera le plus l’ac-tion.
En présentant maintenant au lecteur unesérie de dissertations succinctes des plus fa-meuses batailles, cherchons à démontrer tousles grands avantages qui se rattachent à lastricte observation des principes dont je viensde lui donner l’énumération, et la fâcheuseinfluence que leur oubli entraîne après elle.
Bataille de Senef, livrée le 11 août 1674.
La bataille connue sous le nom de Senef,se compose de trois engagements différents,dont les deux premiers furent soutenus parl’arrière-garde du prince de Vaudemont et l’in-
(î) J'en ai déjà discuté toutes les règles.
fanterie que le prince d’Orange amiena lui-même , et le troisième par toute la masse destroupes. Ces trois engagements sont : la prisedu village du même nom par le général deMontai, et le combat de cavalerie qui s’en-suivit; la prise du village deSaint-Nicolas-aux-Bois, et l’engagement général de la positionde Fay.
Le prince de Vaudemont, qui commandaitl’arrière-garde des alliés, malgré la forte po-sition du village de Senef, ne se défendit quefaiblement, ou, pour mieux dire, presque pas,et céda cette conquête à son ennemi, dont lamajeure partie des troupes était composée decavalerie, ce qui prouve, de la part du princede Vaudemont, une fausse appréciation du ter-rain pour l’action des armes. 11 ouvrit, par lareddition de ce village, un débouché aux trou-pes du prince de Condé, qui purent manœuvreravec facilité et aisance entre Senef et le boisde Busseret.
Le prince de Condé, en débouchant de Se-nef, rencontra dans la plaine la cavalerie desalliés, dont la position étaitvicieuse ; car placéeperpendiculairement au ruisseau qui coupe leterrain de Senef, elle prêtait son flanc droit àà l’artillerie des Français, que le prince plaçaau-dessus du village et sur la rive opposée duruisseau. La formation de cette cavalerie n’étaitpas exempte de défauts non plus; l’ayant ran-gée en plusieurs lignes, le prince de Vaude-mont n’accorda pas d’intervalles aux dernières,ce qui entraîna toute la masse dans une déroutetotale au moment où la première ligne fut re-poussée. L’infanterie du prince de Nassau, aulieu de seconder la cavalerie des alliés, ne par-tagea avec elle que sa fuite jusqu’à Saint-Ni-colas-aux-Bois.
Ayant reformé l’arrière-garde sous la protec-tion du village de Saint-Nicolas-aux-Bois, leprince de Vaudemont fut renforcé par l’infan-terie que le prince d’Orange amena lui-même.Le prince de Condé renouvelle ses attaques etfait charger sa cavalerie, et cette fois-ci, commesi la cavalerie des alliés eût voulu se vengerde l’infanteriequi l’avait abandonné au premierengagement, c’est elle qui resta spectatriceinactive de la défaite de l’infanterie des alliés.Chose bien inconcevable! l’infanterie hollan-daise était maîtresse de tous les accidents duterrain, comme village, haies, vergers, etc.,