DES TROIS ARMES.
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la Senne. Cetle marche l’aurait mené sur laligne de retraite de l’armée des alliés, et au-rait forcé le prince d’Orange de céder le champde bataille à son adversaire. Cet oubli lui coûtaune victoire décisive de moins.
Bataille de Fleuras, livrée le 1 er juillet 1690.
La victoire que le duc de Luxembourg rem-porta sur le prince de Waldek, dans les champsde Fleurus, repose sur plusieurs fautes gravesde ce dernier. Sa position ne pouvait pas secaractériser comme bonne ; car si même le frontétait bien couvert par le ruisseau de Wagnéeet un terrain élevé qui pouvait cacher les mou-vements otfensifs de son centre, les deux flancsne l’étaient pas. Les villages d’Heppignies etde Saint-Amand en étaient les seuls appuis;mais des villages n'assurent que faiblementles ailes d’un ordre de bataille. Pour prévenirce débordement funeste, dont le prince deWaldeck a été la victime, il n’y a, ainsi queje me suis prononcé chapitre II, section iv, queles grand’gardes qui servent do postes d’aver-tissement, et dont le devoir est d’épier lesmouvements offensifs que l’ennemi entreprendautour des ailes. Le prince de Waldeck auraitdonc dû en avoir une entre Saint-Amand etLigny, pour assurer son flanc gauche, et uneautre entre les villages d’Heppignies et deWagnée pour la sûreté de son flanc droit.
Ayant dirigé toute son attention sur le frontde ses lignes de bataille, le prince de Waldeckse laissa si peu distraire de cette premièreidée, et prit si peu en considération le terrainen général sur lequel il combattait, et les si-nuosités qui favorisèrent le mouvement deconversion des Français, qu’il se laissa non-seulement tourner, mais même prendre à dos.
La disposition des troupes dans l’ordre debataille n’était pas exemple de défaut non plus.Le prince de Waldeck entremêla de la cava-lerie avec l’infanterie , et prépara ainsi la dé-faite des deux armes; ensuite, au moment où ildécouvrit le mouvement de conversion, au lieude chercher plutôt à faire rétrograder le flancgauche en arrière, il y dirigea toute sa réserve,et s’en priva pour le reste de la journée. Ayantbattu et mis en fuite la cavalerie du flancgauche des Français, qui s’était avancée dans laplaine au delà du ruisseau de Wagnée, au lieu
de poursuivre son succès et chercher à pro-pager le même désordre dans l’infanterie ducentre, que le général de Rubantel avait déjàfait avancer pour seconder les efforts du gé-néral comte de Gournay, qui commençait àplier aussi, et tâcher de séparer les deux flancs,il détacha toute sa cavalerie au secours de sonaile gauche , qui était -déjà pressée par l’en-nemi. 11 espérait par ce mouvement corrigerune faute antérieure. Le résultat a parlé contrecelte espérance, et il en provint deux mauxsensibles : 1° en perdant le moment d’acheverde battre avec sa cavalerie le centre où la dés-organisation commençait à se manifester, ilperdit aussi le seul moment opportun qu’ilavait eu dans la journée pour remporter la vic-toire; 2° ces contre-marches exposèrent unepartie de ses troupes à des défaites jartielles.
Profitant de ce moment de relâche, les trou-pes du flanc gauche et du centre des Françaisse reformèrent, et reprenant l’offensive, sepréparaient à retourner à la charge, lorsque leprince de Waldeck ordonna la retraite, et cédale champ de bataille à son adversaire.
Bataille de Neerwinde, livrée le 29 juillet 1693.
La victoire de Neerwinde démontre, de lapart du maréchal de Luxembourg, de pro-fondes connaissances de tactique; et de celledu marquis de Feuquières, cet œil exercé àsaisir avec promptitude les mouvements del’ennemi, et celte décision à profiler du mo-ment opportun, à laquelle se rattache si souventle Sort, des batailles.
L’inadvertance du prince d’Orange, de livrerbataille ayant un fleuve à dos, ne peut s’ex-cuser que par la forte position qu’il avait faitoccuper à son armée, et qui n’offrait qu’unseul défaut, celui de s’opposer à la litre circu-lation des troupes. Le terrain, circonscrit d’uncôté par le fleuve de la Geete, et de l’autre,par le ruisseau de Landen, l’était encore pluspar les retranchements que le prince d’Orangeavait fait élever sur le front des lignes de ba-taille, et qui s’étendaient depuis le village deNeerwinde jusqu’au delà de celui deRumsdorp.
Gette position, où l’infanterie et l’artilleriepouvaient se battre avec avantage, n’était ce-pendan t pas favorable pour la cavalerie. Lesmouvements offensifs de cette arme, qui exige