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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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EXAMEN RAISONNÉ

un terrain vaste et sans accidents, étaient pa-ralysés sur le front des lignes de bataille parles retranchements qui étaient presque contigussur le flanc droit par les villages de Laer etNeerwinde, dont les fortifications avaient rendules débouchés plus difficiles encore, et, sur leflanc gauche , par le ruisseau de Landen.

D’après une description pareille, il est aiséde se convaincre que l’armée du prince d’O-range était entourée d'obstacles, qui avaienttransformé le champ de bataille en un campretranché, circonscrit par la Geele, le ruisseaude Landen, et les fortifications qui couvraienttout le front de bataille.

Les troupes s’appuyant par leur flanc droitaux bords de la Geele, et par leur aile gaucheau ruisseau de Landen, étaient placées en ordrede bataille convexe, dont la disposition, il estvrai, offrait au général en chef les moyens defaire manœuvrer sa réserve avec facilité versles deux flancs; avantage que le prince d’O-range ne mit cependant pas à profit, mais qui,d’un autre côté, présente le défaut, au mo-ment où une des ailes est enfoncée, de conduireles ennemis à dos des troupes qui forment lecentre et l’aile opposée ; ce qui arriva juste-ment aux alliés.

Le duc de Luxembourg avait une tâche diffi-cile à remplir, mais son génie ne se laissa pasabattre par ces difficultés, et il procéda à l’exé-cution de son plan d’attaque.

Les villages de Neerwinde et de Laer, quifaisaient l’extrémité du flanc droit des lignesde bataille des alliés, furent le but de l’attaqueprincipale. Quoique le prince d’Orange les oc-cupât avec de l’infanterie, il négligea de fairemanœuvrer les réserves de ces deux postes au-tour des ailes des villages, afin de tomber dansles flancs des assaillants ; ce qui occasionna letriple assaut de ces deux postes.

Si le combat dans les villages de Neerwindeet de Laer fut si meurtrier et l’assaut si sou-vent répété, nous trouvons justement la causedu triple abandon de ces deux postes par leprince d’Orange dans son oubli des règles de lagrande tactique par rapport à l’action des ar-mes , et la double cession par le duc de Luxem-bourg, dans la négligence du chef qui condui-sait les troupes françaises, qui se laissaitemporter par la chaleur du combat, et pour-suivait toujours ses succès, au lieu de faire les

dispositions nécessaires pour conserver lesconquêtes qu’il faisait.

Sans se laisser séduire par des attaques par-tielles ou en débandade, le duc de Luxembourgy faisait marcher ses troupes en masse ; c’étaitagir d’après les règles de pure tactique ; maisau moment où le village de Laer tomba aupouvoir des Français, il fallait aussitôt faireles dispositions nécessaires pour conservercelte conquête, en disposant les troupes lé-gères et en faisant avancer les réserves, etc.

Au moment où le village de Neerwinde futemporté pour la troisième fois , le marquis deFeuquières, qui était resté chef des troupes duflanc droit, s’aperçut du mouvement que leprince d’Orange faisait faire à l’infanterie duflanc gauche pour aller secourir ce poste, etprofita, avec une promptitude exemplaire, dumoment opportun pour décider de la victoire.Son mouvement offensif du côté de Riunsdorpappartient certainement aux profondes com-binaisons de la grande tactique, et parle au-tant en faveur du général qui l’exécuta qu’unebrillante victoire.

Le prince d’Orange, qui occupait une po-sition purement défensive, position qui exigemoins de troupes pour en défendre les appro-ches, au lieu de renforcer ses lignesdebalaille,devait plutôt mettre une partie de ses troupesen réserve derrière les hauteurs, devant levillage de Wanghc, d’où elles auraient pu ma-nœuvrer avec aisance et avantage vers les deuxflancs. Ayant négligé de le faire, il fut obligéde secourir son flanc droit par les troupes del’aile gauche, et la découvrit ainsi aux attaquesdes ennemis.

Les troupes du marquis de Feuquières, em-portées par la chaleur du combat, au lieu dese reformer dans les retranchements dont ellesvenaient de se rendre maîtresses, pénétrèrentbien au delà, et ne purent donc y arriver quefatiguées et un peu en désordre. La cavaleriedu prince d’Orange, postée sur la gauche,était fraîche. C’était le moment de la fairecharger; tandis que nous la voyons, au con-traire, entreprendre sa retraite vers Leau etabandonner le champ de bataille au momentmême où son action devenait si nécessaire.

Le duc de Luxembourg avait combiné sondernier mouvement offensif vers le flanc droitdes ennemis, avec celui du marquis de Feu-