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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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PRÉFACE

» réciproque, ou, si l’on veut, hors de l’effet» du canon.

> J’appelle tactique la science des mou-9 vements qui se font en présence de l’ennemi,» de manière à pouvoir être vu par lui, et at-» teint par son artillerie. »

M. de Bulow parait attacher un grand prixà la gloire d’avoir été le premier à publier lesprincipes sur lesquels repose son système.

Il avance, par exemple, que, le premier, il aséparé l’idée de la base de celle de la ligne <£o-pérations; que, le premier, il a démontré jus-qu’à l’évidence, et réglé, d’une manière inva-riable , les deux conséquences qui en résultent.

Ces deux idées-mères doivent être considé-rées comme les éléments et le fondement de lastratégie.

M. de Bulow prétend aussi que, le premier,il a défini, avec précision, ce qu’on devait en-tendre par l’objet d’opération.

De ces notions préliminaires, sort, selon lui,le grand et important principe que toute basemilitaire, pour être bonne, doit être la based’un triangle, dont l’angle au sommet soit aumoins de 90 degrés.

Cet angle, opposé à l’objet d’opération,est toujours nommée par l’auteur l’angle objec-tif, ce qu’il importe de retenir.

A la base d’un triangle rectiligne, il préfé-rerait encore un segment de cercle, dont lecôté concave serait tourné vers l’ennemi.

L’auteur affirme que cet axiome n’a étéconnu de personne avant lui, qu’il serait im-possible de trouver dans aucun théoricien laplus légère allusion à une vérité dont la décou-verte lui appartient uniquement.

Je suis très-éloigné, assurément, de contes-ter à M. de Bulow la réalité ou l’étendue deses connaissances militaires; mais il provoquela discussion de son système avec une franchisequi doit m’inspirer la confiance de lui soumet-tre quelques doutes.

« Je .vais au-devant de la critique, dit-il; la» vérité m’est plus chère que la vaine rcnom-» mée d’auteur. Pourquoi, après avoir lu mon

9 ouvrage, n’examinerait-on pas s’il m’est per-9 mis de prétendre au titre d’inventeur? Pour-» quoi ne me prouverait-on pas, si on le peut,

» que toutes les assertions que je donne pour9 originales, ne sont que des réminiscences?

» Je m’en consolorais facilement, en songeant9 que cette rencontre, cette conformité d’idées9 entre moi et d’autres maîtres de l’art, sont» un garant de la justesse de ces idées. »

Il est impossible de mettre ses lecteurs plusà l’aise : quant à moi, je me permettrai de fairepart des observations suivantes à ceux, dans lesmains desquels pourra tomber ma traduction.

Après un examen réfléchi du système deM. de Bulow, je trouve qu’il est susceptibled’être analysé en termes extrêmement clairset précis.

« Avant d’entrer en campagne, selon lui, il9 est nécessaire d’avoir derrière soi une ligne9 de magasins, assurée par de bonnes places.

9 Plus cette ligne est étendue, plus l’année9 qui en tire ses vivres et ses munitions en est» rapprochée, et plus l’ennemi éprouvera de ;» difficultés, s’il tente de lui en intercepter |9 la communication.

s Si, au contraire, cette ligne est courte,

9 ou même se réduit à un point, et que l’ar-9 mée qu’elle alimente s’en élloigne, les moyens9 qu’aura l’ennemi pour arrêtter toites sesopé-9 rations, en s’emparant du seul chemin que9 suivent ses convois, seront fréqients etmul-9 tipliés. 9

Il est impossible, assurément, de contesterà M. de Bulow la vérité de ces théorèmes fon-damentaux; mais examinons jusqu'à quel pointil peut prétendre /à la gloire de les avoir révé-lés ou démontrés.

Avant d’essayeir d’approfondir les principesd’après lesquels ont agi les grands généraux jdes temps modernes, fine serait pas indifférent i

de rechercher si l'antiquité ne nous offrirait Jaucune trace d’un système analogue à celui jque nous discutons. J

Alexandre le Grand vient naturellement seprésenter à la mémoire : or, voici ce que dit