HISTOIRE
DE
LA CAMPAm DE 1800, M ALLEMAGNE ET M ITALIE,
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« C’est moins sur les champs de bataille» que dans les conseils des souverains, qu’il» faut rechercher la cause des défaites » ontdit de grands hommes d’état, éclairés parl’expérience.
La vérité de cette assertion ne pouvait êtremieux démontrée que par la comparaison dela conduite des gouvernements français etautrichien , avant la campagne dont nousallons tracer l’histoire. Nous y verrons que lesmesures adoptées par les cabinets ont régléle sort des deux États : d’un côté, les vastesconceptions du génie ont dû enfanter des vic-toires ; de l’autre, les vues étroites de la rou-tine ne pouvaient produire que des revers.
La première des erreurs des ennemis de laFrance fut de se persuader que cet empireétait totalement épuisé d’hommes et d’argent.Égarée par cette opinion, à peine l’Autrichesongea-t-elle à remplir le vide que venait decauser dans ses armées le départ de 50,000Russes.
Dans ce moment même, la France déployaittoute son activité pour réparer les pertes dela campagne précédente, et s’assurer des avan-tages décisifs dans celle qui allait s’ouvrir.Fût-il vrai que dix ans écoulés dans les oragesde la révolution eussent sensiblement amortil’enthousiasme de la liberté dans le cœur desFrançais, du moins un héros savait ce qu’ildevait attendre d’une nation essentiellementbelliqueuse, en faisant un appel à sa valeur, en
lui montrant l’ennemi sur ses frontières. Bo-naparte avait offert la paix ; l’Empereur l’avaitrefusée : de cette instant, tout soldat françaissentit combien était belle la cause pour laquelleil combattait.
On a singulièrement exagéré les pertes quela France a faites en hommes pendant cetteguerre. Jamais , comme on l’a soutenu , toutela nation ne vint s’entasser dans les camps;jamais, dans toutes leurs campagnes, les Fran-çais ne firent agir plus de 500,000 hommescontre leurs ennemis. Louis XIV en eût autantsur pied pendant la guerre de la Succession ,et les États sur lesquels il régnait, n’égalaientpoint le territoire actuel de la république.
Contre l’efficacité des entreprises des Fran-çais , on objectait sans cesse le délabrementde leurs finances; et c’est précisément celteimpossibilité de soudoyer et d’entretenir lestroupes, que les gouvernants et les générauxemployèrent habilement, pour pénétrer lesoldat de la nécessité d’aller conquérir dansle pays ennemi, ce qui lui manquait dansle sien.
Pendant que la France était toute entièreà ses vastes apprêts , l’Autriche se contentaitde renforcer partiellement ses armées; maisla plus brillante armée ne peut se promettrede succès, qu’en raison de la capacité de celuiqui la guide. Il supplée au nombre , il inspirela confiance ; et, dans sa main, une troupenon aguerrie devient un instrument propre