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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DE LA CAMPAGNE DE 1800.

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Français ne se sont mis en mouvement qu’a-près la mi-avril.

D’autres considérations indiquaient encoreaux Autrichiens , la Suisse comme le but leplus désirable de leurs elforts. Elle leur assu-rait une entrée moins difficile que par toutailleurs dans l’intérieur de la France. Pointde chaînes de forteresses comme sur les autresfrontières; le Jura seul se présente, et certes ,il est infiniment plus aisé à franchir que lesAlpes, qui n’ont pu arrêter Bonaparte. Ensuivant le Rhône, on parvient rapidement àLyon, et de là on se répand à volonté dansles départements contigus. On s’empare ducours de la Loire et de la Seine; et faisantservir ces fleuves à scs convois, on porte sesarmes victorieuses jusque dans le cœur de laFrance. On a la faculté de tourner l’Alsace,unique moyen de conquérir cette belle pro-vince; car, ce n’est que par la possession dela Lorraine et de ses places fortes , que l’onpeut acquérir celle de l’Alsace, et la plaine nepeut être soumise que par celui qui est maîtredes montagnes.

J’avoue que, dans ce vaste plan, je ne cal-cule point la résistance qu’opposerait l’en-nemi; et rien , certes , ne me donne le droitde supposer que toutes les forces disponiblesde la France se seraient immédiatement trou-vées paralysées. Je crois très-volontiers queBonaparte, avec l’armée de réserve, et le restedes troupes délogées de la Suisse, se seraitporté au-devant des Autrichiens, et leur eûtlivré bataille. Sans doute, il pouvait les battre,il pouvait même les forcer à son tour d’éva-cuer de nouveau la Suisse; mais les Impé-riaux retiraient toujours cet avantage que,pendant la majeure partie de cette campagne,la conquête du sud de l’Allemagne et du nordde l’Italie n’aurait point eu lieu.

Mais si les Français, d’après un principeexposé dans mon premier ouvrage (i), au lieud’opposer à l’ennemi un front parallèle, sefussent toujours tenus dans une position obliquepour menacer son flanc , ils pouvaient, sanspéril, occuper les Autrichiens sur ce point,et, pendant ce temps, se déborder comme untorrent dans la Souabe et l’Italie. Les Impé-

(î) Esprit du système de guerre moderne, i re part.,sect. vu et vin.

riaux, de peur d’être tournés, et même entiè-rement coupés des États héréditaires, sevoyaient contraints à une retraite précipitée.Ceci eût été une nouvelle preuve du principede la base d’opérations ( 2 ).

Je le répète, les Autrichiens devaient, avanttout, attaquer la Suisse; mais ils disent :« Notre principale force consiste en cavalerie,» et nous ne pouvons l’employer que dans les» plaines. » —À cela je répondrai :

« Il fallait augmenter votre infanterie par» une levée générale, comme en France. Les» Hongrois sont singulièrement propres à for-» mer une excellente infanterie légère ; c’est» dans cette arme qu’ils ont fait la force des» armées autrichiennes dans la guerre de sept9 ans. Si le feld-maréchal Lascy n’en eût fait,9 aussi inconséquemment, de l'infanterie de9 ligne, où pouviez-vous trouver une milice9 plus apte à tenir tète aux Français qui ex-9 cellent dans ce genre de guerre? »

Celte réflexion m’amène à considérer queJoseph II et son général Lascy, sans y songerassurément, ont rendu de grands services auxFrançais. L’un, en démantelant les places debarrière, leur a ouvert les portes de la Belgi-que; l’autre, par l’anéantissement de l’infante-rie légère, a porté le coup le plus funeste auxarmées impériales.

Ce fut aussi ce général Lascy qui donna, lepremier, le spectacle d’un cordon de troupesd’une immense étendue; système qui, dansses mains, échoua complètement contre lesTurcs, mais qui, modifié par un génie vrai-ment militaire, doit être considéré comme leplus convenable dans la nouvelle théorie de laguerre.

Il fallait aussi former une armée de réserve,à l’instar des Français; la première de toutesles règles étant de mettre, autant qu’on lepeut, ses forces en balance avec celles de l’en-nemi, si l’on ne veut succomber.

Mais, pour en revenir à la cavalerie, ellen’était certainement pas de toute inutilité dansla Suisse; et le préjugé, qui veut que cettearme ne puisse agir dans les pays montagneux,boisés ou coupés, mérite une réfutation parti-culière.

(2,) Esprit du système de guerre moderne , i ro part.,sect. 1 ”.