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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DE LA CAMPAGNE DE 1800.

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Le général Moreau avait désormais acquisla conviction, que de simples excursions enBavière ne détermineraient point Kray àquitter sa position d’Ulm : de plus, il s’étaitassuré, par l’épreuve qu’il avait faite, qu’iln’avait point à redouter une forte et audacieusediversion sur ses derrières. 11 avait la mesuredu talent de son adversaire, et il forma aussitôtun des plus grands, un des plus admirablesplans, dont l’histoire des guerres modernesfasse mention.

Ce plan ne consistait en rien moins qu’àpasser le Danube entre Ulm et l’embouchuredu Lech, pour séparer le général Kray de sesmagasins à Donawerth et Ratisbonne, et enfinpour le couper de sa base, en l’isolant deVienne et de l’Autriche.

Par ce moyen , le général Kray, qui n’avaitpoint pris garde aux manœuvres du généralLecourbe sur le Lech, se voyait absolumentforcé d’abandonner Ulm. Celle importanteplace d’armes devenait la proie des Français,et les rendait maîtres du Danube.

Mais ce vaste mouvement exigeait deux opé-rations préparatoires, pour pouvoir s’exécuteravec sûreté. D’abord, il fallait le masquer parun corps qui restât devant Ulm, et c’est à quoiMoreau destina ce qu’il appelait sa réserve.En second lieu, il fallait chasser du Lech lescorps autrichiens de Meerfeldt et autres, ainsique les Bavarois, postés sur cette rivière. Laprudence ne permettait pas qu’on se les laissâtà dos pendant le passage du Danube.

En conséquence, les Français passèrent leLech, le 12 juin, en trois divisions, par Fried-berg, Schoengau et Landsberg. Les détache-ments impériaux qui occupaient les avenuesd’Augsbourg, après quelques escarmouches,furent contraints à se replier. Les troupes ba-varoises étant également repoussées à Lands-berg et Friedberg, les Français entrèrent denouveau à Augsbourg.

Le général Meerfeldt prit alors la positiond’Aicha en Bavière, pour y attendre le corpsde Slarray, et d’autres renforts que Kray voulaitlui envoyer d’Ulm.

La colonne du centre des Français, com-mandée par le général Lecourbe , s’avança enBavière, par Euratsbourg. La plus forte divi-sion avait passé le Lech à Schoengau, et mar-chait sur Reitenbuch. Probablement cette

colonne, à cause du voisinage du Tyrol, étaitla plus considérable, comme destinée à pro-téger le flanc droit des autres, si de ce pays leprince de Reusseût voulu tenter une diversion.Mais il se retira, au contraire, devant le gé-néral Lecourbe, dans la Bavière méridionale.Il est hors de doute qu’il eût pu tirer infini-ment plus de parti de ses troupes, si, duTyrol, il se fût porté,par Kempten, à dos desFrançais.

Le général Moreau laissa, quelques jours,son armée dans ses positions sur le Lech et larive droite du Danube ; seulement il se trans-porta lui-même de Memmingen dans un villageplus près d’Ulm, sur la rive droite de l’Uler.Il fit alors rapprocher son armée de cette for-teresse , pour occuper davantage l’attentiondes Autrichiens, et leur cacher ses projetsultérieurs.

La cause de celte inactivité, pendant six ousept jours, semble être encore une épreuve dela part de Moreau, pour achever de sonder lesdispositions de son ennemi. L’immobilité con-stante des Autrichiens ne laissa plus de doutessur la possibilité d’entreprendre, sans péril, lepassage du Danube au-dessous d’Ulm. Il étaittrès-probable que Kray commettrait la fautecapitale d’abandonner Ulm, et de se retirer àl’est, de peur d’être coupé; par là, il donnaitl’ouest à ses ennemis, sans nécessité.

Le 18 juin vit faire les premiers pas pourl’exécution de cette grande entreprise. Quatre-vingts Français passèrent le Danube à la nageavec leurs armes, s’emparèrent des villages deGrembhein et de Blindheim, et de quelquespièces de canon. Les sapeurs et pontonniers,qui étaient passés sur des échelles appuyéessur les débris d’un pont, le rétablirent sous lefeu de l’ennemi. Alors l’armée suivit, et gagnala rive gauche.

Il parait que les Français passèrent aussinon loin de Donawerth, à Munster et à Er-lingsbofen, sur des ponts que les Autrichiensavaient rompus, mais qu’ils rétablirent commecelui de Blindheim.

Je remarquerai encore, à cette occasion,que les demi-mesures sont toujours les plusfunestes. Les Autrichiens devaient, ou rompre| et détruire totalement ces ponts, ou les laisserj entiers : dans le premier cas, pour empêcherI le passage des Français; dans le second, pour