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HISTOIRE
passer eux-mêmes, si les circonstances l’exi-geaient.
Dès le 19, il s’engagea de nouvelles actions,principalement avec un corps situé près deDonawerth; il était trop faible, il fut presqu'en-tièrement détruit. Les tirailleurs français, encelte occurrence, comme presque dans toutes,décidèrent le succès.
Un combat plus sérieux se livra près d’Hochs-tett, lieu célèbre pour les Français, qui futtémoin de leur victoire en 1703 et de leurdéfaite en 1704. Les Autrichiens, n’ayant quedes corps détachés aux endroits les plusimportants, tels que Donawerth , Hochstelt,Dillingen, Lavingen, et étant disposés par bou-quets, furent promptement entamés et dis-persés. Les Français occupèrent Donawerth,le 20, et la fameuse position du Schellenberg.
Le même jour, le général Kray se mit enmarche d’Ulm, avec 23 bataillons et une nom-breuse cavalerie, après avoir laissé une gar-nison dans la place. Il se porta, en hâte, versla rivière de Brentz, par Albeck et Langenau.Il parut se diriger sur le corps français quiavait pris pied sur la rive gauche du Danube,et qui se montait déjà à 30,000 hommes. Ons’attendait à une bataille : il ne se passa rien.
Les Français avaient poussé de petits dé-tachements dans les environs de Nordlingen;le 23, ils furent contraints de se replier.
A mesure que les Autrichiens se retiraientà l’est, leurs ennemis occupaient les endroitsqu’ils évacuaient. Dès le 24, les Françaisétaient en possession de Giengen, Heidenheim,du Brentzlhal, d’Aalen, Esslingen, Gemundet Geislingen.
Au-dessus d’Ulm, également, ils avaientpassé le Danube à Erbach, et s’étaient portésvers Blaubeuren. Alors, Ulm se trouva investi.
Le 26, le général Kray avait son quartiergénéral à Monheim, dans la principauté deNeubourg, et Moreau à Néresheim. Il y avaiteu, le 24, de légères actions pour se disputerl’Altmuhl, petite rivière qui coule de Pappen-heim à Aichstet, avec de fréquents détours.On se canonna pendant une grande heure,puis survint l'ordre de cesser le feu, ce qui fitcroire à la conclusion d’un armistice, en con-séquence de la convention de Marengo.
On voit que Kray avait fait tout ce que Mo-reau pouvait souhaiter, et tout ce qu’il avait
prévu, en se portant d’Ulm dans la principautéde Neubourg et le haut Palatinat.
Maintenant, examinons ce qu’aurait pu faire,à sa place, un général totalement indépendantdu conseil aulique. 11 marcha au nord, c’étaitau sud qu’il fallait marcher. J’ai la satisfactionde me rencontrer ici avec le général Moreaului-même; voici la substance de son rapport àBonaparte :
« Voyant que l’armée autrichienne était iné-» branlable dans son camp d’Ulm, d’où elle» pouvait détacher, sur les deux rives du Da-* nube, et nous empêcher par conséquent de» faire aucuns progrès essentiels en Allema-» gne;ne voulant point engager d’action à» Blaubewen , dans la crainte que l’ennemi ne» profilât de mes mouvements, pour se porter» sur Memmingen, s’ouvrir une communication» avec le Tijrol et envoyer un corps en Italie,» je me déterminerai à faire manœuvrer le gé-» néral Lecourbe sur le Lech , espérant par lài forcer le général Kray à courir au secours de» la Bavière ; mais il ne le lit pas, et nous» manœuvra à dos, etc. »
Par cette manœuvre à dos, le général Moreauentend l’attaque du 3 juin, dont nous avonsrendu le compte le plus détaillé.
L’opinion de Moreau jette encore un nouveaujour sur l’extrême importance dont était le Ty-rol, dans celle campagne. Pourquoi donc legénéral Kray, s’en éloignant sans cesse, aban-donne-t-il Ulm et toute la Souabe, après lepassage du Danube par Moreau, pour aller, dansle haut Palatinat, se mettre en liaison directeavec l’Autriche et la Bohême?
Loin d’y avoir été contraints par le mouve-ment de l’armée française, je soutiens que lesAutrichiens pouvaient en retirer les plus grandsavantages.
Ce n’est pas, toutefois, que Moreau, à mesyeux, ait commis une faute en se hasardantau delà du Danube. Il savait quels étaient sesadversaires, et la connaissance des hommesn’est pas moins utile, à la guerre, que celle deschoses. 11 est des eas où l’on peut, où l’on doitfranchir les bornes de la prudence.
Considérons ici les faits en eux-mêmes. Mo-reau n’avait point une base suffisante pour ten-ter, sans dangers, une manœuvre aussi hardie.Resserré entre le Tyrol et le Danube, son angleobjectif n’avait pas 90 degrés; conséquemment