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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DE LA CAMPAGNE DE 1800.

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il devait être facile de le séparer de sa base (î).C’est à quoi auraient dû tendre tous les effortsdes Impériaux.

Quant à eux, ils n’avaient point à redouterde perdre leur base, quand même Moreau sefût placé entre eux et le chemin direct de l’Au-triche. Ils pouvaient toujours, par un légermouvement, appuyer une de leurs ailes surleur base, soit au nord sur le Danube, soit aumidi sur le Tyrol.

Le 20 juin, ou même plus tard, le généralKray devait s’éloigner d’Ulm , pour attirer deplus en plus les Français sur la rive gauche duDanube. Il lui importait peu de conserver dece côté sa communication avec les magasinssitués derrière lui, puisqu'il la retrouvait tou-jours par le Tyrol.

Après avoir rassemblé toutes ses forces surla rive gauche du Danube, il se mettait enmouvement. La marche de ces différents corpsvers Ulrn, pouvant donner des soupçons au gé-néral français, il était important de la cacherle plus possible : il fallait donc qu’elle eût lieula nuit.

Ces corps seraient arrivés au point du jourdevant Ulm; ils en pouvaient former la garni-son. Si leur nombre était plus que suffisant,l’excédant rejoignait la grande armée.

Je la suppose partie dès la veille au soir :elle passait le Danube pendant la nuit, et, dèsle malin, elle tombait sur les Français avec desforces concentrées et supérieures.

Le général autrichien prenait sur-le-champune position déterminée, d’où il pût se porterà volonté où le besoin l’aurait exigé. Car, pour-suivre les différents corps français dispersés,pouvait donner le temps à Moreau de repasserle Danube, et de rouvrir sa communication.

Quel devait donc être l’objet des Impériaux,ou le point sur lequel ils devaient diriger leurmarche? Était-ce à l’est ou à l’ouest de l’Iller?C’est ce que nous allons examiner.

Le général Kray pouvait attaquer brusque-ment sur la rive droite ou orientale de l’Iller,la partie de l’armée française qui n’avait pointpassé le Danube, et l’accabler par une énormesupériorité de forces.

Mais il pouvait aussi remonter la rive gau-

(î) Esprit du système de guerre moderne, i" part.,secl. u.

che de l’Iller, passer cette rivière, et prendreposte à Memmingen. Par cette manœuvre, ilcoupait totalement aux Français leur commu-nication avec leur base sur la rive droite duDanube : ils la conservaient sur la gauche,c’est-à-dire, avec le Rhin, depuis Strasbourgjusqu’à Mayence ; mais leurs magasins n’étaientpoint dans cette partie.

Le général Kray avait d’autant plus de mo-tifs pour aller s’emparer de cette excellenteposition de Memmingen, que, dût le succès nepoint répondre à son attente, il ne se compro-mettait que très-faiblement.

Moreau pouvait, d’abord, remontant la rivegauche du Danube, où il était avec la meilleurepartie de son armée, marcher vers Flm, et assié-ger celte place ; mais ce siège était impratica-ble, tant qu’elle n’était pas investie sur lesdeux rives, et, de sa position de Memmingen,Kray y mettait un obstacle direct. En se par-tageant , et mettant le fleuve entre les deuxdivisions de leur armée, les Français s’enga-geaient dans la situation la plus périlleuse.

Qu’on ne me dise pas que, de même qu’ilsétaient, précédemment, maîtres de la rivedroite jusqu’au confluent du Lech et plus bas,ils le seraient devenus de la gauche jusqu’àIngolstadt, et que, par conséquent, leur com-munication avec leur base, c’est-à-dire, avecle Rhin et ses places fortes, leur restant tou-jours ouverte par Tubingen et Sluttgard, leursituation se trouvait encore la même, puisqu’ilsn’auraient fait que changer de rive avec lesAutrichiens. 11 me sera facile de prouver queles choses prenaient, alors, un aspect toutdifférent.

Par suite de la position de Kray à Memmin-gen, Moreau perdait sa communication avec laSuisse, conséquemment avec l’Italie et l’arméede Bonaparte : car le général autrichien, parune légère marche de flanc, pouvait facilementse placer entre la Suisse et l’armée française,qui eût occupé alors la rive gauche du Danube.11 n’y avait point assez de troupes en Suisse,pour que l’on pût redouter une diversion à dosde leur part.

Bien plus, de sa position de Memmingen,le général Kray pouvait envoyer un gros corpsdans le Tyrol, et de là il était le maître de seporter, à volonté, sur l’Italie ou sur la Suisse.La conquête de ce dernier pays lui était assu-