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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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SUR LA CAMPAGNE DE 1800.

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Elle offre peu de ressources contre un inci-dent regardé à la guerre comme le plus terriblede tous : c’est celui où le centre étant enfoncé,les deux ailes se trouvent séparées l’une del’autre. Je crois avoir le premier mis au jourun principe applicable à ce sujet.

J’ai démontré l’utilité et l’excellence des re-traites excentriques ( 1 ).

Si elles sont les meilleures, ou même lesseules bonnes, pourquoi s’effrayer de voir en-foncer son centre? L’excentricité n’en acquiertque plus d’aisance. Si l’ennemi s’avance, ilvous prête ses flancs; bientôt vous vous trou-vez sur ses derrières, vous interceptez sesmoyens de subsistance, sa communication avecsa base { 2 ).

Chez les anciens, l’attaque et la défaite ducentre ont pu avoir d’heureux effets : encorevoyons-nous ce qu’il en coûta aux Romains,pour avoir tenté celte manœuvre à la bataillede Cannes.

Ce principe de l’excentricité, une fois biencompris et adopté, doit changer la face de laguerre. Jusqu'à cette époque, ayant l’appa-rence d’un paradoxe, comme tout ce qui netombe pas immédiatement sous le sens, il trou-vera des antagonistes opiniâtres.

J’ai observé plus haut que les Français n’a-vaient jamais eu une base suffisante en Souabe,puisque leur angle objectif resta toujours au-dessous de 90 degrés.

En effet, cette base n’était proprement quel’espace compris entre Bâle et Strasbourg, auplus Landau, car la rive gauche ou septen-trionale du Danube était au pouvoir des Au-trichiens.

Mais de Bâle à Pfullendorf, c’était touteautre chose : ils avaient au sud la Suisse pourbase. C’est pourquoi j’ai déjà dit que les Impé-riaux n’auraient point dû songer à défendre lapartie occidentale de la Souabe, puisque lesFrançais occupaient deux côtés du quadrila-tère.

On pourrait peut-être étendre l’avantage de

(1) Esprit du système de guerre moderne, i re part.,isect. vm.

la base assurée par la Suisse, jusqu’au méri-dien de Bregentz. En effet, quoique le lac deConstance , du méridien de Pfullendorf jus-qu’à celui de Bregentz, ne fasse point une base,il empêche cependant les opérations de l’en-nemi, etl’espace occupé par les eaux est neutrepour les deux parties.

Mais le méridien de Bregentz dépassé , lesFrançais étaient menacés sur leurs deux flancs;au sud , par le Tyrol et les Grisons, jusqu’auRhin; au nord, par le Danube, dont les Au-trichiens possédaient encore la rive gauche.

Plus les Français s’avancèrent vers le Lech,plus ils s’éloignèrent de leur base, sans pou-voir s’en former une nouvelle. Leur angle ob-jectif diminuait toujours, et le triangle, danslequel ils opéraient offensivement, perdait pro-gressivement de sa surface. L’angle qu’ils pré-sentaient à leurs ennemis, en Bavière, était àpeine de 60 degrés. Leur position était extrê-mement critique; elle avait quelque ressem-blance avec celle des armées coalisées en Cham-pagne, en 1792. Celles-ci ne durent la facultéde se retirer qu’aux détestables dispositionsde Dumouriez, en dépit de toutes les louangesqu’il se donna impudemment; et de même,malgré les grands talents de Moreau, on nepeut nier qu’il ne trouva des avantages réelsdans l’inhabileté de ses adversaires. Il en sutprofiter, et c’est un art qui, chez les ancienscomme chez les modernes, a manqué à la plu-part des généraux.

Nous ne trouvons effectivement que troispoints qui soient à l’abri de la censure, dansla conduite, des Autrichiens pendant la cam-pagne que nous venons de suivre.

Premièrement, leur retraite sur Ulm; secon-dement, l’attaque de l’aile gauche des Fran-çais à Biberach, tandis qu’ils manœuvraientsur le Lech; enfin, leur retraite sur Landshutet Braunau , c’est-à-dire , derrière l’Iser etl’Inn, au lieu du Danube.

Il est temps de nous occuper de ce qui s’étaitpassé en Italie.

(2) Esprit du système de guerre moderne, part. r%sect. 11.

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