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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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HISTOIRE

La convention de Parsdorf, du 15 juillet,vint tout à coup suspendre les opérations mi-litaires. H n’est pas hors de propos de retracerici la ligne de démarcation qui fut tirée entreles deux armées, afin d’être en état de mieuxsuivre les événements subséquents.

Les Autrichiens restèrent sur la rive gauchede la Nidda, la droite du Mein et de la Red-nilz, la gauche de l’Allmulil et du Danube,la droite de la Vils et de la Colpach. Leurligne s’étendait alors, en remontant la rivedroite du Lech, sur les limites du comté deWerdenfels.

L’armée française étendait ensuite sa droitedes sources du Lech, à dos du Vorarlberg, lavallée de Flll y comprise, le long des frontièresdes Grisons, jusqu’à Chiavenne. Le haut et lebas Engadin restait aux Impériaux, ainsi quela vallée de Sainte-Marie vers la source de l’À-dige : le pays des Grisons demeurait neutre.

Les forteresses d’UIm, Philisbourg, Würz-bourg et Ingolstadt, avec un circuit propor-tionné, conservaient garnison impériale, etdevaient recevoir leur subsistance par des con-vois réglés.

Avant de me permettre des réflexions surcelarmistice, et de passer aux grands événementsqui avaient déjà eu lieu en Italie, je dois en-core soumettre à mes lecteurs quelques consi-dérations sur cette première période de lacampagne d’Allemagne.

On peut la diviser en deux parties : celle deSouabe et celle de Bavière; toutes deux por-tant ce caractère, qu’elles sont presque totale-ment stratégiques et fort peu tactiques (î). Jeveux faire remarquer que le résultat en estbeaucoup moins dû à des combats, qu’à desmarches et mouvements.

Les combats furent presque tous décidés parune masse de forces prépondérantes, portéessur un point ; on s’étudia toujours à se débor-der, à se tourner réciproquement. G’est unesuite nécessaire de la plus grande extension enplusieurs corps, et du développement de cescorps sur un front plus large.

Cette prodigieuse étendue, nécessitée parle soin de couvrir ses magasins, et par la forcedes armées, plus nombreuses qu’autrefois,

(1) Esprit du système de guerre moderne, r* part.,sect. x.

rend extrêmement difficile de tourner le flancde l’ennemi par des manœuvres de simpletactique. D’ailleurs, si l’on y parvient, la di-vision de la ligne, en plusieurs positions, nepermet pas de recueillir communément d’a-vantages décisifs. Le plus souvent, le résultatde tous vos efforts est de battre une partied’un corps, qui, lui-même, n’est qu’une partiede l’ensemble.

Par exemple, 3 bataillons occupent une hau-teur et 3 escadrons la plaine adjacente. A millepas de là est un bois où l’on aura placé 3 au-tres bataillons, également appuyés par quel-ques escadrons, et ainsi de suite. Tout cela,cependant, est compté pour une position. Letemps énorme qu’exigent les manœuvres né-cessaires pour tourner une ligne ainsi disposéesur plusieurs lieues d’étendue, donne presquetoujours à l’ennemi celui de combiner ses mou-vements sur les vôtres, qiuand vous les exécu-tez à sa vue, c’est-à-dire, quand ce sont desmouvements de tactique.

Voilà pourquoi, dans cette campagne, il nes’est rien opéré de grand et d’important quepar la stratégie. C’est elle qui a appris à ras-sembler une force supérieure contre un corpsde l’ennemi, contre un point de sa position,puis à fondre alors sur lui, à l’accabler sousle nombre, en le pressant à la fois sur son frontet ses flancs.

Je prétends donc que la lactique, commel’art de manœuvrer en présence de l’ennemi,de tomber avec une masse prépondérante surun point de sa ligne, pendant qu’avec unnombre moindre on contient le reste dans saposition , enfin, comme l’art de multiplier sesforces, disparaîtra de plus en plus de la théoriede la guerre. La stratégie seule dirigera tout,et les batailles ne seront plus que le résultatdes masses et du nombre ( 2 ).

Les combinaisons de la tactique sont pré-sentement connues; elles ne peuvent réelle-ment donner le change qu’à un ennemi frappéd’une cécité totale. Il est sans cesse en sonpouvoir de déjouer vos projets par un contre-mouvement. Ce n’est que dans l’origine de sesconceptions, que la tactique a pu produire degrands effets.

(2) Esprit du système de guerre moderne, part. 11,sect. i r '.