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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DE LA CAMPAGNE DE 1800.

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dû savoir que c’était dans ces deux contréesqu’il fallait porter leurs coups.

Bonaparte, de son côté, eL dans mon hypo-thèse actuelle, était beaucoup trop pénétrantet trop habile pour courir en Suisse sur les pasdes Autrichiens! Il tombait sur les corps qu’ilsavaient laissés en Piémont, et tentait, à toutprix, d’enlever quelques-unes des places fortesde cette principauté; mais il restait toujoursau général Mêlas l’avantage du temps : il n’a-vait point de sièges à faire, ni d’armée àcombattre.

Bonaparte se trouvait donc véritablementdans une position très-critique, comparative-ment à Mêlas, abstraction faite de génie et detalents; car, alors, il n’y a plus de paritéentre eux : mais, dans le plan que je trace etexécute ici, j'examine les faits sous un pointde vue général; je considère les choses et nonles hommes.

S’il m’était permis de chercher dans le ca-ractère connu du premier consul, et dans plu-sieurs circonstances de sa vie militaire, desinductions sur le parti qu’il eut pris en ce mo-ment, je dirais qu’il n’est pas douteux que cen’eût été le plus hardi et le plus brillant. Il selut jetédansla Lombardie, et, delà, serait des-cendu comme un torrent dans la péninsule del’ilalie, où il trouvait toutes les ressources quipouvaient remplacer celles qu’il perdait, ens’éloignant des frontières de France. Il étaitisolé, mais il subsistait par lui-même; et lesFrançais, renouvelant sans cesse leurs elfortspour rouvrir les communications avec lui parla rivière de Gènes, bientôt la grande arméede Mêlas se trouvait elle-même cernée et coupéesur tous les points.

Supposons, cependant, à la tète de l’arméeimpériale, un général aussi entreprenant queBonaparte : que fera-t-il, pour ne point selaisser honteusement envelopper? Il marcheratoujours en avant, et gardera l’offensive sur lafrontière française.

Dans tous ces mouvements, la célérité dé-cide de tout, et les vivres sont ordinairementle plus grand obstacle à cette célérité siprécieuse. Une armée a communément sonapprovisionnement de pain pour neuf jours,c’est-à-dire, que le soldat en porte pourtrois, et les charriols de munitions poursix. Si l’on introduisait l’usage du biscuit,

on pourrait en mener avec soi pour deux mois.

Au reste, en ne leur supposant des vivresque pour neuf jours, les Autrichiens pouvaient,dans cet espace de temps, arriver jusqu’à Ge-nève; ils y trouvaient un dépôt de subsistances,formé pour l’armée de réserve. Genève estfortifié, mais la garnison en était faible, et laplace pouvait être emportée par escalade.L’essentiel était de brusquer ce coup autant quepossible, et de profiter du premier moment desurprise.

Il y avait néanmoins un cas où cette tenta-tive n’offrait point d’espoir de succès; c’estcelui où le général Turreau se serait jeté dansGenève. Il ne fallait donc rien négliger, pen-dant la poursuite, pour le détourner de ce des-sein. Un des meilleurs moyens était de manœu-vrer de façon, à lui faire croire que l’on voulaitse diriger vers le territoire français propre-ment dit, soit sur Grenoble, soit sur Lyon.

C’estde Chambéry que l’on pouvait, par unedémonstration adroite, donner au général Tur-reau de l’inquiétude pour celle intéressanteville de Lyon.

S’il ne se laissait point éblouir par ces fauxmouvements, et qu’on ne pût l’empêcher dese jeter dans Genève et de défendre cetteplace, la conquèle de la Savoie n’en était pasmoins assurée, conquête qui mettait les Impé-riaux à portée d’agir selon l’occurrence, enSuisse ou en France.

Je suppose, au reste, comme je l’ai déjà in-diqué, que le gouvernement autrichien auraitassez vivement senti l’importance d’un con-cours unanime d’opérations, pour rassembler,en toute hâte, un gros corps d’armée sousMantoue. Ce corps, selon le besoin! venait dis-puter aux Français la conquête du Milanais, ouoccupait l’entrée de la péninsule pour les yenfermer.

11 est temps de terminer cette digression :j’aime à croire, néanmoins, qu’elle ne paraîtrapoint déplacée auxmililairesqui ne se conten-tent point de savoir ce qui aété fait, mais quiveulent encore examiner et découvrir ce quel’on aurait pu faire. Telle a été mon intentionpersonnelle, lorsque j’ai pris la plume.

J’ai laissé l’armée de Bonaparte à Milan,Pavie et autres positions en Lombardie, pen-dant que des divisions françaises occupaientle val d’Aoste et celui de Suze.

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