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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DE LÀ CAMPAGNE DE 1800.

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qui mirent bas les armes. Parmi eux se trou-vaient le général Zach, chef de l’état-major, legénéral Saint-Julien , et une foule d’officierssupérieurs.

Unelroisièmeligned’infanlerie autrichienne,soutenue de cavalerie et d'artillerie, couvraitla retraite. Le général Lannes se porta sur elleavec la division Boudet el la garde consulaire.Le général Marmont, avec une batterie, ap-puya l’attaque. Les Autrichiens furent pous-sés en désordre sur les ponts de la Bormida :l’obscurité protégea leur fuite.

Voilà les principales circonstances, les faitsles plus remarquables de cette journée à jamaisfameuse. Le sort de la France, celui de l’Europe,j’oserais dire les destins de l’humanité, y étaientattachés.

J’ai extrait des divers rapports français etautrichiens la relation que l’on vient de lire.J’ai suivi, pour parvenir à la vérité, la marchejudicieuse tracée par le général Lloyd. Lesdeux partis se sont reproché des fautes mu-tuelles. Les Autrichiens, irrités ou confus deleur défaite, n’ont rien négligé pour en reje-ter l’unique cause sur un hasard aveugle, quia déjoué toutes leurs conceptions les plus sa-ges, pour faire triompher un ennemi dont lamarche n’avait point été calculée sur les prin-cipes ordinaires. Dans ses conseils, comme dansses camps, l’Autriche avait décidé que Bona-parte ne passerait point les Alpes ; quand illes eut franchies, elle décida qu’il trouveraitson tombeau dans l’Italie; lorsqu’elle eut suc-combé sous son génie et ses armes, elle décidaencore qu’il n’aurait point dù vaincre.

Les Français, autorisés, du moins par lesuccès, à prononcer, ont attribué la défaite deleur ennemi à son extrême imprévoyance, àla lenteur de ses mouvements, à l’incertitudede ses résolutions. Ils ont, au reste, rendu unejustice éclatante à sa valeur, et par cet aveu,honorable pour les uns et les autres, les Fran-çais font voir quels sont leurs titres à la gloire,puisqu’ils ont triomphé des Autrichiens, distin-gués par une opiniâtre résistance del6heures.

C’est dans le rapport même du général Mê-las, que nous pourrons apercevoir les fautesprincipales qui ont amené la fatale catastrophedont nous le voyons frappé en cet instant.

« Le 13 juin, dit ce rapport officiel, toute» l’armée impériale passa le Tanaro ».

Ce passage était on ne saurait plus mal vu :il est toujours dangereux d’avoir à dos une ri-vière considérable, quand on livre une batailleen avant de cette rivière. Les Autrichiens pou-vaient remonter le Tanaro jusqu’aux environsd’Asti, pour déterminer les Français à s’éloi-gner du Pô. Cette manœuvre réussissant, ilsrevenaient sur leurs pas, el passaient le Pô,car il s’agissait avant tout de s’établir sur larive septentrionale de ce fleuve; il était pos-sible alors qu’ils pénétrassent jusqu’à Pavie età Milan, et qu’ils y recouvrassent leurs maga-sins. Les Français, à la vérité, avaient un corpssur cette même rive, et auraient disputé lepassage ; mais les Autrichiens avaient unegrande supériorité de nombre, et, en donnantde l’inquiétude sur un point, passaient sur unautre.

Ce fut par un semblable passage du Pô, quele maréchal de Maillebois se tira d’une positioncritique, en 1746.

« L’armée impériale, continue le rapport,» vint camper en avant d’Alexandrie, entre la» Bormida et le Tanaro. »

C’est-à-dire, que l’armée impériale vintse faire étroitement investir. Ce camp, sousAlexandrie, offre quelque ressemblance avec laposition de Contades à la bataille de Minden,en 1759. Un camp, en avant d’une forteresse,ne vaut jamais un camp derrière cette place.

Après cette faute capitale, il ne me resteplus à faire qu’une observation, que je croiségalement d’une haute importance.

Que l’on jette les yeux sur la carte, on s’é-tonnera que les Autrichiens n’aient point déta-ché un corps au delà de la Bormida, entre cetterivière et la Scrivia, sur le flanc gauche desFrançais. Pendant ce temps, il eût fallu atta-quer vivement de front ; l’ennemi se trouvaittourné, et rejeté sur le Pô.

Mais les généraux de l’Empereur n’avaientfait, pour ainsi dire, aucune des dispositionsqui devaient leur assurer la victoire, ou rendre,du moins, leur défai te moins désastreuse : aprèsun an de succès brillants, ils se virent réduits,en un jour, à recevoir la loi qu’il plut au vain-queur de leur imposer.

Le lendemain de la terrible et décisive jour-née de Marengo, Mêlas fit demander aux avant-postes français la permission d’envoyer legénéral Skal auprès du premier consul. La