HISTOIRE
Français se forment et se déploient sous unegrêle de mitraille.
Cependant la colonne de droite des Autri-chiens longeait la Bormida; celle de gauche seportait sur Caslel-Ceriolo. Deux cents hommesd’une brigade de cavalerie française furent com-mandés pour observer la première; le restesoutint l’aile gauche. L’avant-garde, sous legénéral Gardanne, fut obligée à un mouvementrétrograde. Cet officier l’exécuta, en refusantsa droite, pendant qu’il appuyait sa gauche àla Bormida.
Il parait qu’il vint se porter en potence enavant de Marengo, menaçant le flanc de la co-lonne autrichienne, qui se portait à l’attaquede ce poste. Cette colonne fut arrêtée quel-ques instants par la mousqueterie du généralLannes; mais elle reçut du renfort, et continuaà s’avancer.
Le général Kellermann soutenait l’aile gau-che avec sa brigade de cavalerie. 11 se lit quel-ques charges, mais elles ne furent que partiel-les. Le centre des Autrichiens avait pénétréjusque dans Marengo.
Le général Lannes, posté à la droite de cevillage, se vit promptement attaqué. Son in-fanterie repoussa la cavalerie autrichienne.
Marengo étant pris, le général Victor crutdevoir donner l’ordre de se replier sur la réserve.
Le général Lannes se trouva, dans ce mo-ment , entouré et pressé par une force infini-ment supérieure. Une brigade de dragons,commandée par le général Champeaux, tombavivement sur les Autrichiens, et le dégagea.
Bonaparte se porta lui-même à la divisiondu général Lannes, pour ralentir la retraite,et rétablir le combat , jusqu’à ce quelaréservedu général Desaix fût arrivée. Les Français,se retirant en échiquier, défendaient le terrainpied à pied.
Une nombreuse cavalerie autrichienne, traî-nant avec elle plusieurs batteries d’artillerielégère, voulut, en se déployant dans la plainede Saint-Julien , tourner l’aile droiledes Fran-çais. Les grenadiers de la garde consulaire s’a-vancèrent pour soutenir celte aile; ils essuyè-rent et repoussèrent trois charges consécutivesde la cavalerie ennemie. La division Mounierarriva presque aussitôt à l’aile droite. Deuxdemi-brigades furent dirigées vers Ceriolo.
Dans ce village, était postée de l’infanterie
autrichienne, destinée à couvrir le flanc gau-che de la cavalerie. Les deux demi-brigades,obligées de défiler devant celle cavalerie, enfurent attaquées, mais elles gardèrent leursrangs, marchèrent à Caslel-Ceriolo, et l’em-portèrent de vive force.
Pendant ce temps, le centre del’armée fran-çaise à Marengo, et l’aile gauche, commen-çaient à plier. La cavalerie autrichienne del’aile gauche se porta au galop sur la droite,ce qui augmenta le désordre dans la retraitede la ligne française.
Alors toute la ligne des Autrichiens s’avança,précédée d’un feu effroyable d’artillerie degros calibre. Les Français se virent contraintsd’évacuer le village de Ceriolo. Ils s’eu retirè-rent, néanmoins, avec ordre, soutinrent in-trépidement des charges de cavalerie, et gar-dèrent, autant que possible, leur ensembleavec le reste de la ligne. Les chemins étaientcouverts de blessés et d’égarés. La bataillesemblait perdue pour la France.
La réserve, sous le général Desaix, étaitformée sur deux lignes, dans la plaine et prèsle village de Saint-Julien. Son aile droite étaitappuyée d’une batterie de 12 canons, et sagauche par la cavalerie du général Kellermann.Sur le front, étaient réparties 8 pièces d’artil-lerie légère, et, sur les ailes, 2 bataillons encolonne serrée, d’après les principes de Fo-lard. Le premier consul parcourait les rangs,et rétablissait l’ordre. On laissa approcher lesAutrichiens à la portée du fusil; onlesaccueil-lit avec un feu terrible, auquel ils répondirentnon moins vivement. Il était environ 4 heuresaprès midi.
Le général Desaix, à la tète de la 9 e demi-brigade légère, avança sur l’ennemi, la baïon-nette basse. La-division Boude t fit le mêmemouvement à l’aile droite : toute la ligne seporta sur les Autrichiens, au pas de charge.Ce fut dans ce moment que le général Desaixfut atteint d’une balle, et tomba mort.
Bientôt l’infanterie autrichienne commençaà plier, et l’artillerie à tirer en retraite ; mais,dès que la seconde ligne eut reçu la première,toutes deux semblèrent vouloir tenir ferme,et même reprendre l’ofl’ensif : mais, à l’instant,le général Kellermann fit une charge rapideavec 800 chevaux, enfonça tout ce qui se pré-senta devant lui, et enveloppa 6,000 hommes,