DE LA CAMPAGNE DE 1800.
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Hohenlinden. Les Impériaux s’avancèrent jus-qu’à Haag, où avait été le quartier généralfrançais; les dernières troupes françaises l’é-vacuèrent à 5 heures du matin, pour se ras-sembler dans les environs de Ilohenlinden, oùtoute l’armée passa, sous les armes, la nuitdu 2 au 3.
Nous voici parvenus à une journée, que nedoivent jamais perdre de vue les partisans desattaques de front, et de l’enfoncement du cen-tre. J’y trouverai, au contraire, une nouvellepreuve en faveur de mon système des attaquesde flanc.
Le 3 décembre, les généraux autrichiens,enflammés d’une ardeur de poursuite, se remi-rent en marche pour déloger les Français de laforêt de Hohenlinden, où ils avaient pris poste.11 est peu d’entreprises plus périlleuses, àla guerre, que celle de forcer un enneminombreux protégé par une forêt: le coup d’œilne sert, pour ainsi dire , à rien, en pareillecirconstance; il faut marcher en aveugles.
Nous ne nous arrêterons pas, dans le récitde celte célèbre bataille de Ilohenlinden, auxdétails qui se trouvent communs à peu près àtoutes les actions générales : nous borneronsnotre attention aux traits caractéristiques, quipeuvent servir d’instruction et d’exemples.
Le plus marquant est extrait du rapport mêmede l’envoyé anglais, qui résidait auprès de l’ar-chiduc Jean, commandant en chef l’armée del’Empereur, son frère. 11 est dit, dans ce rap-port, que la défaite des Impériaux doit êtreattribuée à ce que les colonnes de flanc restè-rent en arrière, pendant que le centre, quiavait commencé l’attaque, était enveloppé parles Français.
Cette circonstance est confirmée par la re-lation que publièrent les Français eux-mêmes.
Toute personne, versée dans l’histoire mili-taire des anciens, sera frappée des traits deressemblance qu’offre cette bataille avec cellede Cannes (d).
De même que les Romains à Cannes, les Au-trichiens attaquèrent le centre de la ligne en-nemie; et, de même que les Carthaginois, les
(î) Deux auteurs modernes se sont livrés à de sa-vantes recherches sur la bataille de Cannes. Le premierest Folard : Commentaires sur Polybc, tom. iv,liv. m,chap. 24. Le second est le colonel Guischard. (Mé-moires militaires, tom. i", chap. 8), cité souvent par
Français les enveloppèrent de leurs ailes, etles taillèrent en pièces. L’habile manœuvre dugénéral Moreau fut favorisée par la nature duterrain boisé. Il parait avéré que les générauxautrichiens avaient fixé pour point de réunionde leurs colonnes, Hohenlinden même, qu’oc-cupait le quartier général français. Par suite decette funeste disposition, ces colonnes étaientécrasées à mesure qu’elles se présentaient : lesBavarois, qui arrivèrent les premiers, furentaussi les premières victimes.
Je trouve encore une autre bataille fameusedans l’antiquité, que l’on peut comparer àcelle-ci, autant, du moins, que les combatsdes anciens peuvent être assimilés à ceux desmodernes. Je veux dire la bataille de Trasy-mène, où Annibal défit si complètement leconsul Flaminius, qu’il eut l’art d’attirer dansles gorges étroites formées par le lac et lesmontagnes.
Il me semble que si les Autrichiens, renon-çant à ce fatal système des attaques de front,eussent détaché leur aile droite dans la partiede Munich , le général Moreau, pour ne points’exposer à être cerné dans la forêt de Haag etles défilés de Ilohenlinden, se serait probable-ment déterminé à un mouvement rétrograde.Le comte de Klénau,qui avait passé le Danube,était à portée d’appuyer ce mouvement, en semontrant sur les derrières de l’armée française,dont le front aurait été innuiélé, pendant cetemps, par les escarmouches continuelles quelui aurait livrées le centre.
Après la sanglante bataille de Hohenlinden,les Impériaux se retirèrent derrière l’Inn, dontles bords étaient retranchés. Quoique ayantperdu la rive gauche de cette rivière, il étaitencore temps pour eux de gagner le Tyrol; delà, il était en leur pouvoir de menacer l’annéefrançaise à dos, et, ce qui eût été bien plusefficace, de faire une prompte diversion dansla Suisse. V
Mais bientôt, les Français eux-mêmes pas-sèrent l’Inn; et ici se présente une nouvellepreuve de ce que j’ai avancé plusieurs fois :savoir, que les retranchements ne servent à
Frédéric le Grand, sous le nom de Quintus-Icilius.Sa dissertation, à ce sujet, est d’autant plus inté-ressante à lire, qu’il n’est point parfaitement d’accordavec Folard.
(Note du Traducteur.)